Allyson Felix crée une subvention pour aider financièrement les athlètes-mères

Créée par la sextuple championne olympique Allyson Felix et son sponsor, son montant global s'élève à 200 000 $. 

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La sextuple championne olympique Allyson Felix a donné naissance à sa fille Camryn en novembre 2018. (STEPH CHAMBERS / Getty Images via AFP)

Être mère et athlète de haut niveau, un combat du quotidien pour de nombreuses femmes. Au-delà des problèmes d'organisation et de fatigue (mentale et physique), cette double activité pose également des problèmes financiers. Nourrices, frais supplémentaires pour être accompagnées par leur bambin, équipements... Les dépenses sont nombreuses et peuvent vite constituer un frein pour certaines sportives professionnelles.

Une situation difficile contre laquelle Allyson Felix veut lutter. La sextuple championne olympique, qui a donné naissance à sa fille Camryn en novembre 2018, a lancé un programme pour venir en aide aux mères-athlètes.

"Ne pas avoir à choisir"

En partenariat avec son sponsor, la marque de sport Athleta, et l'association Women's Sports Foundation (fondée par la légende du tennis Billie Jean King en 1974), cette nouvelle subvention de 200 000 $, destinée à payer les frais de garde d'enfants de sportives professionnelles qui naviguent entre leur famille et la participation à des compétitions sportives. Le but : leur faciliter la vie. 

"Les athlètes ne devraient pas avoir à choisir entre la compétition et la maternité", a déclaré Allyson Felix. Si une partie de son contrat comprend des dispositions permettant à sa fille de se joindre à elle à chaque compétition, l'Américaine sait qu'elle est privilégiée. "Tout le monde n'a pas accès à ce type d'aide de la part d'un partenaire ou d'un sponsor. En tant que mère et athlète, je sais à quels obstacles les femmes sont confrontées et cette subvention est là pour les aider." 

Une enveloppe de 8 500 € par famille

L'aide lancée par Allyson Felix permet à une athlète de toucher 10 000 $, soit environ 8 500 €, sur une année civile. La subvention peut être utilisée pour payer des dépenses liées à la garde d'enfants telles que le paiement d'une nourrice, les frais de déplacement, les coûts supplémentaires pour amener les enfants aux compétitions, leurs repas ou leurs frais médicaux.

Neuf athlètes américaines ont déjà été sélectionnées pour recevoir cette bourse, dont six qualifiées pour Tokyo. Parmi elles, la coureuse de fond Aliphine Tuliamuk, qui avait publiquement évoqué la question de la maternité en tant que sportive. Jeune mère, l'athlète avait lancé une pétition en mai pour avoir le droit d'amener son bébé qu'elle allaite encore aux Jeux. 

Aborder plus sereinement les compétitions

Pour Lora Webster, qui a déjà participé à quatre jeux Paralympiques avec l'équipe américaine de volley assis et bénéficiaire de la bourse, cette subvention était plus que bienvenue. "L'équilibre entre l'entraînement et le fait d'être mère n'est pas toujours évident. Il est arrivé plusieurs fois que mes entraînements tombent à l'eau parce que je ne pouvais pas me permettre de payer une baby-sitter en plus des coûts." 

Cette mère au foyer de bientôt 35 ans, qui élève trois enfants a expliqué à Glamour qu'une partie de son esprit était constamment préoccupée quand elle s'absentait. "L'un de mes plus grands facteurs de stress est de m'assurer que mes enfants bénéficient de services de garde réguliers."

Le 8 juillet, Athleta et WSF ont lancé une nouvelle campagne de candidatures, pour porter à vingt le nombre de bénéficiaires de cette bourse. Seules les sportives américaines ou ayant le statut de résidentes aux Etats-Unis, étant enceinte ou ayant minimum un enfant de moins de 18 ans, peuvent en bénéficier. 

Allyson Felix, star engagée

Ces deux dernières années, Allyon Felix a multiplié les prises de paroles autour de la question de la maternité chez les athlètes. Prises de paroles, mais aussi prises de position : en 2019, l'Américaine a refusé de signer un nouveau contrat avec Nike, son sponsor de longue date, après avoir appris que l'équipementier avait baissé ses revenus pendant sa grossesse.

Plusieurs autres sportives professionnelles avaient pointé du doigt des changements similaires dans leur contrat avec le géant américain. La polémique avait enflé, à tel point que la marque à la virgule avait renoncé aux objectifs de performance sur un an pour toutes ses athlètes enceintes.

À peine 10 mois après son accouchement par césarienne, Felix répondait de la meilleure des manières à son ancien équipementier, en remportant l'or sur le relais 4x400 mètres avec ses coéquipières aux Mondiaux d'athlétisme de Doha en 2019 (et devenant par la même occasion la sportive la plus titrée de l'histoire des championnats du monde de sa discipline). 

À Tokyo, Felix aura l'occasion d'entrer un peu plus dans la légende de son sport. Médaillée olympique à neuf reprises (dont six fois en or), l'Américaine n'est plus qu'à une breloque de son mythique compatriote, Carl Lewis (dix médailles dont neuf sacres), deuxième athlète le plus titré de tous les temps après le Finlandais Paavo Nurmi.

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