Emmanuel Macron confie à l'historien Benjamin Stora une mission sur la colonisation et la guerre d'Algérie

Benjamin Stora est l'un des spécialistes les plus réputés de l'histoire de l'Algérie, en particulier de la guerre (1954-1962) qui a débouché sur l'indépendance du pays.

L\'historien Benjamin Stora, le 21 février 2020 à Bordeaux (Gironde).
L'historien Benjamin Stora, le 21 février 2020 à Bordeaux (Gironde). (CONSTANT FORME-BECHERAT / HANS LUCAS / AFP)

L'objectif : favoriser "la réconciliation entre les peuples français et algérien". Emmanuel Macron a reçu vendredi 24 juillet l'historien Benjamin Stora et lui a confié une mission sur "la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie", a annoncé l'Elysée.

Cette mission, dont les conclusions sont attendues à la fin de l'année, "permettra de dresser un état des lieux juste et précis du chemin accompli en France sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, ainsi que du regard porté sur ces enjeux de part et d'autre de la Méditerranée", a expliqué la présidence.

Dans une démarche parallèle, le président de l'Algérie, Abdelmadjid Tebboune, avait annoncé dimanche avoir nommé le docteur Abdelmadjid Chikhi, directeur général du centre national des archives algériennes, pour mener un travail de "vérité" sur les questions mémorielles entre les deux pays.

Né en 1950 à Constantine, en Algérie, Benjamin Stora est l'un des spécialistes les plus réputés de l'histoire de l'Algérie, en particulier de la guerre (1954-1962) qui a débouché sur l'indépendance du pays.

Regarder cette histoire avec "lucidité"

Dans la lettre de mission de Benjamin Stora, Emmanuel Macron indique qu'"il importe que l'histoire de la guerre d'Algérie soit connue et regardée avec lucidité. Il en va de l'apaisement et de la sérénité de ceux qu'elle a meurtries". Pour lui, il en va aussi "de la possibilité pour notre jeunesse de sortir des conflits mémoriels".

"Je souhaite m'inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et algérien", écrit le président. Car "le sujet de la colonisation et de la guerre d'Algérie a trop longtemps entravé la construction entre nos deux pays d'un destin commun en Méditerranée".

Signe fort d'un dégel dans les relations entre l'Algérie et l'ancienne puissance coloniale, Paris a remis début juillet les restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française au XIXe siècle. Un geste considéré comme "un grand pas" par Alger.