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"Nous vivons sur cette Terre par courtoisie des germes et des virus", selon Glenn Albrecht

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franceinfo
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Le philosophe australien Glenn Albrecht, auteur du livre "Les Émotions de la Terre", est l'invité du 23h de franceinfo, lundi 2 mars.

Dans son ouvrage Les Émotions de la Terre, Glenn Albrecht montre comment les humains sont affectés par les dégâts que nous causons, les changements de notre environnement dus à l'exploitation des ressources de la planète. "Dans la vallée Hunter, en Australie, la partie haute est une des régions les plus importantes pour l'extraction du charbon à ciel ouvert. Des centaines de km² ont été excavés, détruisant des paysages en laissant derrière des vides énormes remplis d'eau toxique", décrit le philosophe.

"Le concept de solastalgie a été créé quand je me suis rendu compte que mes réactions émotionnelles personnelles et celles de ceux qui habitent la vallée étaient de la détresse", explique le penseur australien. Dans son livre, Glenn Albrecht définit aussi la terraphtora comme les colères de la Terre et la terranascia comme les émotions positives que la planète peut générer. "Ce que je tente de faire, c'est de dire que nous vivons dans un monde qui a tellement changé de façon dramatique que les vieux mots dans nos langues sont dépassés", précise-t-il.

"Le coronavirus nous humilie"

"C'est nous qui devons nous adapter à la structure et au processus du reste du vivant. Et pourtant nous avons tenté de nous détacher de cela. Nous nous dirigeons vers notre propre destruction en tant qu'espèce. Nous avons dérangé les conditions de notre propre existence. Il faut lutter contre ces scénarios catastrophe, il faut que les jeunes puissent voir que ça vaut la peine d'entrer dans ce monde", développe Glenn Albrecht.

"Le Covid-19 est en train de transformer le paysage physique des humains. Le virus, comme le changement climatique, est invisible, difficile à saisir. Pourtant, ça se produit, c'est puissant. Nous imaginons que nous avons du pouvoir et ce coronavirus nous humilie. Il faut laisser tomber cette arrogance. Nous vivons sur cette Terre par courtoisie des germes et des virus", conclut le philosophe.

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