Tour de France 2021 : cabossé par les chutes, le peloton met brièvement pied à terre et veut un débat sur la sécurité

Le peloton du Tour de France a fait une courte pause au départ de la 4e étape, mardi, et attend une réaction de l'Union cycliste international.

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Le peloton à l'arrêt pour marquer son mécontenement au lendemain des nombreuses chutes, le 29 juin lors de la 4e étape du Tour de France. (MAXPPP)

Halte à la casse ! C'est en substance le message que les coureurs ont choisi de faire passer avant le départ à Redon. Marqués dans leur chair par les chutes de ces trois premiers jours, les coureurs du Tour de France ont longtemps hésité à lancer un mouvement de grève au début de la 4e étape entre Redon et Fougères, mardi 29 juin. Ils ont simplement mis pied à terre une grosse minute après le départ réel. Le peloton a finalement choisi la voie du dialogue avec l'UCI, la fédération internationale, à qui il demande de revoir la règle des trois derniers kilomètres, qui fige les temps en cas de chute, pour qu'elle soit modulable selon les circonstances.

Depuis trois jours, les chutes, massives ou individuelles, partagent l'actualité avec les démonstrations de force de Julian Alaphilippe et Mathieu van der Poel. Sept coureurs ont abandonné depuis le grand départ à Brest et presque tout le peloton a goûté la galette bretonne au goudron. Celle-là est plutôt indigeste et a provoqué une réaction épidermique des cyclistes. Dès lundi, le CPA, le syndicat des coureurs professionnels, avait alerté sur le final dangereux de Pontivy, hôte de l'arrivée de la 3e étape. "Sur le papier, on savait que ça allait être compliqué de tourner sans chute dans ce virage en descente situé à 4 km de l'arrivée", regrettait l'un de ses représentants, le Belge Philippe Gilbert.

Philippe Gilbert : "Le parcours n'était pas adapté"

Une minute à l'arrêt

Ça n'a pas loupé avec une chute au niveau de la 30e position dans le peloton lancé à vie allure. Jack Haig (Bahrain Victorious) y a laissé sa clavicule et Arnaud Démare (Groupama-FDJ) ses espoirs de victoire au sprint. Plus tôt dans la journée, Geraint Thomas et Primoz Roglic s'étaient eux aussi retrouvés à terre avec des dégâts que l'on mesurera dès mercredi lors du contre-la-montre. Le CPA avait proposé que la règle des 3 km, qui fige les temps en cas de chute, soit portée à 5 km. Une demande que le jury des commissaires a refusé alors qu'ASO, l'organisateur du Tour, avait donné son feu vert. Cette décision a mis le feu aux poudres, si bien qu'une menace de grève était bien réelle au départ de la quatrième et dernière étape de cette Grande Boucle en terre bretonne.

Tractations, discussions, raison, le peloton n'a pas mis sa menace de grève à exécution. Tout juste les coureurs ont-ils marqué leur mécontentement en posant le pied à terre une minute au kilomètre 0. Toute la matinée, il avait été question de rouler à faible allure pendant les 50 premiers kilomètres avant de stopper la course puis de lancer les hostilités pour les 100 derniers kilomètres. La présence du public n'est sûrement pas étrangère à cette décision. À huis clos, la donne aurait pu être différente. "Les coureurs entendent montrer leur compréhension envers toutes les parties et s'ouvrir à un dialogue constructif plutôt que de susciter des actions qui pourraient créer des difficultés pour le cyclisme et les fans", indique le communiqué du CPA.

Protéger les coureurs et adapter les règles

"La grève n'est pas dans l'ADN de notre sport", explique Pascal Chanteur, le vice-président du CPA. "Les coureurs sont des durs au mal. En retour, ils demandent qu'on respecte leur intégrité." Dans la balance, les coureurs ont remis en avant leur demande de moduler la règle des 3 km. "Les coureurs du Tour de France demandent, en contrepartie du respect qu'ils expriment, la même chose pour leur intégrité physique, c'est pour cela qu'ils demandent à l'UCI de mettre en place des discussions avec l'ensemble des parties prenantes pour adapter la règle des trois kilomètres lors des courses par étapes", écrivent-ils.

Pascal Chanteur : "Les coureurs demandent à ce que l'on respecte leur intégrité"

Si ça ne résoudra pas tous les problèmes, cet ajustement pourrait freiner les équipes de favoris qui viennent aux avant-postes se mêler aux trains des équipes de sprinteurs. Sauf qu'il n'y a pas de place pour tout le monde. "Si on avait mis ce curseur à 5 km, ça aurait pu passer sans incident", assure Philippe Gilbert qui "pense aux coureurs qui ont quitté le Tour sur chute". Bien entendu, comme l'a souligné Marc Madiot après l'arrivée lundi, d'autres facteurs sont en cause, notamment les oreillettes. "Sur le Tour, chaque résultat est important, même une 10e place, et il y a une forte pression de l'équipe, des sponsors", abonde Philippe Gilbert. Le calme enfin revenu, il sera temps de remettre à plat ces discussions pour le bien des coureurs.

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