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Marion Rousse, directrice du Tour de France femmes : "Être à la tête de cet événement, c'est exceptionnel !"

Le Tour de France Femmes s'élance ce dimanche midi de la tour Eiffel à Paris, avec 144 coureuses au départ. Trente ans après une première tentative, la plus grande course cycliste au monde se décline enfin au féminin. Un événement porté par Marion Rousse, ancienne championne devenue patronne de la course.

Article rédigé par franceinfo - Fanny Lechevestrier - Phéline Leloir-Duault
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Marion Rousse, directrice du Tour de France femmes, le 20 mai 2022. (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

Cela fait un an et demi que Marion Rousse attend ce moment. Depuis que Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, l'a appelée pour lui proposer de prendre les rênes du Tour de France femmes. A 30 ans, elle est enfin prête à relever le défi. "On a du mal à réaliser. Ça y est, il est là, le Tour de France Femmes ! Je n'y serai pas en tant que cycliste, mais je serai à la tête de cet événement et c'est beaucoup d'excitation."

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Excitation mais aussi de la pression face à l'enjeu ? "Je ne dirais pas que c'est de la pression parce que je suis persuadé que l'événement devrait marcher", promet-elle. C'est l'expérience qui parle : celle de commentatrice du Tour masculin depuis 2017, mais aussi celle de double championne il y a tout juste dix ans. Le cyclisme, elle est née dedans, comme elle dit.

"J'ai commencé la compète à 6 ans. Le vélo a façonné ma vie, ma vision des choses, a fait ce que je suis devenue. Je dois beaucoup au vélo."

Marion Rousse

à franceinfo

"Si, par mon rôle, je peux faire quelque chose pour cette discipline, je le fais à 100 % et c'est ce que je suis en train de faire", ajoute-t-elle.

"Vous allez vous régaler !"

Ce départ, elle l'a attendue impatiemment en comptant "les jours, les heures". " Avec le parcours qu'on vous a concocté, rassurez-vous, vous allez vous régaler !", assure-t-elle en mettant en avant un tracé qui "n'a rien à envier au parcours des hommes". Elle énumère ainsi : "On peut voir couronner aujourd’hui une sprinteuse sur les Champs Élysées, il y aura des étapes pour puncheuses, une étape typée un peu classique aux Chemins Blancs et une arrivée à Bar-sur-Aube, et puis le weekend final avec de la haute montagne et l’arrivée au sommet de cette montée brutale de la Super Planche des Belles Filles".

"On a envie de montrer, à travers ces huit jours de course, que des filles sur un vélo, ça envoie !"

Marion Rousse

à franceinfo

La consultante vélo de France Télévisions loue également les changements apportés ces dernières années par la fédération internationale au "cyclisme féminin", et à la professionnalisation des coureuses : "On s'éclate autant à commenter les filles que les hommes parce qu'il y a du spectacle et que, sportivement parlant, c'est cohérent." Et ce Tour n'a pas encore commencé qu'il suscite déjà beaucoup d'engouement : "Je reçois déjà des CV de maires qui me disent ‘je me porte candidat pour que le Tour de France femmes passe dans ma commune dans les prochaines années !", se réjouit-elle.

Son objectif est de susciter des vocations

Marion Rousse est fière de voir enfin son sport évoluer, elle qui avait dû mettre un terme à sa carrière à l'âge de 24 ans seulement, faute de salaire décent. "J'ai arrêté car je n'étais pas payée, explique-t-elle, et il fallait bien payer les factures à la fin du mois. C'est ça qui m'a fait tourner la page du cyclisme très tôt." Mais elle ne regrette pas : "C'est mon parcours de vie, et je pense que d'être à la tête de cet événement, c'est exceptionnel." L'un de ses objectifs aujourd'hui est de "créer des vocations" et permettre à des petites filles de rêver de devenir coureuse professionnelle.

"Nous, on a vraiment envie de donner des vocations aux petites filles que j'étais, qui regardaient le Tour de France à la télé ou au bord de la route, et qui finalement ne pouvaient s'identifier qu'à des hommes !"

Marion Rousse

à franceinfo

"Combien de fois j'ai pris mon vélo après les étapes ? J'avais l'impression d'être Tom Boonen, et j'étais super fière. Là c'est une grande nouveauté pour nous : toutes ces petites filles vont pouvoir s'identifier à toutes les championnes du Tour de France." A l'heure actuelle, au départ de ce Tour, les femmes ne représentent que 10% des licenciés à la Fédération française de cyclisme.

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