Transat en Double - Yann Eliès : "Lorsqu'on part en double, il ne faut surtout pas partir avec un bon copain"

Le départ de la 15e Transat en double Concarneau-Saint Barthélémy sera donné mercredi à 17 heures. Entretien avec Yann Eliès, l'une des figures de la course au large.

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France Télévisions
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Le skipper Yann Eliès (Jean-Philippe Guivarc'h)

Franceinfo sports : Yann, vous êtes l’un des plus expérimentés sur le circuit Figaro, avec vos 4 victoires dans la Solitaire, pourtant entre la Transat Concarneau Saint-Barthélemy et vous ce n’est pas une grande histoire d’amour, comment l’expliquez-vous ?
Yann Eliès : La toute première c’était en 2000, un mauvais souvenir pour moi avec des vents de 50 nœuds au Cap Finisterre, j’ai été un peu traumatisé. Et puis à l’arrivée on n’avait plus d’eau, plus de nourriture, ça été un véritable chemin de croix et je n’ai pas du tout pris de plaisir. Sur la deuxième dix ans plus tard, après un résultat vraiment moche (15e), je me dis que je n’étais peut être pas fait pour le double. Bien qu’après j’ai gagné deux fois la Transat Jacques Vabre en double mais c’était sur de plus gros bateaux. En fait, je pense que j’ai appris que lorsque qu’on part en double, il ne faut surtout pas partir avec un bon copain qui a les mêmes qualités et les mêmes défauts, j’en ai perdu souvent après ces premières courses. Il faut faire équipe avec quelqu’un qui a des compétences différentes. Les compétences réunies doivent alors former le marin idéal.

Avec Martin Le Pape vous êtes vraiment différents, ça devrait marcher alors ?
D’entrée de jeu les choses sont claires et on a mis cartes sur table avec Martin. Lui c’est un athlète, physique et beaucoup plus jeune que moi. C’est un besogneux, comme son petit frère Victor. Ils tiennent peut-être cela de leur père (Christian est directeur du Pole Finistère voile France). Tous les deux on a les bonnes compétences météo, mais j’ai peut-être un peu plus d’expertise que lui pour faire marcher le bateau.

Martin Le Pape fait partie de cette génération née avec un ordinateur, moi non. Mon job à la limite va être de mettre en doute la parole de l’ordinateur et de me fier à mon instinct de navigateur

Yann Eliès

Ça fait un an qu’on est ensemble, et on est devenus amis avec une vraie base de relation de travail. Si on ne fait pas un podium on sera déçus c’est clair."

Saint Barthélemy ça représente quoi pour vous, ce n’est pas qu’une destination de rêve ?
Ce sont les Antilles, comme quand on fait la Route du Rhum et bientôt la Jacques Vabre (elle arrivera en Martinique les trois prochaines éditions). Ca fait rêver oui et au vu du contexte actuel c’est bien de rêver, mais ça se mérite. Je vois le port de Gustavia, dès que tu as passé la ligne d’arrivée tu te retrouves avec un verre de rhum à la main, les quais étant à 200 mètres de la ligne. C’est un monde à part. Quand on arrive, nous les marins on a les yeux plein de sel, on touche la population et ils sont accueillants. Regardez Miguel Danet c’est sa quatrième participation et à chaque fois quand il quitte son île et vient en Bretagne, il a toujours le sourire, il est content, festif et heureux. Ils sont à son image.

Un dernier mot de marin libre ?
C’est vrai que nous marins on a cette chance de vraiment faire notre métier, même si j’espère que c’est bientôt terminé tout ça et on espère que nos familles et nos proches vont profiter des réouvertures de terrasses de café et restaurants dans un premier temps. Quand on reviendra de Saint-Barth tout sera ouvert en juin.
C’est important que cette Transat existe, que nos bateaux prennent la mer, pour nos partenaires, car on prend des risques financiers. Nous on veut et on aime naviguer, un marin sera toujours un esprit libre.

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