"On ne pouvait pas rêver mieux" : Charlie Dalin et Yann Eliès remportent la Transat Jacques Vabre

Le duo Dalin-Eliès a remporté dans la nuit de samedi à dimanche la course entre Le Havre et Salvador de Bahia au Brésil. 

Charlie Dalin (à droite) et Yann Eliès (à gauche) après leur victoire sur la Transat Jacques Vabre. 
Charlie Dalin (à droite) et Yann Eliès (à gauche) après leur victoire sur la Transat Jacques Vabre.  (FABRICE RIGOBERT / DIR SPORTS)

Un accueil au rythme des percussions pour célébrer un sans-faute. Charlie Dalin et Yann Eliès ont remporté dans la nuit de samedi à dimanche 10 novembre la 14e édition de la Transat Jacques Vabre entre Le Havre et Salvador de Bahia au Brésil dans la catégorie reine, celle des Imocas, des bateaux utilisés pour le Vendée Globe. Pour quelques heures, le duo n'a pas battu le record de la traversée établi il y a deux ans, mais ils ont réussi la course parfaite alors qu’ils n’étaient pas vraiment favoris.

13 jours, 12 heures et 8 minutes

Charlie Dalin et Yann Eliès ont été concentrés jusqu’au bout, jusqu’à ce dernier bord pour couper la ligne d’arrivée à 21h23 heures locales après 13 jours, 12 heures et 8 minutes de traversée depuis Le Havre. Une fois leur monocoque de 18 mètres amarré, les deux marins ont pris le temps de savourer, dans cette baie de Bahia, éclairée par les lumières de la ville, Pour Charlie Dalin, 35 ans, c'est son premier succès majeur. "On est heureux et émus. Je ne me rends peut-être pas encore compte de ce qu'on vient de faire mais c'est énormément de joie", confie en rigolant le marin, architecte naval de formation.

À ses côtés, Yann Eliès, 45 ans, est plus expérimenté. C'est sa troisième victoire sur la Transat Jacques Vabre. "C'est un grand plaisir de gagner cette transat avec Charlie parce que la dernière fois (en 2015) on avait fait troisième après une belle course, raconte-t-il à franceinfo. C'est ma troisième victoire sur la Jacques Vabre, elle a une saveur particulière et puis surtout c'est le boulot d'une équipe." Le duo travaille en collaboration depuis dix ans. 

Un coup de maître dans la dernière ligne droite 

Ce succès du duo Dalin-Eliès a été construit sur un coup de maître, en esquivant par l’Est la bulle sans vent du Pot-au-Noir, cette zone au-dessus de l'équateur tant redoutée des marins à cause de ses vents changeants et difficilement prévisibles. Ce Pot-au-Noir aura d'ailleurs été fatal aux archi-favoris Jérémie Beyou et Christopher Pratt, ils y ont perdu toute leur avance sur leurs poursuivants. "C'est vrai que le nuage s'approchait de nous et on voyait que la porte se refermait derrière, raconte Charlie Dalin. Ça a duré comme ça pendant 36 heures. On voyait le pot qui se redécalait vers le Sud, juste derrière nous. C'est assez incroyable". 

On ressort du Pot-au-Noir avec quasiment le double d'avance quelques jours après, c'est un scénario qui n'était pas envisageable.Yann Elièsà franceinfo

Yann Eliès raconte tout de même que la victoire n'a pas été si simple pour eux. "Ce n'est jamais facile, on a eu des aléas, on a bricolé", dit-il à franceinfo. 

Un bateau taillé pour le Vendée Globe 

Avec leur bateau semi-volant, mis à l’eau il y a seulement trois mois, Charlie Dalin et Yann Eliès n'attendaient pas vraiment une victoire sur la Jacques Vabre. "C'est un bateau tout neuf, l'objectif de base était d'arriver à traverser l'Atlantique avec. Remporter la course, on ne pouvait pas rêver mieux", explique Charlie Dalin.   

C'est un projet de quatre ans dont l'objectif majeur est le Vendée Globe, c'est important de passer du temps en mer pour le tester. On s'était dit de faire un podium à minima, et si l'opportunité était là, pourquoi pas chercher plus.  Charlie Dalinà franceinfo

Une victoire pleine de sens pour Charlie Dalin, Havrais comme le regretté Paul Vatine, double vainqueur de l’épreuve disparu en mer. "J'ai grandi avec la Transat Jacques Vabre. Ma passion pour la course au large vient quelque part de cette course, j'allais admirer les bateaux en sortant du collège et du lycée. J'ai rêvé devant ces machines de courses et aujourd'hui je la remporte, je n'osais même pas rêver à ça à l'époque", raconte-t-il. De son côté, Yann Eliès, qui a travaillé avec Paul Vatine, se dit fier de faire "le trait d'union entre Charlie et Paul". 

C’est désormais sur le Vendée Globe l'an prochain que Charlie Dalin tentera de briller avec son sponsor, Apivia, filiale de Macif qui accompagne François Gabart, vainqueur en 2012. 

Ecoutez Yann Eliès et Charlie Dalin, au micro franceinfo de Fabrice Rigobert
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