Paris Grand Slam : la nouvelle génération du judo français veut briller

Les médaillés olympiques au repos, c'est une nouvelle génération d'athlètes qui fera son entrée sur les tatamis de Paris-Bercy, avec des objectifs déjà élevés.

Article rédigé par
Louise Le Borgne - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min.
Mélodie Turpin (à gauche) fait ses début chez les seniors au Grand Slam de Paris ce samedi 16 octobre. (PHILIPPE MILLEREAU / DPPI MEDIA)

"J’avais prévu de prendre des places en tribune pour aller voir le tournoi de Paris. Mais ce ne sera pas pour cette fois. Je suis attendue sur le tatami.” Entre ses cours et l'entraînement, Chloé Devictor, tout juste 19 ans, jongle d’un train à l’autre. “ En ce moment le calendrier est super serré, j'essaye de profiter de chaque moment de libre”, ajoute-t-elle, la voix hachée par les arrêts qui défilent. La sociétaire de FLAM 91 avance au rythme d’un TGV. La semaine dernière, elle a été sacrée championne du monde junior. Il y a un mois, elle décrochait l’argent au championnat d’Europe junior. Une précocité qui l’a menée tout droit au Tournoi de Paris, son prochain arrêt, le samedi 16 octobre.

“C’est une compétition dont tout jeune judoka rêve. C’est à la maison, il y a une ambiance incroyable, c’est quelque chose de très fort. Vivre ça pour ma première compétition internationale en senior, c’est fou ! C'est un peu le baptême du feu”, s'enthousiasme la judokate qui participe ce week-end à la grand-messe du judo français, en - 52 kg

Ce n'est pas un baptême du feu mais une étape, un objectif intermédiaire, corrige Larbi Benboudaoud, l'entraîneur de l’équipe nationale féminine. Elle n’y va pas pour faire de la figuration. Il faut qu'elle continue sur cette dynamique de réussite, qu'elle engrange du capital confiance" Cette année, le sélectionneur a misé sur la "NextGen" pour relever le défi du Grand Slam de Paris.

Sans médaillés, la jeunesse prend date

Après une belle moisson à Tokyo, les médaillés olympiques sont au repos. C’est donc au tour des jeunes pouces d’aller mouiller le kimono. “C’est sûr que de voir Teddy Riner, Romane Dicko ou Clarisse Agbegnenou gagner dans la bonne humeur et avec une bonne ambiance d'équipe, ça nous donne envie de suivre leurs traces”, reconnaît Chloé Devictor.

A Paris, la concurrence sera rude avec des Russes, des Japonais, des Allemands et une bonne partie du gratin mondial. Pas de quoi impressionner la relève, déjà bien rodée aux rencontres internationales. Il faut dire que l'équipe de France junior est revenue avec sept médailles des mondiaux d'Olbia (Italie) la semaine dernière. La bonne dynamique du judo Français ne faiblit pas.

“Cette première en compétition internationale senior va nous mettre tout de suite dans le bain. Depuis les championnats d'Europe et les Monde, on a créé des liens solides. Donc oui, il y a un peu un effet de génération, d’autant plus que l’on fait quasiment tous notre premier Bercy ce week-end. Ça nous tire vers le haut”, acquiesce Mélodie Turpin, sacrée championne du monde avec l'équipe de France junior la semaine dernière. Elle aussi fait ses débuts d'internationale en senior.

Depuis le début de l'année, la jeune femme, originaire de l’Orne, jongle entre ses cours en école d'ingénieur à Bordeaux et les compétitions internationales. “ Le calendrier a été bousculé, ce n'est pas un rythme habituel, reconnaît Larbi Benboudaoud. Le covid a été très compliqué pour cette tranche d’âge, il y a eu très peu de compétitions pendant longtemps et désormais tout s'enchaine. Mais ce rythme leur apprend aussi à se professionnaliser. À être vigilantes sur l’alimentation, le sommeil, les temps de récupération.”

Objectif Paris 2024

Pour Larbi Benboudaoud, cette première compétition n'est pas qu'un tour d'essai en catégorie senior. L'état d’esprit est très simple : c’est de l’engagement à bloc. Au pire, elles engrangent de l’expérience. Mais au mieux, elles gagnent. Pas besoin d’attendre, elles ont fait preuve de beaucoup de précocité jusque là, il n’y a pas de raison de ne pas continuer sur cette lancée."

De leur côté, les jeunes femmes ont déjà hâte d'en découdre sur les tatamis. “C’est sûr que j’ai toujours dans un coin de la tête Paris 2024. Je vais continuer dans la dynamique du titre mondial junior. Mais c’est ma première compétition internationale senior et il y a que des gros morceaux dans la catégorie. Je n’ai rien à perdre, je vais tout donner”, assure Chloé Devictor. Pour Mélodie Turpin, "ce qui compte c'est de remporter le premier combat et après c'est parti. Je ne me met pas de pression supplémentaire même si la famille et les amis seront dans le public."

Les ambitions de l'entraineur de l'équipe de France sont claires : "Les aînés leur ont montré le chemin. Donc j'ai dit aux jeunes : allez-y. Allez chercher une place pour les JO de Paris 2024. Et ça commence dès Bercy.” De quoi promettre un bel engagement des judokas tricolores sur les tatamis parisiens.

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