JO 2021 : brillant par équipes, convaincant en individuel, le judo français a déjà les yeux rivés vers Paris 2024

Du sacre de Clarisse Agbégnénou au titre par équipes, en passant par les trois finales perdues et le bronze de Teddy Riner, le judo français a fait vibrer Tokyo. 

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L'équipe de France de judo, sacrée par équipes aux Jeux olympiques de Tokyo.  (DIMITRIS ISEVIDIS / ANADOLU AGENCY)

Le grand huit pour l'équipe de France de judo. Judokas et judokates tricolores sont passés par toutes les émotions pour ramener huit médailles à la délégation française aux Jeux olympiques de Tokyo. Deux médailles d'or, trois d'argent et trois de bronze. Un bilan qui fait du judo le premier pourvoyeur de médailles tricolores cette année. Une joie collective qui cache malgré tout quelques regrets individuels. 

Riner, colosse de bronze 

Tête d'affiche du judo français depuis une décennie, Teddy Riner visait un troisième titre olympique individuel à Tokyo, pour égaler sur ses terres la légende Tadahiro Nomura. Mais le géant tricolore, blessé avant la compétition, a vu son parcours stoppé dès les quarts par le Russe Tamerlan Bashaev. "Les Jeux olympiques, c'est une compétition à part, analyse Larbi Benboudaoud, le patron des équipes de FranceTout le monde vient avec le couteau entre les dents, on n'a pas le droit à l'erreur." Le Français a rapidement digéré pour aller chercher une médaille de bronze, puis un titre olympique par équipes.

"Sa remobilisation a été très importante, pour être le fer de lance de l'équipe avec Clarisse [Agbégnénou], souligne Larbi Benboudaoud. C'était hyper important pour l'équipe, pour tout le monde." À 32 ans, Teddy Riner repart de Tokyo avec deux médailles supplémentaires à son palmarès. "C'est un grand champion, il va être un petit peu déçu de sa médaille de bronze, mais avec le recul ça reste extraordinaire, poursuit Benboudaoud. Et il n'a peut-être pas dit son dernier mot." 

Parti pour aller chercher un troisième titre olympique, Teddy Riner repart avec le bronze de Tokyo. Pas de triplé doré mais le monstre français offre une 13e médaille au clan tricolore.

Les Bleues en fer de lance 

Dans le bilan de l'équipe de France, les judokates ont pesé de tout leur poids. Cinq des sept médailles individuelles ont été décrochées par des femmes. "Les féminines étaient déjà là sur toute l'olympiade [cycle de quatre ans précédant les Jeux], elles ont fait le travail, explique Larbi Benboudaoud. On est arrivés aux Jeux olympiques avec quatre n°1 mondiales. Les filles, ont juste confirmé leur statut. Elles l'ont assumé.

En patronne, la porte-drapeau Clarisse Agbégnénou a écrasé la compétition chez les moins de 63 kilos. Avant de dominer la championne des -70 kilos lors de la finale par équipes. En larmes après sa défaite en finale à Rio, en 2016, la quintuple championne du monde a effacé ce mauvais souvenir. Elle ramène de Tokyo le seul titre individuel de l'équipe de France, un regret pour Larbi Benboudaoud : "Il y a deux ou trois médailles qui auraient pu se transformer en or, c'est une petite frustration malgré une très belle campagne.Amandine Buchard (-52 kg) et Madeleine Malonga ont échoué en finale face aux Japonaises. Sarah-Léonie Cysique (médaillée d'argent en -57 kg à 23 ans) et Romane Dicko (médaillée de bronze en +78 kg à 21 ans) ont pris rendez-vous avec Paris 2024.

Du côté des hommes, le bilan est moins reluisant. Sur six qualifiés, seulement trois ont atteint les quarts de finale. Pour deux médailles de bronze. "Pour les garçons, ça a été dur toute l'édition" explique Larbi Benboudaoud. Si celle de Teddy Riner a pu décevoir après deux titres, celle de Luka Mkheidze est "extraordinaire" pour le patron des Bleus. "Un message a été passé à ceux qui sont restés à la maison, explique-t-il. C'est le plus jeune de l'équipe et les bookmakers n'auraient jamais misé dessus. Et il a fait le travail. Dans les mêmes conditions qu'eux, avec les mêmes structures. Donc s'ils travaillent, ils peuvent y arriver.

Retrouvez les meilleurs moments de la journée du 27 juillet, avec notamment la médaille d'or de Clarisse Agbégnénou.

Le titre par équipes en apothéose 

Conclusion inédite du tournoi olympique, la compétition par équipes a constitué le point d'orgue pour les Bleus. Le meilleur moyen d'effacer la déception des trois finales perdues. "On pouvait faire un truc historique parce que c'était la première fois qu'il y avait un titre par équipes aux Jeux, explique Larbi Benboudaoud. Tout le monde l'attendait ce France-Japon, le choc des titans. Et chez eux, avec la campagne qu'ils ont fait, forcément, ils se voyaient déjà tous en haut de la boîte. C'était compter sans notre équipe qui voulait faire sonner la Marseillaise au pays du Soleil Levant. Et ils ont réussi." 

L'épreuve a récompensé un collectif soudé autour du même objectif. "La dynamique de groupe et la cohésion ont été extraordinaires tout au long de la journée, ils ont fait un truc historique, savoure Benboudaoud. Et c'est une joie partagée. Voir Teddy sauter au plafond alors qu'il est dix fois champions du monde, double champion olympique, il était comme pour sa première médaille, c'est extraordinaire. C'est une joie communicative incroyable." 

La folle épopée de l'équipe de France de judo lors de la finale par équipes mixte

Un moteur pour 2024

Maintenant, les regards sont déjà tournés vers Paris 2024, dans trois ans. Pour atteindre l'objectif de 80 médailles pour la délégation française, le judo va devoir aller encore plus haut. "On va retourner au travail et exploiter ces médailles, explique l'ancien médaillé d'argent des Jeux de Sydney. Pour l'athlète médaillé mais aussi pour les autres, qui sont restés en France et ont vu. "Ce collectif, c'est important. Dire que c'est réalisable. Quand tu t'entraînes tous les jours avec les meilleurs du monde, tu te dis 'Pourquoi pas moi ?'". L'état d'esprit, le mental, constitue la cible principale de Larbi Benboudaoud. "Le premier facteur de performance, c'est l'état d'esprit. Comment tu abordes tes compétitions et tes entraînements. Pour le reste, on a un savoir-faire.

En tant que pays-hôte, la France est assurée de pouvoir présenter un athlète dans chaque catégorie. Le patron des équipes de France veut en profiter pour créer une émulation et une concurrence afin de pousser chacun à son maximum. "Il faut transmettre cette envie de gagner, explique-t-il. Le haut niveau est un système élitiste, avec beaucoup de prétendants et peu d'élus. Mais l'élu ne l'est pas éternellement. Si tu te bouges, tu peux prendre sa place. On doit faire en sorte d'amener un athlète à son top niveau, mais aussi le gars derrière lui. Et on emmènera le meilleur. C'est l'état d'esprit qu'on veut mettre en place." Rendez-vous est pris. 

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