PSG : face à Keylor Navas, Gianluigi Donnarumma en passe de prendre l’avantage

Après l'erreur de Keylor Navas la semaine dernière face à Lens, Gianluigi Donnarumma souhaite prouver qu'il mérite le statut de numéro 1. Dès dimanche contre l'AS Monaco ?

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France Télévisions
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Gianluigi Donnarumma et Keylor Navas à l'entraînement du Paris Saint-Germain, le 19 août (CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA)

En se relevant sur la pelouse du stade Bollaert-Delelis, ce samedi 4 décembre, à la 62e minute du match entre le RC Lens et le Paris Saint-Germain (1-1), Keylor Navas le sait : il vient de commettre une erreur qui pourrait lui être fatale. Deux semaines après son carton rouge reçu face à Nantes (3-1), le 20 novembre dernier lors de la 14e journée, le gardien costaricien vient d'enchaîner une deuxième boulette.

Sur une frappe lointaine puissante mais relativement anodine de Seko Fofana, Navas se troue et permet aux Sang et Or de prendre l’avantage. L’égalisation en toute fin de match de Georginio Wijnaldum pour le PSG ne change rien pour lui. Sa soirée est ratée et sa bourde pourrait donner du grain à moudre à son entraîneur Mauricio Pochettino, qui réfléchit depuis plusieurs mois à la concurrence qui oppose Navas à Gianluigi Donnarumma pour le poste de gardien numéro 1 au PSG.

Entre Navas et Donnarumma, l’entente est cordiale, les conflits inexistants. Le courant passe bien, comme le rappelait l’Italien (22 ans) dans la dernière édition de France Football : "Nous sommes tous les deux amis et tout se passe très bien entre nous. Keylor et moi sommes unis, à l’image de tout le vestiaire. Vous savez, nous sommes deux garçons très tranquilles et respectueux. Il arrive que des gens parlent à tort et à travers, se mettent à imaginer des situations compliquées. On ne peut rien y faire. Mais ce n’est aucunement la réalité."

L'ambitieux Donnarumma contre l'expérimenté Navas

La lutte entre les deux hommes pour le statut de numéro 1 n’en reste pas moins féroce. Le jeune et ambitieux Donnarumma, qui a remporté le 29 novembre dernier le trophée Yachine de meilleur gardien de l’année, est opposé à l’expérimenté Navas, vainqueur de trois Ligue des champions avec le Real Madrid (2016, 2017, 2018) et qui, malgré ses 35 ans (il les fêtera le 15 décembre prochain), a encore les jambes pour jouer quelques saisons de plus.

Dès l’arrivée du jeune italien à Paris, l’été dernier, Pochettino avait imaginé un système de rotation entre les deux gardiens, qu’il avait tenté d’expliquer le 19 novembre dernier dans L’Équipe : "À partir du moment où le club a pris la décision de recruter Donnarumma, qui a terminé meilleur joueur de l’Euro, alors qu’il avait un numéro 1 comme Navas, il n’y avait pas de débat, on devait s’adapter. (…) Ce serait injuste de donner la priorité à l’un des deux."

Depuis le début de la saison, Donnarumma et Navas alternent donc, tour à tour, les matchs dans les buts du PSG. Mais Pochettino, dans ce même entretien, avait précisé un détail important : "Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas un moment où on fera un choix." Le moment est peut-être venu, si l’entraîneur argentin considérait que la première erreur d’un des deux gardiens serait suffisante pour régler la question.

Des statistiques quasiment similaires

Confiant, Donnarumma avait indiqué à la chaîne brésilienne TNT le 13 novembre dernier, lors de la dernière trêve internationale, "être serein, parce que la situation finira par se résoudre d’elle-même". Si elle n’est pas encore totalement résolue, la situation a très clairement évolué avec l’erreur de Navas contre Lens qui suivait de près son expulsion face à Nantes. Impérial depuis son arrivée à Paris en 2019, exceptionnel lors de plusieurs matchs de Ligue des champions l’an dernier contre le FC Barcelone ou le Bayern Munich, Navas a succombé à la pression de la concurrence ces dernières semaines.

Un constat que déplore Lionel Charbonnier. "J’ai dit dès le début que cette politique (la rotation entre les deux gardiens, ndlr) allait détruire à terme un, voire les deux gardiens. Et aujourd’hui, c’est Navas qui paie les pots cassés", nous explique l'ancien gardien et vainqueur de la Coupe du monde 1998 avec les Bleus. Elle semble en effet davantage nuire pour le moment à Navas, moins serein que le jeune Donnarumma, très solide et qui gagne progressivement le cœur des supporters parisiens. C'est bien connu, le nouveau fait toujours plus clinquant que l'ancien.

L’impression du terrain est que Donnarumma a pris l’avantage ces dernières semaines mais les statistiques soulignent que l’Italien et Navas rendent des copies quasiment similaires depuis le début de la saison. Outre son erreur de samedi dernier, le gardien costaricien a enchaîné les parades face aux Lensois (6 arrêts). En moyenne, Navas (14 matchs, 16 buts encaissés) et Donnarumma (10 matchs, 9 buts encaissés) subissent trois tirs par rencontre. Et les deux repoussent 75% des frappes cadrées subies par le PSG.

Une rotation à la Ancelotti ?

À ce petit jeu des comparaisons, ce sont donc les erreurs, les fautes de concentration et le moindre signe de fébrilité qui sont pris en compte. De quoi faire trembler Navas. Mais ce dernier est très influent dans le vestiaire et son mal-être, s’il venait à être relégué au poste de numéro 2, pourrait faire du mal au groupe.

Des états d’âme critiqués par Zlatan Ibrahimovic, ancien joueur du PSG et ex-coéquipier de Donnarumma à l’AC Milan, dans le Corriere della Serra le 1er décembre : "Ce n’est pas normal que les Sud-Américains imposent que l’autre (Navas, ndlr) joue. Gigio est plus fort." Pochettino et son staff doivent désormais trouver une solution alors que la boulette de Navas pourrait pousser Donnarumma à réclamer plus de considération.

Pochettino pourrait s'en remettre à un système hybride, à l’image du Real Madrid de Carlo Ancelotti lors de la saison 2013-2014 : Iker Casillas jouait la Ligue des champions et Diego Lopez le championnat. Une rotation que connaît actuellement Hugo Lloris à Tottenham, lui qui ne joue que les matchs de Premier League. En attendant un nouveau tournant dans cette rivalité et une prise de parole claire de la part du staff parisien, Donnaruma devrait garder les cages du PSG ce soir face à Monaco.

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