Ligue des Champions : le préfet de police de Paris dénonce 30 à 40 000 spectateurs en trop devant le Stade de France dans un rapport

Dans ce rapport que franceinfo a pu consulter, Didier Lallement affirme avoir dû lever certains contrôles pour "éviter un drame".

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Radio France
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Un dispositif de 6 800 policiers et gendarmes avait été mis en place aux abords du Stade de France, pour la finale de la Ligue des champions. (THOMAS COEX / AFP)

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, saisit le procureur de la République pour "la fraude massive aux faux billets", s'appuyant sur l'article 40 du code de procédure pénale. "J'estime nécessaire d'identifier les responsables de cette fraude massive qui aurait pu avoir des conséquences très graves si les services de police n'avaient pas réussi à y faire obstacle", précise-t-il dans un rapport envoyé au cabinet du ministre de l'Intérieur et que franceinfo a pu se procurer ce dimanche.

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Didier Lallement met en avant la présence de 30 à 40 000 spectateurs supplémentaires aux abords du Stade de France, sans billets valables. En plus des 80 000 supporters munis d'un billet et attendus au sein de l'enceinte sportive. Un afflux qui a provoqué des mouvements de foule au niveau de certains barrages, poussant le préfet à prendre la décision de lever certains contrôles pour "éviter un drame". Parmi cette foule, le préfet de police note la présence de 300 à 400 jeunes "issus des quartiers sensibles de Seine-Saint-Denis".

Gaz lacrymogènes et manque de stadiers

A peine le match terminé, Gerald Darmanin - présent au PC sécurité du Stade de France - a dénoncé, dans un tweet, "Des milliers de 'supporters' britanniques, sans billet ou avec des faux billets ont forcé les entrées et, parfois, violenté les stadiers."

Un scénario repris largement par les différents protagonistes de l'organisation de cette finale : l'UEFA, qui a aussitôt appelé à un audit urgent, la fédération française de foot et la préfecture de Police de Paris. Mais la problématique des faux billets et des tentatives d'intrusion n'explique qu'en partie les scènes de chaos vues aux abords du stade. 

Ce que relèvent de nombreux spécialistes de ces grands événements sportifs, c'est le problème, pourtant connu, de la congestion aux accès sud-ouest du stade, doublé d'une mauvaise orientation des supporteurs vers cet unique point de filtrage, à cause notamment d'un manque criant de stadiers suffisamment formés. 

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L'autre critique émise par certains responsables politiques français, mais aussi par nos voisins britanniques et européens, c'est le recours systématique au gaz lacrymogène, sans discernement, alors que des enfants et des personnes âgées étaient présents. Une doctrine de maintien de l'ordre à la française qui va sans doute devoir évoluer, à 18 mois des JO de Paris où des centaines de milliers de spectateurs sont attendus. 

Selon le préfet, le dispositif mis en place avec 6 800 policiers et gendarmes a fonctionné, aucun incident n'ayant été relevé dans les deux fan zones installées à Paris et St-Denis, accueillant respectivement 6 000 et 44 000 supporters espagnols et anglais. Le dispositif "a assuré l'essentiel : permettre le bon déroulement du match, garantir la sécurité des festivités sans morts ni blessés graves", conclut-il.

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