Ligue 1 : Nantes et Bordeaux, deux monuments du foot français en danger

Pour la 36e journée de Ligue 1, le FC Nantes reçoit les Girondins de Bordeaux, samedi, dans cette affiche historique de l'élite qui ressemble à un véritable match de la peur pour la course au maintien.

Article rédigé par
Hugo Lauzy - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 5 min.
Nicolas Pallois (FC Nantes) face à Jimmy Briand (Girondins de Bordeaux) à l'occasion du match aller, le 21 août 2020. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Tension maximale à prévoir sur la pelouse de la Beaujoire, samedi 8 mai à l'occasion de la 36e journée de Ligue 1. Bordeaux et Nantes, ces deux grands noms du football français, aux onze titres de champion de France, font figure d'ovnis en bas de classement, même si les deux équipes ont retrouvé des couleurs dimanche dernier, avec un succès étriqué des Girondins contre Rennes (1-0), et une victoire sans appel des Nantais à Brest (4-1). Mais à y regarder de plus près, la tendance de cet exercice 2020-2021 est plutôt logique sur les trois dernières saisons des deux clubs qui flirtent régulièrement avec le bas de tableau.

Nantes dans le rouge, Bordeaux en sursis

Au bord du gouffre, Nantais comme Bordelais se rencontrent dans un derby de l'Atlantique décisif dans la course au maintien et tout cela à trois matchs de la fin du championnat. Sur le plan sportif, les dynamiques ne sont pas bonnes pour Nantes (18e, 34 pts), malgré deux succès sur les trois dernières rencontres, et Bordeaux (15e, 39 pts), qui a retrouvé le chemin de la victoire après cinq défaites de rang. Des Girondins qui ont encore leur destin entre leurs mains avec cinq unités d'avance sur leur adversaire nantais. Dans cette course finale à cinq en comptant Strasbourg, Lorient et Nîmes, tout point glané risque d'être déterminant.

Au niveau du calendrier, les Canaris semblent être les mieux lotis puisqu'après cette 36e journée, les hommes d'Antoine Kombouaré doivent aller à Dijon, déjà relégué en Ligue 2, et Montpellier, qui n'a plus grand chose à espérer d'ici la fin de l'exercice. Une histoire qui pourrait être tout autre pour des Bordelais, qui en cas défaite contre Nantes grilleraient un joker important. Les Girondins reçoivent dans la foulée des Lensois, toujours en lice pour accrocher la cinquième place synonyme de Ligue Europa Conférence (la nouvelle C4 lancée par l'UEFA), et se déplacent sur la pelouse du Stade de Reims pour terminer.

Deux attaques toujours au ralenti 

Irrégulières tout au long de la saison, les forces offensives des deux formations se retrouvent dans les dernières attaques de Ligue 1. Avec ses 11 buts et une passe décisive, seul le Coréen Ui Jo Hwang a surnagé au-dessus du désert offensif bordelais qui se retrouve cette saison 17e attaque de l'élite (37 buts). Pour les Canaris, le meneur de jeu Ludovic Blas mène aussi celle de la formation nantaise, la 16e de L1, avec neuf réalisations et trois passes décisives. Pas assez pour s'éviter une fin de saison de tous les dangers.

Au-delà des statistiques, les schémas offensifs de Nantes et Bordeaux n'ont pas réussi à se stabiliser dans les temps. L'attaque nantaise n'a jamais su exprimer son potentiel à plein régime, à l'exception du dimanche 2 mai à Brest où Moses Simon, Ludovic Blas et Kalifa Coulibaly ont respectivement fait parler la poudre, dans ce qui est la plus large victoire nantaise cette saison. De son côté, Jean-Louis Gasset peine à trouver la formule magique sur le front de l'attaque (Hwang, Briand, Oudin, Ben Arfa, de Préville...), comme en témoigne le but capital du jeune Sékou Mara (18 ans) pour sa première titularisation contre Rennes.

Des Canaris face à une présidence fantasque, des Girondins minés par leur actionnaire

Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, il n'y a pas que dans le jeu où les deux formations sont à la dérive. Dans les coulisses, l'ambiance n'est pas au beau fixe en Loire-Atlantique comme en Gironde. Cette saison, l'instabilité chronique des Nantais, pourtant habitués aux voltes-face de son président Waldemar Kita, a particulièrement marqué les esprits. Pas moins de quatre entraîneurs se sont succédé sur le banc canari.

Le Breton Christian Gourcuff a constitué le premier fusible début décembre, avant le rapide intérim de Patrick Collot jusqu'à la parenthèse autant surprise qu'éphémère de Raymond Domenech pour sept matchs (quatre nuls, trois défaites). Dernier arrivé ? Antoine Kombouaré, ex-joueur formé au club et habitué des missions commando, sur le banc depuis du FCN depuis le 11 mars. Pour le moment, son bilan est assez stable avec trois victoires, un nul et trois défaites, pour des Canaris qui sont dans la zone rouge depuis la 24e journée. 

Un scénario différent mais tout autant préocuppant pour des Girondins en délicatesse avec leur actionnaire américain King Street. Propriétaire unique depuis plus d'un an, le fonds d'investisssement a annoncé son retrait du club, le 22 avril dernier, qu'il ne "souhaite plus soutenir et financer dans ses besoins actuels et futurs". Une nouvelle qui a fait l'effet d'une bombe auprès de la municipalité et des supporters girondins. Plusieurs anciens de la maison se sont mobilisés pour déclarer l'union sacrée autour d'une institution qui devrait terminer l'année la saison avec un déficit compris entre 60 et 80 millions d'euros. Dans l'attente de repreneurs aux reins solides, le club est toujours placé sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux.

La rencontre de samedi revêt donc une importance capitale pour deux clubs en perdition sur le terrain comme en dehors. L'avenir des Canaris et des Girondins dans l'élite en dépend, après 121 saisons passées à eux deux dans l'élite du football français (68 pour Bordeaux, 53 pour Nantes).

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