Chant des supporters niçois contre Emiliano Sala : "Les instances sportives doivent prendre position clairement", selon la ministre Roxana Maracineanu

La ministre des Sports Roxana Maracineanu, en appelle, jeudi sur franceinfo, à "la solidarité de tous pour que ces comportements soient éradiqués", après le chant des supporters niçois, en référence au footballeur décédé, Emiliano Sala. 

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Radio France
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Roxana Maracineanu, ministre des Sports, à l'Élysée à Paris, le 23 février 2022.  (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Il faut que ceux qui sont à la tête des instances sportives, que ce soit la Ligue ou la Fédération, prennent position clairement", a demandé jeudi 12 mai, sur franceinfo, la ministre des Sports Roxana Maracineanu, après le chant des supporters niçois lors du match face à l'AS St-Etienne la veille. À la 9e minute, un chant a été entonné par les niçois faisant référence à Emiliano Sala, ancien attaquant du FC Nantes mort en 2019 dans le crash d'un avion en mer. "C'est un Argentin, qui ne nage pas bien, Emiliano sous l’eau", a-t-on pu clairement entendre depuis les tribunes de l'Allianz Riviera. La ministre attend "au moins une déclaration médiatique" des instances sportives "quand de tels faits se passent".

Le chant a été scandé quatre jours après la défaite de Nice face à Nantes en finale de la Coupe de France. Roxana Maracineanu dit comprendre "qu'un groupe de supporters d'une équipe qui a perdu en Coupe de France puisse ressentir de la déception, du dépit". Mais elle estime qu'il y a "d'autres manières de le dire et de le faire entendre que de cette manière-là qui est offensante et outrageante pour la famille d'Emiliano Sala". Elle y voit "une atteinte à la mémoire d'un sportif décédé dans des circonstances tragiques".

Sanctions individuelles et collectives

La ministre de Sports exprime sa "satisfaction" que les dirigeants de l'OGC Nice "se saisissent du sujet et le dénoncent". Elle salue la réaction de Christophe Galtier, l'entraîneur niçois, qu'il l'a "plutôt réjoui". Elle rappelle qu'en début de saison, une réunion s'est tenue autour de "quatre ministres avec la Ligue, avec des représentants de clubs", parmi lesquels il y avait Jean-Pierre Rivière, le président de Nice. "Nous avons tous convenu que c'était des sanctions individuelles vers lesquelles nous devions aller en plus des sanctions collectives que la Ligue pouvait prendre". Roxana Maracineanu assure qu'il y a "un suivi régulier de la mise en œuvre de ces engagements qui ont été pris" au ministère de l'Intérieur. Elle met en avant "un attirail conséquent de sanctions commerciales que les clubs peuvent mettre en place". Mais elle estime "qu'aujourd'hui, pour ce type de dérives, c'est aussi aux clubs d'aller plus loin".

La ministre en appelle aussi à "la solidarité de tous pour que ces comportements soient éradiqués", et notamment à la "solidarité avec les groupes de supporters qui dénoncent le comportement de ce groupe de supporters en particulier". "Chacun doit se poser la question de ce qu'il peut faire à son niveau pour que cela n'arrive plus", ajoute Roxana Maracineanu.

"Les clubs ne sont pas responsables"

De son côté, le co-président de l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), Philippe Piat, estime sur franceinfo jeudi, que les "les clubs ne sont pas responsables". Il condamne fermement le chant de supporters niçois. "C'est à tomber par terre d'entendre des choses comme ça, on se demande dans quel monde on vit", dénonce-t-il.


Selon Philippe Piat, "c’est très compliqué pour les clubs d'empêcher ce genre de manifestation". Il estime qu'"enlever des points à une équipe ou faire jouer à huis clos un match, c'est une chose, mais ce n'est pas une fin en soi". Le co-président de l’Union nationale des footballeurs professionnels appelle à punir plus sévèrement ces supporters. "Je crois que ce n'est pas très compliqué de les faire sortir du stade et de les sanctionner lourdement". Selon lui, cela doit passer notamment par des "interdictions de stade pendant des années". Il prend l'exemple de l'Angleterre où "les hooligans ont été éradiqués parce que des sanctions majeures ont été prises".


Philippe Piat déplore l'augmentation des incidents dans les stades et note que dans les autres disciplines, "ça reste acceptable quand il y a des mauvaises humeurs qui se font savoir à la fin d'un match". Il conclut en lançant un appel aux supporters : "Le sport, c'est la victoire de l'un, la défaite de l'autre. Et si on nie ces réalités, on n'a rien à faire dans les tribunes".

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