En vue de la Coupe du monde, la Russie extermine ses chiens et ses chats errants

Les défenseurs des animaux dénoncent des méthodes barbares. 

Un chien promis à l\'abattage à Sotchi (Russie), secouru par une association de défense des animaux américaine, à Washington, le 27 mars 2017. 
Un chien promis à l'abattage à Sotchi (Russie), secouru par une association de défense des animaux américaine, à Washington, le 27 mars 2017.  (JEWEL SAMAD / AFP)

Un abattage de masse. La Russie a décidé d'éradiquer ses chiens et ses chats errants en vue de la Coupe du monde de football qui doit se dérouler cet été dans onze villes du pays, rapporte le média tchèque Radio Free Europe/Radio Liberty, traduit par Courrier international jeudi 25 janvier. A Moscou, environ 30 000 chiens sont concernés. Cette éradication a été lancée alors que Vitali Moutko, premier protagoniste du scandale du dopage, était ministre des Sports.

Début 2018, la Commission parlementaire pour l’écologie et la protection de la nature a demandé au nouveau ministre, Pavel Kolobkov, d’épargner les animaux, précise Radio Free Europe/Radio Liberty. "L’abattage de chaque chien coûte entre 6 000 et 9 000 roubles [entre 85 et 130 euros]. Avec cet argent, on pourrait aisément financer la capture, la vaccination, la stérilisation et le maintien de ces animaux dans des refuges", estime Vladimir Bourmatov, président de cette commission.

Un précédent à Sotchi 

Une campagne d'abattage des animaux avait déjà été entreprise en 2014, quand la Russie se préparait pour les Jeux olympiques de Sotchi, ce qui avait provoqué un scandale international. Les chasseurs de la société Basya abattaient les chiens à l’aide de sarbacanes dont les flèches étaient empoisonnées. "Les chiens mouraient de suffocation dans d’atroces souffrances, encore conscients, tandis que les tueurs recevaient 500 roubles [7 euros] par cadavre", écrit Radio Free Europe/Radio Liberty.

Dans un communiqué publié vendredi, la Fondation 30 Millions d’amis a dénoncé les empoisonnements des chiens et des chats. Le texte interpelle le président russe, Vladimir Poutine, et lui demande "de mettre en place les mesures qui s’imposent pour arrêter cette extermination d’animaux qui choque tant".

Contactée par les associations de défense des animaux, la Fédération internationale de football (Fifa) a opposé une fin de non recevoir : "Nous avons reçu beaucoup de lettres, mais nous avons tant de choses à faire que nous en prenons note sans pour autant pouvoir vous aider. Il faut nous comprendre, désolés."