Basket : du retour des internationaux au prodige Wembanyama, comment le championnat de France change de dimension

La nouvelle saison de Betclic Elite, qui débute vendredi, est marquée par la montée de la rivalité entre Monaco et l'Asvel, le retour de nombreux internationaux français, dont Nando De Colo, et l'éclosion de la pépite Victor Wembanyama.

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France Télévisions
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Certains joueurs de Betclic Elite dont Nando De Colo (tout à gauche) ou Victor Wenbanyama (au centre) lors du LNB Media Day, à Paris, le 20 septembre 2022. (LNB)

Et si on continuait à regarder le basket. Cinq jours seulement après la fin de l'Eurobasket, le championnat de France masculin reprend ses droits, vendredi 23 septembre. L'occasion de revoir sur les parquets français des finalistes malheureux comme Terry Tarpey III et Elie Okobo, ou encore Nando De Colo, de retour dans l'hexagone après treize ans d'exil. Autant de noms qui promettent une saison excitante, à même de faire passer un nouveau cap à la Betclic Elite.

La saison dernière avait déjà tout du bon millésime. Après avoir manqué le Final four de l'Euroligue (C1) d'un cheveu face à l'Olympiakos, Monaco avait poussé l'Asvel Lyon-Villeurbanne dans ses retranchements en finale du championnat de France. Au terme d'un épilogue à l'intensité et au suspense exceptionnels, les Lyonnais avaient finalement empoché un troisième titre consécutif.

La rivalité entre les deux mastodontes du championnat, tous deux engagés en Euroligue, ne cesse de grimper depuis leur première finale en 2019, déjà remportée pas l'Asvel. "On a aujourd'hui deux équipes qui entraînent les autres vers le haut, se réjouit Alain Béral, le président de la Ligue nationale de basket (LNB). C'est excellent d'avoir cette rivalité. Il y a vingt ans, c'était Pau-Limoges. Ils présentent des budgets qu'on n'avait jamais connus sur le territoire et cela permet de positionner le basket français en Europe."

Des internationaux en pagaille

"Cette rivalité se construit, monte en puissance. J'espère que ça va continuer sur les années à venir", poursuit Elie Okobo. Le récent médaillé d'argent à l'Eurobasket avec l'équipe de France est une parfaite illustration de cette Betclic Elite qui progresse en conservant ses meilleurs joueurs. MVP de la finale sous les couleurs villeurbannaises, l'arrière a rejoint Monaco, cet été, malgré les sirènes de Barcelone, du Real Madrid ou de Fenerbahce. Il évoluera au côté de l'un des plus gros talents d'Europe, Mike James, qui a prolongé son bail de deux années supplémentaires.

Elie Okobo ne sera pas le seul international tricolore à évoluer sur les parquets des dix-huit clubs engagés en Betclic Elite. En plus de Terry Tarpey III au Mans ou encore du sélectionneur Vincent Collet au Metropolitans 92, une flopée de médaillés internationaux est de retour.

Les champions d'Europe 2013 Nando De Colo et Joffrey Lauvergne ont signé à l'Asvel, les médaillés de bronze au Mondial 2014 Kim Tillie et Edwin Jackson joueront respectivement à Cholet et Nanterre alors qu'Axel Toupane, en bronze à la Coupe du monde 2019, continue l'aventure entamée en janvier avec Paris Basket. En bonus, Adrien Moerman, double tenant du titre de l'Euroligue avec le club turc de l'Anadolu Efes Istanbul, a atterri à Monaco.

"Un des meilleurs championnats d'Europe"

"C'est quelque chose que j'espérais depuis douze ans et qui se réalise enfin, savoure Alain Béral. Ils reviennent parce qu'ils trouvent des conditions similaires à celles de l'étranger mais dans un championnat qu'ils aiment bien, avec un niveau de jeu qui leur convient." Double vainqueur et MVP de la C1 avec le CSKA Moscou, Nando De Colo a préféré l'Asvel plutôt que Valence : "Je suis heureux de pouvoir revenir en France. Ma priorité était d’abord de rester dans un club qui évolue en Euroligue, le fait que celui-ci évolue dans le championnat français est un plus", a-t-il assuré. 

"C’est une super nouvelle. Pendant longtemps, on avait un championnat en-dessous de notre équipe de France, avec des joueurs en NBA ou en Euroligue. Aujourd'hui, le championnat repart de l’avant."

Axel Toupane

en conférence de presse

Ces arrivées nombreuses et remarquables confirment la progression d'un championnat qui revient pourtant d'une période compliquée. Pendant la pandémie, les finances des clubs étaient mises à mal par les huis clos à répétition alors que les revenus dépendent en majorité de la billetterie.

"Depuis que j’ai fait deux ans à l’Asvel au début de ma carrière, ça a énormément évolué, souligne Kim Tillie. Médiatiquement, le niveau de jeu, les joueurs qui signent, les budgets : tout a augmenté. C’est un des meilleurs championnats en Europe après l’Espagne."

Wenbanyama, le phénomène mondial 

Pour couronner le tout, la Betclic Elite sera le théâtre d'expression d'une attraction exceptionnelle : Victor Wembanyama. Âgé de 18 ans, le phénomène de 2,21 m (sans chaussures) et 2,44 m d'envergure va effectuer sa dernière saison en France avant de s'envoler vers la NBA, où son nom est attendu à la première place de la draft, en juin 2023. Après ses débuts professionnels à Nanterre, puis une saison à l'Asvel, le prodige se produira sous les ordres de Vincent Collet avec les Metropolitans 92, où un projet personnel a été developpé pour l'accompagner au mieux.

"L'important est de consolider la première place à la draft, affirme-t-il avec ambition. J'ai un très bon sentiment sur l'année qui arrive. J'ai envie de profiter de cette dernière année en France." Auteur de deux performances à 34 points en préparation, Wembanyama espère confirmer en championnat. "On en aura peut-être pas un autre comme lui, c'est un joueur générationnel. Je n’avais jamais vu ça", s'enflamme Alain Béral.

L'inédit, c'est finalement le maître-mot de la saison de Betclic Elite qui s'ouvre vendredi. "Il me tarde de commencer", s'impatiente Elie Okobo. On n'aurait pas dit mieux.

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