Jeux olympiques de Tokyo à huis clos : "Celles et ceux qui vont gagner seront les plus forts mentalement ", juge Jean-François Lamour

Le gouvernement japonais a décrété un nouvel état d'urgence face à une recrudescence de l'épidémie de Covid-19 dans le pays, et a donc décidé que les JO auraient lieu sans public.

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Radio France
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Les anneaux olympiques devant le stade national de Shinjuku à Tokyo le 22 juin 2021. (NORIKAZU TATEISHI / YOMIURI)

Les Jeux olympiques de Tokyo se dérouleront sans public. La décision a été prise jeudi 8 juillet après l'annonce du gouvernement japonais de décréter un nouvel état d'urgence face à une recrudescence de l'épidémie de Covid-19 dans le pays. Dans ces conditions, "celles et ceux qui vont gagner à Tokyo seront les plus forts mentalement", estime sur franceinfo Jean-François Lamour, double champion olympique de sabre et ancien ministre des Sports. Les JO doivent démarrer le 23 juillet prochain jusqu'au 8 août.

franceinfo : Des Jeux olympiques sans spectateurs, est-ce que cela a un sens ?

Jean-François Lamour : Oui car les sportifs qui vont y participer se sont préparés depuis cinq ans pour ces épreuves, donc quoi qu'il en coûte pour eux, ils veulent y participer mais dans des conditions qui sont dantesques. C'est une sorte de calvaire permanent. Chacun aujourd'hui se met dans son tunnel et se prépare de la meilleure des façons possibles, ne pense qu'à cet événement, ne pense qu'à la compétition et donc sait se protéger. Un sportif de très haut niveau sait s'adapter à n'importe quelle situation. Mais je reconnais que cela fait beaucoup d'éléments perturbateurs.

Peut-on commencer des JO en toute sérénité dans ces conditions ? Cela peut-il avoir un impact sur toute la compétition ?

Cela aura un impact. Très clairement, celles et ceux qui vont gagner à Tokyo seront les plus forts mentalement. Techniquement tout le monde se vaut à peu près. Ce qui fait la différence pour ces Jeux olympiques, c'est le niveau mental, cette capacité à absorber des chocs. On verra à Tokyo ceux qui sauront dépasser tous ces obstacles en restant concentrés sur l'événement. On se souviendra de ces Jeux comme de ceux qui ont déclaré vainqueurs les plus forts mentalement.

Dans le village olympique, on ne peut pas côtoyer les délégations des autres pays. Est-ce un peu triste aussi ?

Oui mais juste avant la compétition, ces échanges existent peu, chacun se prépare et on est plutôt concentré sur ses objectifs. En revanche, la fête ensuite dans le village et en dehors, tout cela ne va pas exister. Je me souviens de mes derniers Jeux olympiques à Barcelone en 1992 et la ville était une fête. C'est dommage mais il faut que ces JO aient lieu. Il y a beaucoup d'argent engagé et puis pour les sportifs, il faut que la compétition se déroule. On sait que l'événement a de la valeur, pas seulement pour les spectateurs dans les stades mais aussi pour les téléspectateurs partout dans le monde. Il faudra tirer les enseignements et préparer le rebond pour les JO de 2024 à Paris.

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