Paris 2024 : quelles seront les primes exceptionnelles versées aux travailleurs, secteur par secteur ?

Des policiers aux soignants, de nombreuses professions bénéficieront d'une récompense financière en contrepartie de leur implication durant les Jeux olympiques et paralympiques.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Un policier surveille une manifestation devant le bâtiment de l'Hôtel de Ville de Paris décoré des anneaux olympiques, le 30 mars 2024. (DANIEL DORKO / HANS LUCAS / AFP)

Des rallonges financières pour s'assurer du bon déroulement des Jeux olympiques et paralympiques. Alors que ces deux événements sportifs à Paris nécessitent le déploiement d'effectifs importants, les travailleurs de nombreux secteurs ne se mobiliseront qu'à condition d'être indemnisés. Les syndicats de police ont notamment menacé de perturber le parcours de la flamme olympique si de l'argent n'était pas débloqué. Ils ont obtenu satisfaction, vendredi 26 avril, avec l'officialisation de plusieurs primes. A l'hôpital comme dans le métro parisien, des compensations financières sont aussi attendues. Franceinfo fait le tour de ces coups de pouce olympiens.

Jusqu'à 1 900 euros pour les policiers et gendarmes

Les deux principaux syndicats policiers, Un1té et Alliance, ont fait pression durant plusieurs jours sur le gouvernement, avant la publication de décrets au Journal officiel jugés satisfaisants. Un premier texte a entériné mercredi la revalorisation d'une indemnité pour les CRS. Trois autres mesures indemnitaires, dont une prime mensuelle de voie publique de 50 euros pour certains agents à partir du 1er juillet, puis 100 euros à partir de juillet 2025, ont également été publiées vendredi. Toutes ces mesures étaient prévues dans un protocole signé en 2022.

La prime JO, annoncée en janvier et portée jusqu'à 1 900 euros pour les policiers et gendarmes travaillant en Ile-de-France, ne fait pas l'objet d'un décret au Journal officiel, s'agissant d'une mesure exceptionnelle qui n'a pas vocation à devenir pérenne. Elle a néanmoins été confirmée dans un courrier cosigné par le Premier ministre, Gabriel Attal, et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, envoyé mercredi aux organisations syndicales. "Alliance police nationale se félicite que les textes réglementaires soient enfin diffusés grâce à notre mobilisation déterminée", a déclaré le syndicat dans un message transmis à l'AFP.

Entre 1 600 et 2 500 euros pour les conducteurs de la RATP

Les négociations pour les primes JO accordées aux conducteurs du métro et du RER de la RATP se sont, elles, achevées mercredi. Une prime de 1 600 euros a été promise pour les agents qui travailleront du 22 juillet au 8 septembre, ont annoncé les syndicats et la direction jeudi. Cette prime sera complétée par une prime "événement exceptionnel" de 44,10 euros par jour travaillé sur 12 lignes de métro et les RER A et B pendant les périodes de compétition des Jeux. Ce dispositif concerne 2 000 agents sur les 30 000 qui seront amenés à travailler pendant les Jeux. Ceux-ci pourraient donc toucher, au total, 2 500 euros.

La prime de 1 600 euros sera réduite de 50% si un agent compte cinq jours d'absence sur la période des Jeux, pour congé maladie par exemple, et ne sera pas versée au-delà de cinq jours d'absence. D'autres dispositifs sont prévus, comme la possibilité de décaler au maximum 11 jours de congés non pris en 2024 jusqu'à septembre 2025. En moyenne, les agents de la RATP qui travailleront pendant les Jeux (en incluant agents de station, ouvriers de maintenance, conducteurs de bus...) toucheront une prime de 1 000 euros, a également précisé la RATP à l'AFP.

Des discussions en cours à la SNCF

Les négociations concernant les agents de la SNCF n'ont pas encore abouti. L'entreprise ferroviaire propose aux salariés mobilisés durant la période des Jeux olympiques et paralympiques une prime de 50 euros par jour et 200 à 500 euros de prime supplémentaire en fonction de la période où ils posent leurs congés. Mais les syndicats sont sceptiques sur le chiffre de 1 500 euros, soit le montant maximal de primes cumulées, qui sera difficilement atteignable selon eux, ou réservé à une petite minorité.

Au minimum 800 euros brut par semaine à l'AP-HP

A l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), qui a besoin d'environ 800 équivalents temps plein supplémentaires par rapport à un été classique, les primes iront de 800 euros brut par semaine pour les salariés de catégorie C à 2 500 pour les médecins. Le système de santé français est prêt pour les JO et il n'y a plus que des "détails" à caler, ont assuré mercredi les ministres de la Santé et des Sports à l'issue d'un "comité de pilotage" qui réunissait une cinquantaine d'acteurs. Les autorités s'attendent à une activité supérieure de "3 à 4%" à la normale pour un été en Ile-de-France.

Les syndicats de l'AP-HP jugent, eux, que "l'été sera chaud". Dans un communiqué, l'intersyndicale CGT-FO-Unsa-CFTC a déploré mardi que les directions "poussent les agents" à "de nouveaux sacrifices sur leurs congés annuels", récompensés seulement par des primes distribuées selon elle de manière injuste, dans un secteur frappé par des pénuries de soignants et déjà en tension chaque été. Elle réclame "2 000 euros pour tous" et menace de manifester le 14 mai.

Entre 500 et 1 500 euros pour les agents publics

Pour les agents publics, le ministre de la Fonction publique, Stanislas Guerini, a annoncé en mars que des primes de 500 à 1 500 euros seraient versées en fonction de l'impact des Jeux sur l'activité du service et la prise de congés. Il a estimé samedi sur franceinfo qu'"un peu moins de 100 000 agents publics seront directement mobilisés" dans l'organisation des Jeux, ajoutant qu'il ne croyait pas à une grève pendant cette période. Mais dans un contexte de concertations pour réformer la fonction publique, les deux principaux syndicats du secteur, la CGT et Force ouvrière (FO), ont déposé des préavis de grève incluant la période des Jeux olympiques et paralympiques.

La CGT demande notamment "des recrutements pérennes, des compensations salariales au titre des contraintes professionnelles générées par les Jeux, (...) des droits aux congés, au télétravail choisi et à la déconnexion". FO réclame de son côté une meilleure rémunération des fonctionnaires. Stanislas Guerini a assuré samedi vouloir "accompagner" les agents publics impliqués dans l'organisation des JO, avec "des places en crèche, des chèques emploi service universel", en plus des primes.

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