Paris 2024 : comment va se dérouler le voyage de la flamme olympique sur la Méditerranée à bord du "Belem", jusqu'à son arrivée à Marseille ?

Le symbole olympique prend la mer sur le célèbre voilier samedi à Athènes, pour un périple de 12 jours. La venue du "passager le plus important" de l'histoire du navire a été minutieusement préparée.
Article rédigé par Benoît Jourdain
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 4 min
Le voilier "Belem" dans le port de Marseille, le 10 octobre 2023. Le navire va transporter la flamme olympique de Grèce jusqu'à la cité phocéenne, du 27 avril au 8 mai 2024. (ANNE-SOPHIE NIVAL / HANS LUCAS / AFP)

L'embarquement est imminent. Allumée le 16 avril à Olympie, la flamme olympique achève un périple à travers la Grèce et s'apprête à être remise officiellement à la France, vendredi 26 avril, au Stade panathénaïque d'Athènes. Après une nuit à l'ambassade de France, la torche embarquera, samedi, sur le Belem, fameux trois-mâts arrivé mercredi dans le port du Pirée. Le voilier entamera alors une croisière de 12 jours en Méditerranée jusqu'à Marseille, où la flamme doit être accueillie en fanfare le 8 mai.

A bord, la torche sera bien entourée, puisque 16 marins professionnels et 16 "jeunes éclaireurs" sélectionnés par Caisse d'Epargne participeront au voyage. Au total, 60 personnes vogueront avec la flamme. Le symbole olympique sera bien gardé car "la flamme sera dans une lanterne", explique Delphine Moulin, directrice des célébrations pour Paris 2024, à 20 minutes.

Le navigateur Armel Le Cleac'h pose à Paris, le 8 avril 2024, avec la lanterne qui va transporter la flamme olympique d'Athènes à Marseille, puis lors du "relais des Océans" qui la fera voyager dans les territoires d'Outre-mer. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Ces lanternes, les mêmes utilisées à chaque édition, "constituent un symbole de perpétuité du relais", détaille à franceinfo le Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop). "Dans les airs, sur la mer ou sur la route, elles restent allumées grâce à une huile de combustion spécifique, et permettent de transporter la flamme sur de longues distances et la préserver des diverses conditions"

Gardée dans la plus belle pièce du bateau

Sur le navire, la place de la flamme a été le sujet de débats. Où la déposer ? Comment la surveiller et la sécuriser ? Toutes les précautions ont été prises afin que le Belem, construit en 1896, année de la création des Jeux olympiques modernes, ne subisse aucun dommage. "La flamme sera stockée dans une lanterne et sera gardée. Il n’y aura pas de risques", rassurait l'un des deux commandants du navire, Mathieu Combot, début avril sur France Inter.

C'est le grand roof qui a été choisi pour accueillir le prestigieux passager. Ce salon sert de salle de briefing pour les instructions de navigation quand le voilier est en mer, et de pièce de réception lors des escales. Conçu pour le duc de Westminster, qui avait acquis le navire au début du XXe siècle, il a été rénové en 2018, détaille Ouest-France. "On a opté pour la plus belle pièce du bateau, elle est très emblématique", explique Christelle de Larauze. Mais durant les 12 jours et les 2 000 km de traversée, la flamme ne va pas y rester cloîtrée.

"On ne s'interdit pas de la déplacer, dans le petit roof, dans le bureau du commandant... L'idée, c'est de la faire rayonner sur tout le navire."

Christelle de Larauze, déléguée générale de la fondation Belem Caisse d'épargne

à franceinfo

Liberté est donc accordée à l'équipage de promener la flamme du pont aux voiles. Interrogé par Ouest-France, le deuxième commandant de cette expédition, Aymeric Gibet, s'y voit déjà : "Contempler la flamme olympique à 2 heures du matin, dans le noir, isolé du monde, au milieu de la mer, sur un bateau de 127 ans…". Seul impératif : elle ne doit jamais s'éteindre. 

Selfies et surveillance assidue

"C'est une chance, ou une responsabilité, je ne sais pas", s'amuse Christelle de Larauze, qui voit dans le choix du Belem pour convoyer la flamme "une récompense d'un travail mené depuis plus de dix ans" à la tête de la fondation. "C'est notre consécration, une fierté, assure-t-elle, car c'est la reconnaissance de la France du travail réalisé pour préserver ce monument historique", qui a notamment paradé lors du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, en 2012. La traversée qui débute samedi est "sûrement le moment le plus important de l'histoire du navire", reconnaît-elle. Pas question, donc, de lésiner sur la sécurité, notamment le principal danger sur un tel vaisseau, les risques d'incendie, face auxquels "chaque membre de l'équipage est formé", précise la déléguée générale.

La lanterne sera positionnée sur un socle sur lequel veilleront trois gardiens de la flamme, formés par Paris 2024. "Ils ont pour instruction de préserver ce feu", résume Christelle de Larauze. Membres à part entière du personnel navigant, ils se succéderont pour surveiller la lanterne 24 heures sur 24. Quatorze jeunes Français de 16 à 24 ans en voie d'insertion, sélectionnés par les Caisses d'épargne régionales, ainsi qu'un jeune originaire de Marseille et une autre de Grèce, seront également à bord.

"Bien sûr qu'il y aura des selfies", promet la dirigeante de la fondation. "J’aimerais que chacun puisse se l’approprier un peu, avoir la possibilité d’un moment d’intimité. Il faut donc qu’elle soit visible de tous au maximum", acquiesce le commandant Aymeric Gibet dans Ouest-France. "Finalement, cette flamme est très grande et très petite, elle n'est pas très spectaculaire quand on la regarde, contrairement à son symbole, conclut Christelle de Larauze. Mais c'est sûrement le passager le plus important qu'on aura transporté."

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