Témoignage "À moins de trois mois des JO, il y a encore du boulot !" : un athlète non-voyant n'a pas pu prendre un taxi parisien à cause de son chien guide

Le sprinter français Timothée Adolphe s'est vu refuser une course en taxi en région parisienne, fin mai. Le chauffeur a été suspendu, mais l'incident pose question, à trois mois des Jeux paralympiques.
Article rédigé par Agathe Mahuet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le sprinter paralympique français Timothée Adolphe avec son chien guide. (DR / RADIOFRANCE)

À moins de 100 jours des Jeux paralympiques à Paris, la France est-elle prête à accueillir des athlètes venus du monde entier porteurs de handicap ? La question reste en suspens après plusieurs plaintes auprès des compagnies de taxis et VTC ces dernières semaines. Parmi eux, Timothée Adolphe qui a vécu une mauvaise expérience, fin mai.

Le sprinteur français non-voyant, tête d'affiche des prochains Jeux, s'est vu refuser le 28 mai 2024 l'accès à un taxi, en région parisienne, alors qu'il était accompagné de son chien guide. L'athlète l'assure : il s'était pourtant organisé, comme d'habitude. "Quand je réserve, je précise que je suis non-voyant et que je suis accompagné d'un chien guide. Comme ça, il n'y a pas de surprise...", explique-t-il à franceinfo.

Le chauffeur de taxi arrive, Timothée reçoit un message, et descend de chez lui, accompagné de son chien. "Il y a une voiture qui est garée juste en face et démarre. Elle s'en va. J'ai beau faire des signes, personne ne s'arrête. Donc je me dis bon, je vais l'appeler via l'application Et le chauffeur ne répond pas et me met sur messagerie. Et dans la foulée, la course est annulée", raconte-t-il, précisant qu'il s'agit d'une situation récurrente, mais pourtant incompréhensible.

"Faire évoluer les mentalités"

Les chauffeurs ont en effet l'obligation d'accepter les chiens guides. "Vous êtes taxi, c'est assez simple : vous prenez un vieux drap que vous n'utilisez plus, vous le mettez dans le coffre et le jour où vous avez un chien qui se présente, la voiture est protégée", conseille Timothée.

Cette fois, l'athlète décide de porter plainte pour que les "choses bougent" : "On est à moins de trois mois des Jeux, on va accueillir aussi les personnes en situation de handicap avec potentiellement des chiens guides. Je ne sais pas si, en trois mois, on pourra faire évoluer les mentalités, mais en tout cas, il y a du boulot !"

Dans les faits, selon l'Observatoire pour l'accessibilité des chiens guides, 17 cas similaires de refus dans des VTC et taxis ont été signalés lors du dernier recensement en 2022, sur un total de 167 refus d'accès à des lieux publics. Contactée par franceinfo, l'entreprise G7 indique qu'elle condamne fermement l'incident, précisant que tous ses chauffeurs sont sensibilisés et que celui concerné par l'incident avec Timothée Adolphe a été immédiatement suspendu. L'entreprise dispose par ailleurs d'une flotte de 500 taxis équipés de rampes d'accès pour des fauteuils roulants.

Le sprinter français Timothée Adolphe raconte sa mauvaise expérience avec un taxi au micro franceinfo d'Agathe Mahuet

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