"Shadow and Bone" sur Netflix : un divertissement calibré ados, réjouissant mais prévisible

Diffusée depuis le 23 avril sur la plateforme de streaming, "Shadow and Bone : la saga Grisha" dessine les contours d'un univers fantastique riche et plaisant mais ne parvient pas à nous y embarquer totalement.

Article rédigé par
Mélisande Queïnnec - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Ben Barnes (Général Aleksander Kirigan) et Jessie Mei Li (Alina), les deux protagonistes de "Shadow and Bone : la saga Grisha". (COURTESY OF NETFLIX)

Très attendue, l'adaptation en série de la trilogie littéraire Grisha et du diptyque Six of Crows de Leigh Bardugo est disponible sur Netflix depuis deux semaines. Une série fantastique qui dépeint, en huit épisodes, le destin d'Alina Starkov, jeune orpheline devenue cartographe dans l'armée, confrontée à des événements imprévisibles. Le royaume maudit de Ravka - inspiré de la Russie tsariste - est divisé depuis des siècles par le "Fold", un épais brouillard dont les profondeurs cachent des monstres sanguinaires. Des conflits se nouent et se dénouent tandis que les Grishas - des mages aux pouvoirs spectaculaires - ont pour mission de protéger l'unité du pays.

Le Fold, lieu de tous les dangers

Dès les premières minutes, la série dévoile ce qui deviendra central tout au long de cette première saison : l'existence du Fold, un brouillard noir d'encre presque infranchissable. Vraie réussite visuelle, il sépare l'Est et l'Ouest de Ravka depuis sa création par un Grisha avide de pouvoir, "l'Hérétique noir". Rempli de créatures - les "Volcra" - le Fold a laissé en son sein les cadavres des milliers de personnes venues tenter leur chance de l'autre côté.

Orpheline et métisse dans un monde où les "Shu", minorité asiatique du nord du royaume, sont fortement discriminés, Alina Starkov ne peut compter que sur son meilleur ami Malyen "Mal" Oretsev, soldat de la Première Armée. Les deux ont grandi ensemble, aussi éloignés que possible de Grishas tantôt craints, tantôt admirés. Mais quand Mal rejoint une embarcation qui doit traverser le Fold pour se ravitailler à l'Ouest, la jeune cartographe décide de le suivre, au péril de sa vie. Une traversée déterminante pour sa propre destinée.

Jessie Mei Li (Alina Starkov) et Archie Renaux (Malyen "Mal" Oretsev). (ATTILA SZVACSEK/NETFLIX / SAB_AS_020720_0193)

L'univers de Leigh Bardugo, réinterprété dans Shadow and Bone : la saga Grisha - avec quelques différences qui pourront faire tiquer les fans les plus assidus du livre - est complexe et foisonnant. On suit avec intérêt les déchirements politiques et humains de Ravka tandis que d'un côté et de l'autre du Fold, les tensions montent pour s'emparer du pouvoir. C'est la richesse de cet environnement politique, social, économique, dévoilée à travers des personnages provenant de milieux variés, des lascars aux esclaves, des soldats dévoués à leur patrie aux déserteurs, qui permet à la série de gagner en profondeur.

Inabouti

On apprécie en apprendre davantage sur les Grishas, sorciers adeptes de ce qu'ils appellent la "petite science" - une manipulation des éléments qui s'éloigne de la définition traditionnelle de la magie. Ainsi que les questionnements religieux des habitants de Ravka, enflammés par la conviction de l'arrivée prochaine d'une Invocatrice de Lumière, seule capable de briser le maléfice du Fold. Mais si les cinq premiers épisodes s'enchaînent avec plaisir grâce à un rythme haletant et à des effets spéciaux très réussis, les trois derniers sont nettement moins bien menés.

Amita Suman (Inej Ghafa), Freddy Carter (Kaz Brekker), Archie Renaux (Malyen Oretsev) et Kit Young (Jesper Fahley). (DAVID APPLEBY/NETFLIX / SAB_DA_021820_15374)

Shadow and Bone souffre décidément des écueils habituels des programmes pour adolescents. Les histoires d'amour restent au coeur de la série, pimentées, comme souvent, par un triangle amoureux qui fera vibrer les plus romantiques. L'héroïne, au départ très attachante, finit par agacer tant elle peut paraître autocentrée. Les personnages qui gravitent autour d'elle manquent un peu de consistance et l'intérêt des intrigues secondaires, qui tournent parfois en rond, reste discutable.

Dommage pour ce programme prometteur qui voyait revenir, sur le petit écran, les britanniques Ben Barnes (Narnia, Le Portrait de Dorian Gray, Westworld) et Zoë Wanamaker, que les fans d'Harry Potter se feront un plaisir de reconnaître. Prévisible, la fin de la saison 1 ouvre malgré tout une large porte à une suite. Espérons simplement que celle-ci parvienne à redresser la barre : Ravka a, en tout cas, suffisamment de potentiel pour nous surprendre. 

L'affiche de la série "Shadow and Bone". (NETFLIX)

La fiche

Genre : Fantastique
Créée par : Eric Heisserer, adapté des livres de Leigh Bardugo
Acteurs : Ben Barnes, Jessie Mei Li, Archie Renaux, Zoë Wanamaker, Freddy Carter, Amita Suman, Luke Pasqualino...
Pays : États-Unis
Disponible sur : Netflix

Synopsis : Le royaume de la Ravka est maudit depuis des millénaires. Son destin repose désormais sur les épaules d'une orpheline. Alina a été recrutée par l'Armée pour accompagner les Grisha, de puissants magiciens qui luttent contre le brouillard maléfique qui déchire le pays. Quand son ami d'enfance frôle la mort lors de ce raid, Alina doit affronter ses peurs et sa destinée... Le monde des Grisha est dangereux et les pièges nombreux. À qui Alina pourra-t-elle accorder sa confiance, alors que la seule personne sur laquelle elle pouvait compter n'est plus en mesure de l'aider ?

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