"Le Serpent" sur Netflix : trois raisons de regarder la mini-série avec Tahar Rahim sur Charles Sobhraj, le "tueur de bikini"

Sur la plateforme depuis le 2 avril, "Le Serpent" met en lumière les agissements de l'escroc et tueur en série Charles Sobhraj, dit "Alain Gauthier", qui a fait trembler l'Asie du Sud-Est dans les années 1970.

Article rédigé par
Mélisande Queïnnec - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Tahar Rahim et Jenna Coleman interprètent Charles Sobhraj et Marie-Andrée Leclerc, un couple de tueurs en série qui ont fait trembler l'Asie du Sud-Est dans les années 1970. (NETFLIX)

Mini-série en 8 épisodes haletants, Le Serpent met en scène Charles Sobhraj (Tahar Rahim), "détrousseur de touristes" qui, dans les années 1970, droguait puis tuait des routards dans le but de les dépouiller et d'utiliser leur passeport. Accompagné de sa compagne et complice Marie-André Leclerc (Jenna Coleman), Charles Sobhraj administrait à ses victimes un poison, prétendant les soigner d'une dysenterie, afin de les garder sous son emprise. Dix-huit personnes seraient mortes de ses mains... On vous donne trois bonnes raisons de regarder la série, une jolie réussite coproduite avec la BBC et disponible sur Netflix depuis le 2 avril.

Les "Bonnie and Clyde" de la Thaïlande

C'est sous le pseudonyme d'Alain Gauthier - négociant en pierres précieuses - que Charles Sobhraj, accompagné de sa compagne Marie-Andrée "Monique" Leclerc, se présente à ses futures victimes, des touristes à l'âme de hippie et au portefeuille bien garni partis chercher la paix intérieure en Asie. Un coup préparé à l'avance : lui et son acolyte et bras-droit Ajay (Amesh Edireweera) les repèrent, dans des bars ou des guest houses. Puis ils les incitent à les rejoindre à Bangkok, où "Alain" loue un appartement au sein d'une vaste demeure avec piscine. De quoi passer des vacances inoubliables en charmante compagnie.

Drogués jusqu'à se penser malades, les touristes se laissent administrer sans broncher des "médicaments" qui les plongent dans un état plus inquiétant encore. Ils sont ensuite détroussés et, plus tard, au fur et à mesure que le mode opératoire du Serpent se précise, assassinés. Le tout avec la complicité d'Ajay et l'aval de Marie-Andrée, amoureuse et subjuguée par Charles au point de faire taire tous ses scrupules.

Le véritable Charles Sobhraj à New Dehli lors de son arrestation en 1977. (LUDWIG/SIPA)

Tahar Rahim est magistral (et méconnaissable) dans le rôle de cet homme aussi impitoyable qu'indéchiffrable, un agent-double charismatique et séducteur mais capable du pire. Le duo qu'il forme avec Jenna Coleman fonctionne à merveille : l'actrice, vue dans Doctor Who et Victoria, permet d'entretenir le suspense au fil des huit épisodes, toujours un challenge dans un biopic. À quel point est-elle prête à tout cautionner par amour ? Doit-on la plaindre ou condamner ses actes, elle qui apparaît tantôt complice, tantôt victime de son meurtrier de mari ? Les failles de ce couple singulier à l'allure de stars se dévoilent jusqu'à un épisode final percutant.

Des seconds rôles de qualité

Dans les années 1970, les régimes communistes se développent dans toute l'Asie du Sud-Est et la police locale de Bangkok tend à passer l'éponge sur les disparitions de touristes. Mais lorsque le diplomate néerlandais Herman Knippenberg (le charismatique Billy Howle, vu dans Dunkerque) est informé par la famille d'un couple de la disparition de ce dernier, il commence à mener l'enquête... Jusqu'à comprendre l'implication de Sobhraj, déterrer les cadavres et se battre pour rendre justice aux victimes.

Investis dans l'affaire, Herman et sa femme sont rejoints par d'autres personnages étoffés (Paul Siemons, Remi et Nadine Gires...), qui deviennent capitaux au fil de la série et permettent, en filigrane, de mieux saisir la personnalité de Sobhraj. 

Billy Howle (Herman Knippenberg) et Tim McInnerny (Paul Siemons) dans "Le Serpent". (NETFLIX)

La trame de l'enquête se dessine peu à peu avec des sauts dans le temps très fréquents. S'ils ne nuisent généralement pas trop à la compréhension de l'histoire, ils peuvent en tout cas fatiguer : une seconde d'inattention et l'on a tôt fait de perdre le fil des événements. Un point négatif qui n'amoindrit pas, toutefois, la tension présente durant les huit épisodes. 

Dépaysement garanti

L'esthétique de la mini-série est aussi colorée et lumineuse que l'histoire de Charles Sobhraj et Marie-Andrée Leclerc est noire. Difficile de ne pas se sentir dépaysé devant les couleurs vives et chaudes de la Thaïlande et la beauté des reliefs népalais traversés par Charles et Ajay. La série restitue avec une certaine fidélité l'ambiance des années 1970 : musique et costumes dans Le Serpent ont été pensés pour nous embarquer loin, très loin de notre salon. Et ça marche : on lui pardonnerait tous ses défauts.

L'affiche du "Serpent". (NETFLIX)

La fiche

Genre : Thriller, biopic
Créée par : Richard Warlow et Toby Finlay
Acteurs : Tahar Rahim, Jenna Coleman, Billy Howle, Ellie Bamber, Amesh Edireweera...
Pays : Royaume-Uni
Disponible sur : Netflix

Synopsis : L'histoire de l’escroc Charles Sobhraj et les tentatives remarquables du diplomate néerlandais Herman Knippenberg pour le traduire en justice. Se faisant passer pour un négociant en pierres précieuses, Charles Sobhraj et sa compagne Marie-Andrée Leclerc voyagent à travers la Thaïlande, le Népal et l’Inde entre 1975 et 1976, commettant sur leur passage une série de crimes sur le "Hippie Trail" asiatique.

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