"Impossible de rester à se morfondre" : Hervé et ses pairs, nommés révélations aux Victoires de la musique 2021, restent combatifs

Face à l'adversité et à l'arrêt des concerts, les jeunes pousses de la musique française ne se laissent pas abattre. Débrouillardise, création de label, imagination et travail acharné promettent d'en faire de grands artistes encore plus aguerris que leurs aînés.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Le jeune chanteur Hervé et son enthousiasme XXL à l'Olympia le 6 octobre 2020, lors de la 3e édition du Psychodon (soirée caritative en faveur de la recherche pour la prévention des maladies mentales). (SADAKA EDMOND / SIPA)

"Sortir un album et démarrer dans ce métier maintenant, avec ce contexte, c'est extrêmement difficile, on n'a jamais vu l'équivalent de cette situation", souligne Romain Vivien, président des Victoires de la Musique (et directeur général de la structure musicale Believe), qui ont dévoilé lundi 11 janvier les nominations de l'édition 2021 prévue le 12 février. 

Pour autant, pas question de se lamenter : face à l'arrêt des concerts et à la crise sanitaire qui a brisé l'élan de carrières naissantes, les jeunes artistes nommés dans la catégorie révélations des Victoires se montrent combatifs, comptant sur l'imagination et la débrouillardise.

Hervé : "Je peux faire des trucs dans ma chambre", sans budget

"Quand le confinement arrive, le premier ou le deuxième, je le vis très mal, mais ça ne dure qu'un quart d'heure, après c'est ok, faut qu'on fasse un live filmé, si on peut le faire à l'Olympia (sans public), on le fait", raconte Hervé, 28 ans, nouvelle voix sensible de la chanson française à l'enthousiasme XXL remarqué pour son premier album Hyper sorti en juin 2020.

Pour lui, qui vient d'être nommé révélation masculine en compagnie de Hatik et Noé Preszow, "impossible de rester à se morfondre, alors on sort le single Si bien du mal, on sort des clips, on va se démerder, je reprends mes facultés de monteur (pour les vidéos), certains aiment sortir des trucs avec de gros budgets, je peux faire des trucs dans ma chambre avec mon téléphone".

Yseult : "C'est moi qui mène mon bateau"

La chanteuse Yseult, nommée révélation féminines aux côtés de Clou et Lous and the Yakuza, prend elle aussi son destin en main, et de A à Z. "Je manage et produis mon projet, j'ai créé mon propre label, je ne suis plus dans les rouages de la grosse industrie", a-t-elle expliqué à quelques journalistes lundi 11 janvier en marge de l'annonce des nommés aux Victoires de la Musique 2021. "C'est moi qui mène mon bateau", poursuit-elle, "mon attachée de presse, ma cheffe de projet, mon directeur marketing, attendent un mot de ma part, ma stratégie".

La jeune chanteuse, repérée dans l'émission Nouvelle Star et que les mini-albums Noir et Brut ont confirmée, incarne cette nouvelle vague qui n'attend pas le coup de téléphone d'un producteur. "Je n'ai pas eu peur, de toute façon, je n'ai pas de plan B, je me dois de réussir, à moi de créer de nouveaux modèles pour développer mon projet dans le temps".

Lous and the Yakuza : "Je travaille énormément tous les jours"

"Via les réseaux sociaux, la nouvelle génération se construit différemment des générations précédentes. Il y a eu énormément d'évènements en digital en confinement, la transition entre tout et rien n'a jamais existé chez moi, je suis passée de tout à un autre type de tout, je travaille énormément tous les jours", prolonge Lous and the Yakuza, dans la lumière ces dernières semaines avec son premier album Gore.

Hatik : "Il faut juste trouver la bonne idée"

Le jeune rappeur Hatik, héros et révélation de la série Validé de Franck Gastambide sur le rap français, qui a triomphé sur Canal+ lors du premier confinement, ne connaît pas non plus l'abattement. "La nouvelle génération, elle a tellement d'armes pour faire de la musique, il faut juste trouver la bonne idée, confinement ou pas confinement", analyse-t-il au micro de l'AFP.

Le parcours non-linéaire de ces nouveaux talents (Lous a vécu un temps dans la rue avant de percer, Hatik et Hervé ont cumulé des petits boulots) leur a aussi permis d'encaisser les coups et d'anticiper des jours meilleurs.

"Quand le premier confinement arrive, j'ai fait deux dates et après une semaine de repos, je dois aller faire des concerts à Nantes et Rennes. Le mini-bus est en bas de chez moi et j'apprends qu'il n'y aura pas de concert", se souvient Hatik, salué sur disque avec Chaise pliante. "En septembre, la tournée est encore annulée. Le seul truc que je me dis c'est : faisons un bel album (prévu pour mars) pour offrir de la musique aux gens en 2021, comme ça on aura encore plus de musique à chanter en concert".

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