Christine Angot remporte le prix Medicis 2021 pour son roman "Le Voyage dans l'Est"

Dans ce livre, l'écrivaine revient sur l'inceste dont elle a été victime de la part de son père. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Christine Angot, à Cannes (Alpes-maritimes), le 19 mai 2017. (MAXPPP)

Après le prix Femina décerné le 25 octobre, la saison des prix se poursuit avec le prix Medicis. Son jury, réuni dans un restaurant du quartier de l'Odéon à Paris le 26 octobre, a couronné Christine Angot pour Le Voyage dans l'Est (éd. Flammarion).

Avec ce nouveau roman, l'un des livres les plus remarqués d'une rentrée littéraire 2021 marquée par plusieurs romans évoquant des histoires de parents nocifs, la romancière de 62 ans revient sur l'inceste dont elle a été victime de la part de son père. 

"C'est très important", a remercié la romancière en recevant son prix, très émue. Interrogée par la presse, elle a dit être heureuse pour ceux qui l'entourent. "Ça compte vraiment (...) C'est-à-dire qu'il y a des gens qui sont là, qui vous aident, qui vous soutiennent, qui manifestent qu'ils sont avec vous", a-t-elle expliqué.

"Je suis soutenue depuis très longtemps"

Le traumatisme de son enfance et de sa jeunesse, l'inceste commis par son père, Christine Angot l'a raconté pour la première fois dans L'inceste (1999), puis dans Une semaine de vacances, en 2012. Elle en avait également décrit la génèse dans Un amour impossible, en 2015. La romancière revient une fois encore sur les horreurs comises par son père incestueux dans Le voyage dans l'Est, toujours en lice pour le Goncourt. "Il n'y a plus d'espoir. Il n'y a plus l'idée que la vie est là et qu'elle réserve quelque chose dans l'avenir", confiait Christine Angot dans une interview à Brut.

L'inceste, elle avait 13 ans quand elle l'a subi pour la première fois. Ses conséquences, elle les subira toute sa vie. Christine Angot témoigne.
BRUT
 

"Quand vous écrivez vous êtes absolument seule et c'est très bien comme ça, et c'est aussi ce qui m'intéresse dans le fait d'écrire. Mais moi il y a des gens qui me disent : on est là, on entend, on lit, on voit, on comprend, on soutient", a souligné la romancière, ajoutant : "Je suis soutenue depuis très longtemps, en fait".

Le jury a également distingué le Suédois Jonas Hassen Khemiri pour La Clause paternelle (éd. Actes Suddans la catégorie roman étranger et Jakuta Alikavazovic pour Comme un ciel en nous (éd. Stock) dans la catégorie essai.

En 2020, c'est Chloé Delaume qui avait remporté le prix dans la catégorie roman français pour Le Cœur synthétique (éd. Seuil). Antonio Munoz Molina (Un promeneur solitaire dans la foule) et Karl Ove Knausgaard (Fin de combat) avaient remporté le prix Médicis du roman étranger et celui de l'essai.

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