Le chanteur Marcel Amont, vedette du music-hall, est mort à l'âge de 93 ans

L'artiste aux 75 années de carrière s'est éteint à son domicile de Saint-Cloud, à l'ouest de Paris.
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France Télévisions Rédaction Culture
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Le chanteur Marcel Amont en 1964. (GEORGES CHEVRIER / INA)

La chanson Bleu, blanc, blond, c'était lui. Le Mexicain, aussi. Le chanteur Marcel Amont, vedette du music-hall, est décédé à l'âge de 93 ans, selon un communiqué de sa famille transmis à l'AFP, dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 mars. L'artiste bondissant et show-man fantaisiste, aux 75 années de carrière, s'est éteint à son domicile, à Saint-Cloud, à l'ouest de Paris. "Marcel Amont a fait bondir des millions de cœurs à travers le monde", a réagi la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, sur Twitter. 

Il faisait partie d’une génération d’artistes nés dans les années 20. Après plusieurs succès dans les décennies 1950, 1960 et 1970, il avait quelque peu été relégué au deuxième plan de l'industrie musicale. Mais il avait gardé une vivacité d’esprit et une curiosité le poussant à écrire son premier roman à 92 ans. 

Premiers succès dans les années 50

Marcel Jean-Pierre Balthazar Miramon nait le 1er avril 1929 à Bordeaux. Ses parents Modeste Miramon et Romélie Lamazou étaient des paysans autodidactes natifs d’Etsaut dans la vallée d'Aspe (Pyrénées-Atlantiques), installés dans la capitale girondine et reconvertis, lui en employé des chemins de fer, elle en infirmière. Après le baccalauréat, Marcel Amont hésite entre une carrière d'enseignant d'éducation physique et le Conservatoire d'art dramatique. Il s’oriente finalement vers la comédie, puis la chanson. Il débute dans la région bordelaise, puis il part pour Paris en 1950 où il se fait peu à peu un nom dans la plupart des cabarets des deux rives (Villa d'Este, La Fontaine des Quatre-Saisons, etc.).

Après la tournée de Jean Nohain en première partie de Philippe Clay en 1953, où il manque de mourir après le spectacle de Bordeaux et doit faire un an de sanatorium, il connaît véritablement le succès en 1956 avec son premier disque, Escamillo, qui devient vite un tube.

Il monte sur la scène de l’Olympia en première partie d’Edith Piaf, puis est sacré "révélation de l'année" et reçoit le Prix de l'Académie Charles-Cros, en même temps que Serge Gainsbourg et Juliette Gréco. Les tubes s’enchainent : Tout doux tout doucement, et Bleu, blanc, blond, deux adaptations de succès américains.

Consécration dans les années 60

Trois mois et demi à guichets fermés pour un récital à Bobino en 1962, des chansons signées Claude Nougaro ( Le Balayeur du roy, Porte-plume, Le Tango des jumeaux, Le Jazz et la java), cinq semaines à L’Olympia en 1965 avec des danseuses sur scène, innovation à l’époque, le succès de Marcel Amont durant les sixties ne faiblit pas. Le 1er octobre 1967, il anime la première émission en couleur de l'histoire de la télévision française, Amont Tour. Mais les années 60 sont surtout celles du plus grand tube de sa carrière : Le Mexicain, écrit par Charles Aznavour.

Populaire mais respecté dans la profession

Parallèlement aux succès légers, aux scénographies avec danseuses, choristes et cascadeurs à l’Olympia en 1970, ou son penchant pour les imitations et la comédie, il garde une certaine estime dans le milieu de la chanson française, notamment grâce au morceau Le Chapeau de Mireille que lui offre son ami Brassens en 1974. Une première pour "Tonton Georges" qui jusque-là avait toujours interprété lui-même ses chansons.

Cette reconnaissance vaut à Marcel Amont d’avoir des chansons écrites par Julien Clerc, Alain Souchon ou Maxime Le Forestier. Même s’il se fait plus rare médiatiquement durant les années 80 et 90, cela ne l’empêche pas de se produire en tournée dans le monde entier, notamment au Japon, en Russie, à San Francisco ou à Rome.

Sur scène jusqu’à la fin

Marcel Amont n’a jamais quitté la scène. Il est resté très actif durant les décennies 2000 et 2010, que ce soit à travers les tournées Âge tendre, de nombreux duos avec entre autres Agnès Jaoui, Gérard Darmon, Didier Lockwood, Biréli Lagrène, des albums jusqu’à récemment avec Par-dessus l'épaule en 2018, et plusieurs spectacles dont un concert exceptionnel à l'Alhambra en 2019 pour ses 90 ans. Il avait alors été rejoint sur scène par une vingtaine d’invités dont entre autres Maxime Leforestier, Serge Lama, Gérard Lenorman, Nicoletta, Michel Jonasz, François Morel...

Quelques rôles au cinéma et à la télévision

Dès les années 50, Marcel Amont est apparu dans des seconds rôles au cinéma. Il a notamment débuté aux côtés de Brigitte Bardot dans La mariée est trop belle de Pierre Gaspard-Huit en 1956. Il a incarné Jean de La Fontaine dans le téléfilm Molière pour rire et pour pleurer de Marcel Camus en 1973. Plus récemment il a joué dans l’épisode Chaos dans le vin noir de la série Le Sang de la vigne, diffusée sur France 3. En 1984 il était interviewé pour son premier rôle dans le film Les Maîtres du soleil, de Jean-Jacques Aublanc.

Auteur de livres sur la chanson et romancier sur le tard

Au cours de sa carrière, Marcel Amont a publié une dizaine de livres autour de ses chansons ( Une chanson, qu'y a-t-il à l'intérieur d'une chanson ? en 1989, Ça se dit, ça s'écrit, ça se chante en 2000) de ses origines gasconnes ( Comment peut-on être gascon ? en 2001) ou de sa correspondance avec ses pairs ( Lettres à des amis en 2014). À 92 ans, il a écrit son premier roman Adieu la belle Marguerite, paru en 2021 aux éditions Cairn.

"Adieu la belle Marguerite", l'unique roman de Marcel Amont, paru en 2021 (éditions Cairn)

Encore récemment, Marcel Amont affichait une santé de fer et un enthousiasme digne d’un jeune de vingt ans. Il disait vouloir chanter jusqu’à ses 100 ans. La vie en a décidé autrement, et il n’aura pas pu réaliser totalement son rêve. Malgré tout, il a parcouru avec brio pas moins de sept décennies sur le devant de la scène et reste un exemple de longévité dans le patrimoine culturel français.

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