Tour de France 2022 : la crainte d'être rattrapés par le Covid-19 gagne les coureurs

Alors que se profilait il y a encore quelques semaines une édition épargnée par le Covid-19, la récente hausse du nombre de cas inquiète le peloton.

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De notre envoyé spécial à Copenhague - Théo Gicquel
France Télévisions
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Alexander Kristoff (au centre) et les coureurs de la formation Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, le 29 juin 2022. (MARTIN SYLVEST / RITZAU SCANPIX / AFP)

Finalement, le Tour de France 2022 devra bien composer avec le Covid-19. Après deux éditions tronquées par le virus, la Grande Boucle imaginait pouvoir éviter une nouvelle vague de l'épidémie et passer enfin l'été loin des masques et des tests PCR. En quelques semaines, cet espoir s'est envolé. 

Le dernier coup de massue est arrivé le 17 juin : au matin de la sixième étape du Tour de Suisse, une trentaine de coureurs a été testée positive et donc contrainte à se retirer immédiatement de la course. "C'est difficile. On s'aperçoit que dans notre entourage, il y a de plus en plus de gens positifs", a avancé le manager de Cofidis, Cédric Vasseur, à la veille du départ du Tour de France.

"Ça ressemble quasiment à un cauchemar"

"J'ai vraiment beaucoup de craintes au moment d'aborder ce Tour de France, le plus de craintes depuis ces trois dernières années : 2020 a été une année compliquée, on a été confinés mais ça s'est plutôt bien passé sur le Tour de France, en 2021 aussi, a expliqué l'ancien coureur. Et là, ça ressemble quasiment à un cauchemar"

Acteurs de la course, ils sont fatalement les plus punis en cas de test positif avec symptômes puisqu'ils pourraient devoir quitter la course. Sollicités de toutes parts pendant trois semaines, certains craignent de se retrouver victimes d'un manque de vigilance du public quant au port du masque ou des gestes barrières. "On est quasiment les seuls à faire attention. Ces deux dernières années, la population prenait plus de précautions : désormais, les restrictions sont levées, plus personne n'a envie de se prendre la tête avec ça, même les hôteliers ne portent plus le masque. Sauf que nous, on est au milieu de tout ça, et si on a un test positif, on doit quitter la course", pestait Benoît Cosnefroy dans les colonnes de L'Equipe au moment des Championnats de France le 25 juin.

Le nouveau règlement dévoilé par l'UCI mercredi confiera désormais à trois médecins la décision d'isoler ou non un coureur positif. Comprendre : les concernés ne quitteront pas systématiquement le Tour. De quoi brouiller le message pour les acteurs. "Ça fait sept mois que tout le monde se prépare. Si un jeune de 25 ans, en forme et en pleine santé subit un test positif mais qu'il n'a aucun symptôme ? Je ne sais pas, je ne suis ni médecin ni chercheur mais je vois le travail fourni, le message n'est pas clair là-dessus", soulignait Romain Bardet mercredi.

Flou autour des coureurs asymptomatiques

Bryan Coquard, déclaré positif asymptomatique la veille du départ, a dû plier bagage sur décision de son équipe, Cofidis, sans broncher, mais forcément déçu. "On y a cru jusqu'au bout, mais le test PCR de ce matin [jeudi] s'est avéré positif. Je préférerais être malade et cloué au lit et ne pas pouvoir bouger. Je n'ai aucun symptôme, je n'ai même pas le nez qui coule ni mal à la gorge ni à la tête. C'est d'autant plus frustrant dans ce cas-là. C'est un peu bizarre mais c'est comme ça."

Ainsi, pour la première fois, le Covid-19 a poussé des coureurs à quitter l'épreuve avant même qu'elle n'ait démarré. "Ça laisse une vraie cicatrice et pour longtemps. Car le Tour, quand on y va une première fois, on tombe amoureux de ce truc-là, il y a un parfum assez spécial. On a envie d'y revenir, d'y briller. Donc avec le Covid, tu te dis que le travail que tu as fait part en fumée", constate le consultant de France Télévisions Yoann Offredo.

L'équipe du tenant du titre Tadej Pogacar passe masquée devant le public lors de la présentation des équipes, le 29 juin 2022. (BO AMSTRUP / RITZAU SCANPIX)

Pour autant, malgré les nouvelles mesures et le spectre d'un test positif, le peloton sait aussi relativiser : pour l'instant, la course a bien lieu, malgré certaines limites. "Le plus embêtant pour la fête, c'est que des directives de la course nous ont recommandé de ne pas signer d'autographes ou d'éviter les photos, c'est ce qui est un peu dommage. Mais on doit tous respecter ces mesures car malheureusement il y a un vrai rebond et tout le monde est un peu sur le fil du rasoir", soufflait Romain Bardet lors de la présentation des équipes.

Toujours philosophe, Guillaume Martin, le leader de la formation Cofidis, garde la tête froide. "Oui il y a du stress supplémentaire lié au risque sanitaire. Mais c'est mon sixième Tour maintenant et mon troisième en temps de Covid, donc par la force des choses j'ai appris à m'habituer à tout ça. Je reste relativement serein et détendu à l'abord de ce Tour de France."Tout comme le Français, les coureurs entendent esquiver le virus pendant trois semaines, afin d'espérer rallier Paris.

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