Violences sexuelles dans le patinage : le parquet de Paris ouvre une enquête pour "viols" et "agressions sexuelles"

L'enquête, ouverte le 4 septembre et confiée à la Brigade de protection des mineurs, vise à "identifier et localiser les potentielles victimes".

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France Télévisions
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Les patins de la championne finlandaise de patinage artistique Emmi Peltonen en janvier 2019. (Photo d'illustration)  (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

Une enquête pour "viols" et "agressions sexuelles" par personne ayant autorité sur mineur a été ouverte, indique le parquet de Paris jeudi 10 septembre, après un rapport dévoilé en août de l'Inspection générale du ministère des Sports mettant en cause une vingtaine d'entraîneurs de patinage.

Cette enquête, ouverte le 4 septembre et confiée à la Brigade de protection des mineurs, vise à "identifier et localiser les potentielles victimes et déterminer les parquets compétents" en France pour chaque cas, a précisé le parquet de Paris, qui avait déjà ouvert en février une enquête après les accusations de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol contre son ex-entraîneur Gilles Beyer.

"Plus d'une vingtaine d'entraîneurs" de danse sur glace "seraient mis en cause" dans des affaires de violences sexuelles, physiques ou verbales dans le milieu du patinage, avait dénoncé le rapport de l'inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR), publié le 4 août. L'IGESR estimait que l'organisation fédérale du patinage artistique a "favorisé une forme d'omerta", que des faits peuvent relever du pénal, et annoncait qu'elle avait transmis son rapport au procureur de la République du tribunal judiciaire de Paris. Le ministère de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports avait précisé que 12 entraîneurs étaient mis en cause "pour des faits de harcèlement ou d'agressions sexuelles, trois d'entre eux ont été condamnés, dans le passé, à des peines d'emprisonnement, fermes ou assorties d'un sursis".

Des affaires sans équivalent

Pour le ministère, "le volume des affaires" identifiées dans le rapport n'avait aucun "équivalent au plan international". Surtout, il est "révélateur de pratiques et de comportements reproduits, qui ont traversé des générations d'entraîneurs dans les principales disciplines de la FFSG", avait souligné le ministère. La mission d'enquête égratignait le fonctionnement fédéral marqué par "une forte concentration des pouvoirs", qui n'a pu que "favoriser une forme d'omerta sur les soupçons qui pesaient à l'égard d'entraîneurs et a pu conduire à l'absence de procédures disciplinaires".

A la suite des révélations de Sarah Abitbol, le président pendant plus de vingt ans de la FFSG, Didier Gailhaguet, avait été contraint de démissionner de son poste début février. Ses avocats, Vincent Brengarth et William Bourdon, avaient dénoncé la "partialité" de l'IGESR. Ils déploraient que "l'ensemble des critiques se focalise de manière exclusive sur la personne de Monsieur Didier Gailhaguet", à qui il était reproché de n'avoir pas alerté sur ces soupçons, dont il aurait eu connaissance, au moins en partie.

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