Christopher Froome dévoile ses données physiologiques, pour faire taire les accusations de dopage

Alors que ses performances ont fait couler beaucoup d'encre sur le Tour de France, le champion britannique a réalisé des tests de performance au mois d'août. Les résultats ont été dévoilés dans le magazine "Esquire".

Le double vainqueur du Tour de France, Christopher Froome, le 24 octobre 2015 à Saitama (Japon).
Le double vainqueur du Tour de France, Christopher Froome, le 24 octobre 2015 à Saitama (Japon). (TOSHIFUMI KITAMURA / AFP)

La 10e étape du Tour de France 2015 a fait date. A la lutte avec Alberto Contador et Nairo Quintana sur les pentes du col de Soudet, le Britannique Christopher Froome place une accélération qui méduse les observateurs et plante ses adversaires. A l'époque, l'épisode relance le débat sur le dopage et sur les performances physiologiques des coureurs.

Cinq mois après l'épreuve, Christopher Froome a finalement dévoilé ses données physiologiques, dans le magazine américain Esquire (en anglais). Le champion s'est plié à des tests réalisés dans un laboratoire de Londres (Royaume-Uni), cet été, où ses performances ont été épluchées dans le détail. Lors de ce test, le champion a atteint un pic de 525 watts, et a maintenu une puissance de 419 watts sur une durée de vingt à quarante minutes, rapporte L'Equipe, ce qui représente 6,25 w/kg. Pour rappel, une personne développe 500 watts quand elle soulève 50 kg à la vitesse de 1 m/s.

Un débat d'experts en perspective

L'ancien entraîneur de Festina Antoine Vayer prône depuis longtemps le modèle développé par l'ingénieur Frédéric Portoleau, qui classe plusieurs seuils de performance : "suspicieux" (> 410 w), "miraculeux" (> 430 w) et "mutant" (> 450 w). Sur la base de ces travaux, Christopher Froome ferait donc partie des coureurs suspects. "6,2 w/kg est un chiffre tout à fait réalisable par Chris pendant vingt minutes", rétorque le physiologiste Chris Swart, présent lors du test. Cet argument est battu en brèche par Antoine Vayer : "Qu'en sait-il ? Et ce médecin connaît-il seulement le cyclisme ?"

> Tour de France : mais à quoi correspondent les watts développés par les coureurs ?

Lors du Tour de France, en plein débat sur le dopage, certains ont réclamé la mise en place d'un passeport physiologique, afin de tracer la puissance développée par les coureurs lors des efforts, en toute transparence. Le médecin de la FDJ, Frédéric Grappe, a ainsi mis en place un "profil de puissance record", qu'il nourrit avec de nombreuses données, comme la puissance ou le rapport poids-taille.