Tennis : finale à Melbourne, victoire en Coupe Davis, regrets à Roland-Garros... Les cinq moments marquants de la carrière de Jo-Wilfried Tsonga

A 37 ans, Jo-Wilfried Tsonga, qui a mis fin à sa carrière à Roland-Garros mardi, possède l'un des plus beaux palmarès du tennis français, avec 18 titres remportés sur le circuit.

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Jo-Wilfried Tsonga et Novak Djokovic, le 27 janvier 2008, après la finale de l'Open d'Australie. (TORSTEN BLACKWOOD / AFP)

Il a décidé de tirer sa révérence. Jo-Wilfried Tsonga, actuel 220e mondial et ancien numéro 5 à l'ATP, a disputé le dernier match de sa carrière, mardi 24 mai, à Roland-Garros. Une page se tourne pour le tennis tricolore, qui voit l'un de ses mousquetaires les plus titrés se retirer. Avec 18 titres, dont deux Masters 1000, le Manceau possède le deuxième plus beau palmarès du tennis masculin tricolore derrière Yannick Noah dans l'ère professionnelle. S'il a souvent touché du doigt le titre en Grand Chelem, il n'a jamais réussi à décrocher l'un des quatre majeurs pour succéder à Noah, vainqueur de Roland-Garros en 1983. 

Malgré une carrière passée en plein coeur du règne du Big 4 (Federer, Nadal, Djokovic et Murray), le Manceau est parvenu à se frayer un chemin et à comptabiliser 45 victoires contre le Top 10. Tsonga s'est même imposé deux fois contre chacun des membres du Big 4, atteignant la finale du Masters en 2011. Retour sur cinq moments qui ont marqué sa carrière.

2008 : le premier coup d'éclat avec la finale à Melbourne

Le tournant de la carrière de Jo-Wilfried Tsonga s'écrit à Melbourne, quatre ans après ses débuts sur le circuit professionnel en 2004. En janvier 2008, le joueur de 22 ans est encore relativement peu connu, bien que 38e mondial. Mais, à Melbourne, il marque le tournoi de son empreinte. Il fait d'abord sensation en éliminant au premier tour Andy Murray alors tête de série numéro 9.

Il enchaîne les victoires et écarte successivement Sam Warburg, Guillermo García-López et son compatriote Richard Gasquet en huitième de finale, avant d'éliminer le Russe Mikhail Youzhny 14e joueur mondial. Nouvel exploit en demi-finale, où Tsonga bat avec autorité l'Espagnol Rafael Nadal en trois petits sets. Le numéro 2 mondial, déjà triple vainqueur de Roland-Garros, confiera même après sa défaite avoir eu le sentiment de lutter contre une "avalanche qu'il ne pouvait pas arrêter".

Novak Djokovic et Jo-Wilfried Tsonga posent avec leurs trophées respectifs après leur finale lors de l'Open d'Australie, le 27 janvier 2008.  (GREG WOOD / AFP)

Mais son rêve s'arrête en finale à cause du numéro 3 mondial de l'époque, le Serbe Novak Djokovic, qui s'impose en quatre sets (6-4, 4-6, 3-6, 6-7) et remporte ainsi son premier tournoi du Grand chelem. Malgré cette finale perdue, Tsonga réalise un parcours incroyable qui lui permet d'intégrer le Top 20 mondial pour la première fois (18e). "Je n'étais pas dans mon monde. Je passais du mec qui est 300e mondial, à qui on donnerait presque un petit morceau de pain pour manger, au gars qui est là, devant 15 000 personnes qui crient son nom !", se remémorera des années plus tard le Français.

2008 : premier Masters 1000 à Bercy

L'année 2008 se termine de la meilleure des manières pour Jo-Wilfried Tsonga, alors âgé de 23 ans. Après sa finale perdue à Melbourne, il conserve la même dynamique et enchaîne en remportant son premier titre à Bangkok, puis son premier Masters 1000, à Bercy. Surmotivé devant le public français, Tsonga réussit un parcours sans faute en écartant de son chemin quatre des onze meilleurs joueurs du monde : le Serbe Novak Djokovic, les Américains Andy Roddick et James Blake, puis l'Argentin et tenant du titre David Nalbandian en finale (6-3, 4-6, 6-4).

Jo-Wilfried Tsonga a remporté le Masters 1000 de Paris-Bercy, face à l'Argentin David Nalbandian, le 2 novembre 2008.  (PHILIPPE LECOEUR / MAXPPP)

Fidèle à son jeu, il étouffe son adversaire en finale grâce à sa qualité de première balle et son jeu puissant en fond de court. "Je n'ai pas de mots pour décrire ce qui s'est passé cette semaine, c'est juste incroyable. J'ai gagné un tournoi que tout le monde rêve de gagner", avait-il déclaré après sa finale. Après Guy Forget en 1991 et Sébastien Grosjean en 2001, il est le troisième Français à s'imposer à Bercy. C'est aussi  le dernier à ce jour. Ce succès lui permet ensuite de participer aux Masters, qui réunit les huit meilleurs joueurs de la saison. Il grimpe à la fin de la saison au 6e rang mondial. 

2011 : une victoire spectaculaire face à Roger Federer et demi-finale à Wimbledon 

Cette année-là, Jo-Wilfried Tsonga se hisse en quart de finale de Wimbledon où il retrouve le Suisse Roger Federer, 3e à l'ATP et déjà six fois couronné sur le gazon londonien. Alors mené deux sets à rien, le Tricolore réussit à renverser complètement l'issue de ce match et s'impose (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-4). "C'était fabuleux. Je suis tellement content, c'est fou. C'est le plus grand champion de mon sport. Je suis tellement heureux de le battre, surtout sur gazon, sa surface préférée", se réjouit-il après sa victoire. C'est aussi la première défaite en carrière du Suisse en Grand chelem après avoir mené deux sets à zéro.

Tsonga se qualifie en demi-finale de Wimbledon après sa victoire sur le Suisse Roger Federer, le 29 juin 2011. (LEON NEAL / AFP)

En demi-finale, il retrouve le numéro 2 mondial Novak Djokovic, pour leur huitième confrontation. Le Serbe, qui deviendra numéro 1 mondial à l'issue du tournoi, s'impose en quatre sets 7-6, 6-2, 6-7, 6-3. Malgré sa défaite, Tsonga prend encore de la confiance, et cela se conclut par sa deuxième participation au Masters, avec, cerise sur le gâteau, une finale perdue contre... Roger Federer. Cette montée en puissance se traduira dès l'année suivante par plusieurs belles performances : un quart de finale à Roland-Garros, devenant ainsi le premier Français de l'ère Open à atteindre ce niveau dans les quatre "Majeurs",  une nouvelle demi-finale à Wimbledon (battu par John isner). Il termine l'année au 5e rang mondial, son meilleur classement. Et il se pare d'argent aux Jeux olympiques de Londres en 2012, en étant battu en finale du double par les frères Bryan, alors qu'il était associé à Mchaël Llodra.

2013 : le regret de la demi-finale perdue à Roland-Garros

L'édition 2013 de Roland-Garros semble sourire à Jo-Wilfried Tsonga. Un an après son premier quart de finale à Paris (perdu contre Djokovic), le Manceau enchaîne les victoires, dont une nouvelle face à Roger Federer, alors 3e mondial, en trois manches, qui lui permet de se hisser en demi-finale. Trentre ans après la sacre de Yannick Noah, l'histoire paraît enfin mener un Français vers les sommets sur la terre parisienne. D'autant que son adversaire David Ferrer (5e à lATP) paraît à sa portée. Mais Tsonga passe totalement à côté de ce rendez-vous. 

Jo-Wilfried Tsonga s'incline en trois sets face à David Ferrer en demi-finale de Roland-Garros, le 7 juin 2013.  (THOMAS COEX / AFP)

Le Français ne parvient pas à se relâcher, ni à trouver son rythme. Il s'incline en trois sets (6-1, 7-6, 6-2), et l'Espagnol se qualifie en finale de Grand Chelem pour la première fois de sa carrière. Le sentiment d'inachevé est énorme. Après le match, "j'avais envie de tout casser, de me mutiler", déclare Tsonga, frustré de n'avoir pu montrer son meilleur niveau devant "son" public. Sa défaite, en 2015, contre Stan Wawrinka en quatre manches le laisse "déçu mais je n'ai pas de regrets".

2017 : la conquête du Saladier d'argent

Hormis les Grands Chelems, le saladier d'argent manquait encore à son palmarès. Ligne cochée en 2017. La France efface ses désillusions passées, notamment celle de la finale perdue en 2014 face à la Suisse. Cette désillusion face aux Helvètes était aussi celle de Tsonga, alors blessé et inapable de défendre ses chances, qui ne veut pas revivre ce même scénario. De toutes les campagnes depuis son premier match en 2008, la Coupe Davis lui tenait à coeur. Yannick Noah, alors aux commandes de l'équipe de France, forme son équipe autour de lui.

En 2017, la France remporte la Coupe Davis. Nicolas Mahut, Julien Benneteau, Yannick Noah, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga posent avec le trophée, le 26 novembre 2017.  (DENIS CHARLET / AFP)

En finale, face à la Belgique, il remet les Bleus à égalité en battant Steve Darcis le premier jour. Si le lendemain il échoue à renouveler sa performance contre David Goffin, Lucas Pouille délivre les Bleus et permet de soulever le Saladier d'argent, le dixième de son histoire, seize ans après le dernier conquis en 2001.

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