Roland-Garros 2022 : Iga Swiatek, l'épatante et décomplexée patronne du tennis féminin

La Polonaise de 21 ans, numéro 1 mondiale depuis avril, a assis son autorité sur le circuit féminin en remportant son second titre du Grand Chelem, samedi à Roland-Garros.

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France Télévisions
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La Polonaise Iga Swiatek a remporté son deuxième tournoi du Grand Chelem le 4 juin 2022, en s'imposant en finale de Roland-Garros contre l'Américaine Coco Gauff. (MINE KASAPOGLU / ANADOLU AGENCY via AFP)

Depuis le début de l’année 2022, il y a Iga Swiatek et les autres. Plus dominante que jamais porte d'Auteuil, la Polonaise de tout juste 21 ans est la reine incontestée du circuit féminin. Après sa victoire à la surprise générale en octobre 2020, Swiatek, ultra-favorite cette année, a décroché une deuxième Coupe Suzanne-Lenglen, en surclassant samedi 4 juin la prodige américaine Coco Gauff en finale de Roland-Garros (6-1,6-3). Un nouveau sacre qui vient couronner trois mois de domination sans partage de l'enfant de Varsovie.

Une série de victoires époustouflante

Swiatek assume parfaitement son statut récent de numéro 1 mondiale, dont elle a hérité de façon soudaine début avril à la suite de la retraite surprise d'Ashleigh Barty. Ce sacre est le sixième titre WTA d’affilée en 2022 pour Iga Swiatek (après Doha, Indian Wells, Miami, Stuttgart et Rome), un exploit seulement réalisé par Serena Williams en 2003.

Un succès également synonyme d’une 35e victoire de rang pour la Polonaise, soit la plus grande série ininterrompue de victoires chez les femmes depuis le début des années 2000, à égalité avec Venus Williams. "Je suis vraiment fière de cette série, a souligné la joueuse de 21 ans en conférence d'après-match. C'est dur d'avoir un record dans le tennis féminin après la carrière qu'a eu Serena (Williams, 34 victoires de rang), donc la battre c'est vraiment quelque chose de très spécial pour moi."

"On a incontestablement retrouvé une patronne, estime le consultant de France Télévisions et célèbre entraîneur, Patrick Mouratoglou. C'est une numéro 1 qui s'assume complètement, ce qui est très rare. Depuis Serena (Williams), il n’y a quasiment personne qui a réussi à rester en haut, elle fait partie des rares joueuses qui pour le moment tiennent bien la baraque. Ce qu'elle a fait cette année est sensationnel. Elle a de très beaux jours devant elle, ça c'est sûr."

"Deux titres en trois ans, c’est quelque chose d'exceptionnel", précise quant à elle la quadruple gagnante de Roland-Garros, Justine Hénin. Impressionnée par les performances de la Polonaise, la consultante France Télévisions appelle toutefois à la prudence : "Il se passe toujours des choses sur le circuit".

"L'agressivité est une des clés de ma réussite"

Il n’empêche que Swiatek, seule rescapée du Top 10 après le troisième tour dans ce Roland-Garros, semble bien partie pour rester au sommet cette année. À Paris, elle a une nouvelle fois brillé par ses qualités athlétiques, sa vitesse de déplacement, son coup droit féroce et sa grande capacité d’anticipation. "J'ai l'impression que cette saison, tout s'est mis en place, tout le travail que j'ai fait physiquement, tennistiquement et mentalement", expliquait Swiatek après sa demi-finale express face à Daria Kasatkina (6-2, 6-1). "L'année dernière, je prenais encore de l'expérience. Maintenant, j'utilise mon expérience pour que tout fonctionne comme il faut."

Une montée en puissance récente qui coïncide avec son changement d’entraîneur à l’intersaison. Auparavant épaulée par Piotr Sierzputowski, Swiatek est désormais suivie par Tomasz Wiktorowski. "Il m'a aidée à changer ma façon de penser le jeu, déclarait récemment la joueuse à WTA Insider. Il m'a convaincue de jouer de manière plus agressive. Avant, je ne pensais pas vraiment que c'était mon genre de jeu alors qu’aujourd’hui, j'ai l'impression que cette agressivité est une des clés de ma réussite cette saison."

Un travail mental pour gagner en régularité

Sa domination est telle actuellement qu’on oublierait presque qu’il y a un an, Swiatek cherchait encore la régularité. La Polonaise s’est à de multiples reprises montrée admirative de la constance d'Ashleigh Barty sur la saison 2021, lors de laquelle l’Australienne obtenait son deuxième titre du Grand Chelem à Wimbledon (trois depuis l'Open d'Australie 2022). Une constance qui semblait lui faire défaut l’année passée.

J'ai réussi à me prouver à moi et à d'autres que je peux être parmi les meilleures

Iga Swiatek

en conférence de presse d'avant-tournoi

Sous pression à Paris en juin 2021 pour défendre son titre, Swiatek (éliminée en quarts de finale l'an passé porte d'Auteuil) semble avoir trouvé la clé pour gérer les attentes autour d’elle – et ainsi être performante sur les courts. Son travail avec la psychologue du sport Daria Abramowicz, qui la suit depuis 2019 sur tous ses déplacements, porte ses fruits. "Je suis plus détendue, soulignait la Polonaise avant le début du tournoi. J'ai appris à mieux gérer la pression et les attentes autour de moi. [...] Avant, je n'avais pas autant de confiance. Cette année, je ressens beaucoup plus de sérénité."

La régularité, la Polonaise en avait d’ailleurs fait un de ses objectifs principaux après son sacre surprise en 2020. "Beaucoup vont peut-être nous comparer avec (Agnieszka) Radwanska [Finaliste polonaise de Wimbledon en 2012] mais il faut que je joue de manière régulière pendant les deux années à venir pour que l’on puisse dire que je suis la meilleure joueuse de Pologne, déclarait-elle après son premier titre porte d’Auteuil. J’ai encore beaucoup à faire pour la rattraper. Ce qui pose problème dans le tennis féminin est de rester régulière. Cela va être le plus gros challenge pour moi." On peut dire que c’est désormais chose faite pour celle qui est doublement titrée en Grand Chelem, à seulement 21 ans.

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