Les moments-clés où l'équipe de France a perdu le Tournoi des Six Nations 2021

La défaite face à l'Écosse vendredi 26 mars (23-27) au Stade de France a scellé les rêves de couronnement du XV de France. Comment aurait-il pu parvenir à remporter ce Tournoi des Six Nations 2021 ? Retour sur ces quelques faux-pas qui ont coûté aux Bleus la victoire finale.
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France Télévisions
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Antoine Dupont réconforté par Teddy Thomas à Twickenham le 13 mars 2021 (ADRIAN DENNIS / AFP)

• La manque de maîtrise en Irlande

Cela faisait dix ans qu'aucune équipe de France n'avait gagné en terre irlandaise. Alors, s'imposer ce 14 février 2021, même de deux petits points (15-13), cela a suffi au bonheur des Bleus. En témoigne la forte émotion de Brice Dulin, en larmes, qui avait plus souvent vécu l'enfer vert que les balades irlandaises. Mais puisque c'est l'heure des comptes, et qu'il en manque un peu sur le zinc, revenons sur ce qui n'a pas tourné rond ce jour-là.

Totalement dominés en début de match comme à la fin, les Bleus ont fait énormément de résistance, vaillamment, courageusement. Mais sans jamais vraiment maîtriser la rencontre. Un peu à l'image de ce carton jaune très bête reçu par Bernard Le Roux, pour un croc en jambes sur un Irlandais qui voulait être à la réception d'une jolie chandelle. Ou à l'image de l'essai encaissé avant l'heure de jeu, sur une mauvaise coordination en touche entre le sauteur Charles Ollivon et Antoine Dupont, ce dont a profité le talonneur Ronan Kelleher pour aller en terre promise.

Avec davantage de maîtrise, la formation de Fabien Galthié aurait pu, avec son réalisme coutumier, aller chercher deux essais de plus, synonyme de bonus offensif. Ou juste obtenir une victoire plus confortable, qui aurait sans doute changé beaucoup de choses à l'heure de la "finale" contre l'Écosse, avec un retard de points très important à rattraper par rapport au pays de Galles.

• Le coup de Covid et le coup de Trafalgar contre l'Angleterre

De manière purement factuelle, l'équipe de France a perdu le Tournoi 2021 en s'inclinant à Twickenham le 13 mars (20-23). C'est presque une lapalissade. Trois points de moins, trois minutes de trop, un arbitrage vidéo qui ferait encore causer dans tous les bars du sud de la Loire s'ils étaient ouverts, la France a perdu gros. Les Bleus avaient la victoire au bout de leur fusil face à des Anglais peu en confiance, ils les ont laissés reprendre vie.

Néanmoins, c'est avant qu'une grande partie de la rencontre s'est jouée. Il y a d'abord eu ce début de match endiablé, où les deux équipes se rendaient coup pour coup, avec des Français qui jouaient de nombreux ballons rapidement sans jamais parvenir à se sortir de la pression anglaise d'entame. "D'habitude, on est plus efficaces dans la zone d'occupation. On y a laissé un peu d'énergie, et des points. On aurait pu sortir plus vite", regrettait juste après la défaite Fabien Galthié.

"Il s'est passé des choses qu'on n'avait pas décidées avant le match", pointait du doigt le capitaine Charles Ollivon. Bien évidemment, face à son "meilleur ennemi", la Perfide Albion savait qu'une victoire dans le Crunch redorerait une partie de son blason bien écorné par son pire début de Tournoi depuis 2005 (1 victoire, 2 défaites). Les hommes d'Eddie Jones ne s'en sont pas privés.

Les Français ont, en plus, un peu offert le bâton pour se faire battre. Pas seulement en concédant de nombreuses pénalités en fin de rencontre, qui ont abouti à l'essai d'Itoje. Ils ont aussi et surtout dû préparer cette rencontre avec pratiquement trois semaines sans activité, en raison des cas de Covid-19 qui ont envahi progressivement le groupe à compter du 16 février. Entre les cas positifs, ceux qui sont restés à l'isolement, une petite semaine de préparation a sans doute joué un rôle majeur dans cette fin de rencontre délicate, même si aucun Bleu ne s'en est servi comme d'une excuse.

Après toutes les polémiques nées de ce cluster au sein de Marcoussis, le physique et le mental français n'étaient peut-être pas à leur maximum. Factuellement, l'équipe d'Angleterre a battu deux nations cette année : la France, et l'Italie, qui en est à 32 défaites consécutives dans cette compétition.

• La défense fissurée contre les Gallois

Depuis que Fabien Galthié a pris les commandes du XV de France début 2020, jamais son équipe n'avait encaissé trente points en 12 rencontres. Il a fallu attendre le 13e match pour que cela arrive. Au Stade de France, dans le match entre les deux cadors de ce Tournoi 2021, le XV du Poireau a été le premier à trouver des failles, à empêcher la France d'avancer sur les impacts, à lui faire mal pendant près de 80 minutes. Il lui a juste manqué de terminer son oeuvre, de rester au niveau jusque dans les arrêts de jeu. Les coéquipiers de Charles Ollivon ont surtout réussi à enflammer une fin de match qui semblait promise à une désillusion tricolore, pour vivre 12 dernières minutes renversantes

Arme fatale pour punir l'adversaire avec des ballons de récupération, la défense tricolore s'est fissurée, même si ce choc restera dans toutes les mémoires comme un sommet d'intensité, de suspense, avec un dénouement digne des meilleurs polars. Et il ne faut pas bouder son plaisir. Mais à l'arrivée, ce court succès (32-30) a condamné les Bleus à compenser face à l'Écosse une différence de points négative de 20 unités par rapport aux Gallois. 

• L'indiscipline trop présente contre l'Ecosse

L'équipe de France avait son destin en mains. Pour remporter le Tournoi, il lui fallait gagner avec le bonus offensif, et 21 points de plus que l'Ecosse. Mais cet ambitieux objectif a sans doute poussé les Bleus à mettre la charrue avant les boeufs, et à se précipiter plus que d'accoutumée. C'est peut-être pour cela, face à une équipe écossaise appliquée et venue pour remporter sa première victoire en France depuis 1999, que les hommes de Fabien Galthié ont été pénalisés à 15 reprises. Plus que dans n'importe quelle autre rencontre de ce Tournoi, puisque jusque-là, ils avaient été pénalisés 6 fois contre les Gallois, 9 fois contre les Irlandais, 12 fois contre les Anglais et les Italiens.

Cette hécatombe de sanctions a nui au jeu défensif et offensif tricolore, et donné de nombreuses munitions à un XV du Chardon au plan de jeu simple et direct : du pick and go et de la hargne en défense. 

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