Tournoi des Six Nations : Physique, mental et tactique, les axes de travail du XV de France pour vaincre le pays de Galles

La défaite en Angleterre (23-20), samedi 13 mars, a privé l'équipe de France de l'espoir d'un Grand Chelem, mais pas d'une première victoire en Tournoi depuis 2010. Samedi 20 mars, une victoire contre le pays de Galles, invaincu, pourrait relancer les Bleus. Pour y parvenir, trois axes de travail sont au programme du staff tricolore.
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Matthieu Jalibert, l'ouvreur du XV de France, utilise son jeu au pied le 13 mars 2021 à Twickenham (ADRIAN DENNIS / AFP)

Soigner les têtes

Perdre dans les dernières minutes un Crunch de trois petits points après avoir longtemps tenu la victoire, cela laisse forcément des traces. D'autant plus quand les espoirs de Grand Chelem sont enterrés. "Il y a un goût un peu particulier dans la bouche, c'est évident", admet le capitaine Charles Ollivon. "Ce dénouement, il faut le digérer", ajoute Fabien Galthié, le sélectionneur. Mais comme à leur habitude, les hommes du XV de France ont un discours bien rôdé après un revers (devenu de plus en plus rare), avec le Mondial 2023 en ligne de mire pour cette jeune équipe : "Cela fait partie de ces matches qu'il faut traverser, même si on les prépare tous pour les gagner. Il faut les vivre, s'en servir pour progresser", scande le sélectionneur.

"On va reprendre notre marche en avant. On a pris un point, je pense qu'il est important", souligne le capitaine et 3e ligne du RCT. Et Galthié d'annoncer le début de la préparation du pays de Galles dès la fin du match à Twickenham "d'abord par la capacité à partager, à vivre cette frustration ensemble". Pendant que son capitaine l'assure, un sourire aux lèvres : "On a des gars très forts dans la tête."

Revenir à un jeu d'occupation plus efficace

Si la fin de la rencontre est restée dans toutes les têtes (joueurs ou téléspectateurs), c'est ailleurs que le sélectionneur regarde. Dans ce début de match, où après avoir ouvert le score, la France se trouve sous pression anglaise, mais préfère jouer à la main plutôt qu'au pied. Et joue même des touches rapidement, comme pour prendre de vitesse leur adversaire. "Les joueurs sont libres, mais d'habitude, on est plus efficaces dans la zone d'occupation", souligne-t-il. "On y a laissé un peu d'énergie, et des points. On aurait pu sortir plus vite."

Le technicien précise : "On s'est grisés. On s'est mis en position de mettre l'adversaire en situation défensive, avec à chaque fois la possibilité de sortir du camp par le pied ou de conserver le ballon. C'est bien. Tout est affaire de choix et de ressenti." Inutile de dire que lorsque Charles Ollivon parle de "petites erreurs", il pense aussi à ce moment. Et éclaire d'une phrase la semaine qui va attendre les Bleus, et notamment les commandants du jeu (capitaine, charnière, arrière) : "Il n'y avait pas de consignes du staff. Il faut qu'on reste encore plus dans le système. Il s'est passé des choses qu'on n'avait pas décidées avant le match." Le système, le capitaine du XV de France a répété plusieurs fois ce mot samedi soir.

 

Hausser le rythme pour faire face à la pression

Pour faire face à une équipe galloise qui a pris l'habitude de concasser ses adversaires en fin de match, Charles Ollivon a prévenu ses troupes : "On va bien travailler cette semaine pour que, sous la pression, quand on perd un peu la lucidité en fin de match, on soit plus endurant dans la tête. Il faut être encore plus solide sur nos bases." Et de reconnaître : "On a fait quelques erreurs par manque de lucidité." Une façon de reconnaître qu'à certains moments, les choix n'ont pas été les bons.

Car évidemment, ces dix dernières minutes et l'essai de Maro Itoje planent au-dessus des joueurs français : "On a été trop pénalisés", regrette Galthié avant d'énumérer les mêlées et les pénalités subies en fin de rencontre, "un coup de pied en touche qu'on ne trouve pas, un lancement de jeu au milieu du terrain qui ne se conclut pas comme on le souhaitait", et le "mal à structurer nos positions défensives", notamment sur l'essai anglais. Le sélectionneur raconte tout ça comme s'il voyait encore ces dix dernières minutes défiler sous ses yeux, pour un constat : "Ils terminent mieux le match que nous".

Mais Charles Ollivon, comme son collègue de la troisième ligne Grégory Alldritt, écarte la thèse de la fatigue et du mois sans jouer pour expliquer ce final. "Ils ont eu des coups de mou, nous aussi", affirme Ollivon, qui rappelle que la France demeure dans le coup pour une victoire finale, avec ses deux premiers matches à domicile à venir, contre les Gallois puis les Ecossais.

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