Première ascension hivernale du K2 : "C'est un exploit considérable, c'est une montagne très compliquée", explique l'alpiniste Éric Loizeau

Des alpinistes ont réussi la première ascension hivernale du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le K2 vu du camp de base de Broad Peak sur le glacier Baltoro au Pakistan. (BRAD JACKSON / MOMENT RF / GETTY)

La première ascension hivernale du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète (8 611 m) après l'Everest et le seul "8 000" qui n'avait encore jamais été gravi en hiver, a été réussie samedi 16 janvier par une équipe de 10 alpinistes népalais. "C'est un exploit considérable, c'est une montagne très compliquée", a réagi sur franceinfo Éric Loizeau, navigateur et alpiniste français surnommé "Le Captain". Le K2, dans le massif du Karakoram, à la frontière du Pakistan avec la Chine, est l'un des plus redoutés de la planète. Plus de 80 personnes y ont trouvé la mort en tentant son ascension. Le dernier est un Espagnol, Segio Mingote, mort samedi, quelques heures après que l'équipe népalaise a atteint le sommet. Il ne faisait pas partie de ce groupe mais d'une autre équipe qui préparait une autre tentative.

franceinfo : Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour voir une tentative d'ascension hivernale du K2 réussir ?

Éric Loizeau : C'est une montagne très compliquée, c'est déjà pratiquement le "8 000" le plus difficile à grimper en été. Et en hiver, il est soumis à une météo très compliquée avec toujours beaucoup de vent, ce qui veut dire du froid. Il y a eu beaucoup de décès d'alpinistes à la montée ou à la descente. Par rapport à l'Everest, c'est un peu plus dur. La partie compliquée et très dangereuse est située pratiquement au sommet. C'est une espèce de couloir qui est soumis aux avalanches et aux chutes de séracs ["Bottleneck", un passage étroit et fortement incliné], alors que sur l'Everest, la partie la plus compliquée est au début.

Les conditions était-elles favorables pour cette expédition ?

Oui, il faisait beau et il n'y avait pas de vent. C'est important parce que c'est ce qui accentue le froid et déstabilise. Le vent est l'ennemi en montagne. [Dans le Karakoram, il peut atteindre les 200 km/h. Les températures peuvent descendre jusqu'à -60°C sur les parties sommitales.] On est en hiver, donc ils ont forcément eu du froid, par contre je n'ai pas l'impression qu'il y avait beaucoup de neige, c'est un avantage parce que cela limite les avalanches. Mais de toute façon, c'est un exploit considérable.

L'équipe était composée de dix Népalais, dont Nirmal Puja et Mingma Gyalje Sherpa. Les Népalais sont-ils avantagés physiquement ?

Oui et non. Ils sont nés à 4 000 mètres, donc ils sont avantagés dans l'acclimatation. Mais au-dessus de 8 000, ils sont dans le même état que nous, ils ont les même problématiques face à la pression, au froid ou au manque d'oxygène. Je suis sûr qu'ils ont fait l'ascension avec de l'oxygène. En hiver, cela me paraît très compliqué de le faire sans.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par Nirmal Purja MBE - Nimsdai (@nimsdai)

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.