Népal : des alpinistes réussissent la première ascension hivernale du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète

Les membres de l'expédition ont profité d'une fenêtre de beau temps, sans vent, pour se lancer samedi à l'assaut du sommet.

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Des porteurs montent des tentes au camping de Concordia devant le sommet du K2 (au centre), dans la chaîne du Karakoram, au nord du Pakistan, le 14 août 2019. (AMELIE HERENSTEIN / AFP)

"Nous l'avons fait!" Une équipe d'alpinistes népalais a réussi, samedi 16 janvier, la première ascension hivernale du K2, le deuxième plus haut sommet de la planète (8.611 m) et le seul "8 000" qui n'avait encore jamais été gravi en hiver, a annoncé la compagnie népalaise Seven Summit Treks.

"La 'montagne sauvage' du Karakoram a été gravie lors de la plus dangereuse des saisons : en hiver. Des alpinistes népalais ont finalement atteint le sommet du K2 cet après-midi à 17 heures locales (13 heures à Paris)", a indiqué sur son compte Twitter la compagnie, qui comptait un grimpeur dans l'équipe.

"Nous sommes fiers d'avoir pris part à l'histoire de l'humanité et de montrer que collaboration, travail d'équipe et une attitude mentale positive permettent de repousser les limites de ce que nous pensons être possible", a déclaré sur son compte Instagram Nirmal Purja. Cet ancien soldat des forces spéciales britanniques, qui avait gravi en 2019 les quatorze "8 000", avec oxygène, en six mois et six jours, était le leader de cette équipe avec Mingma Gyalje Sherpa, une autre star de l'alpinisme népalais.

L'exploit a en revanche été endeuillé par la mort de l'alpiniste espagnol Sergi Mingote, a annoncé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. "Triste décès de Sergi Mingote sur le K2. Il voulait continuer à faire l'Histoire en participant à la première expédition pour vaincre ce sommet en plein hiver et sa vie a été emportée dans un tragique accident", a-t-il tweeté.

Un hiver plus rude que dans l'Himalaya

Les membres de l'expédition avaient profité d'une fenêtre de beau temps, sans vent, pour se lancer samedi à l'assaut du sommet. Dans des conditions météorologiques optimales, ils ont franchi les dernières difficultés techniques, dont le redouté "Bottleneck", un passage étroit fortement incliné et surplombé par un sérac, où 11 personnes parties ensemble avaient trouvé la mort en août 2008.

Le K2 est soumis en hiver à un vent très violent pouvant atteindre les 200 km/h. Les températures peuvent descendre jusqu'à -60°C sur les parties sommitales. En raison de son emplacement géographique – il est le plus au Nord de tous les "8 000" –, la pression atmosphérique y est aussi plus basse et l'air plus rare. Au moins un membre de l'expédition, Mingma Gyalje Sherpa, avait prévu d'atteindre le sommet sans utiliser d'oxygène. Les puristes regretteront toutefois sans doute que l'ensemble de l'équipe n'ait, semble-t-il, pas fait de même.

L'hiver est plus rude dans le Karakoram qu'en Himalaya. Ce qui explique que la plupart des sommets népalais de plus de 8 000 m ont été vaincus en hiver dès les années 1980, alors que les quatre autres situés au Pakistan, outre le K2, l'ont été dans les années 2010.

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