Manchester City-PSG : comment l'attaque du PSG s'est noyée sans Mbappé

Muet lors de la demi-finale retour de Ligue des champions (0-2) mardi soir, le Paris Saint-Germain n'a jamais pu espérer se qualifier pour la finale, en particulier à cause d'un trio offensif complètement inhibé. 

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Comme souvent dans les moments critiques, Neymar a préféré tenter de faire la décision seul et ça n'a pas payé. (PAUL ELLIS / AFP)

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé ? Sans Kylian Mbappé, insuffisamment remis de sa contracture au mollet, le Paris Saint-Germain n'a pas réussi à faire parler la poudre contre Manchester City. Déjà battu 2-1 à l'aller la semaine passée au Parc des Princes, le club de la capitale s'est incliné au retour sans marquer le moindre but à l'Etihad Stadium (0-2), mardi 4 mai, alors qu'il lui en fallait au moins deux pour espérer une finale. 

L'international français avait validé les deux qualifications précédentes en y allant de son triplé à Barcelone (4-1) et de son doublé à Munich (3-2). Il sera resté emmitouflé dans sa doudoune sur le banc de touche pendant 90 minutes. Inévitablement, la question de savoir si les choses auraient été différentes s'il avait joué se posera pendant longtemps. À l'aller, il n'avait en tout cas pas pesé. Au retour, aucun de ses coéquipiers n'aura réussi à tirer son épingle du jeu. 

La plus grosse occasion parisienne a été l'œuvre du capitaine parisien, Marquinhos, qui a touché la barre transversale d'une jolie tête à la 17e minute. Et si les joueurs du club de la capitale ont estimé être éliminés sur "des détails", aucune de leurs 14 tentatives n'a trouvé le cadre lors de ce match retour. Insuffisant pour glisser une fausse note dans la partition maîtrisée de City, et tout particulièrement de sa défense hermétique.

Neymar, mister Hyde

Il y a le Neymar du Final 8 de Lisbonne l'été dernier, celui qu'on pensait avoir retrouvé lors de la double confrontation avec le Bayern Munich au tour précédent, génie inspiré et accélérateur de particules. Et puis, il y a le Neymar vexé, qui se réfugie dans l'égoïsme quand la frustration prend le contrôle. Quand c'est ce costume qu'il revêt, le Brésilien agace autant qu'il est agacé.

Contre Manchester City, c'est comme s'il avait joué avec des œillères, oubliant les (rares) appels de ses coéquipiers dans le dos de la défense adverse et ne tirant jamais dans le bon timing. Chacune de ses quatre tentatives a été contrée par un défenseur adverse. Même lorsque son slalom lui ouvre la fenêtre d'une frappe enroulée à l'entrée de la surface, il pousse le ballon jusqu'à se fermer complètement l'angle de tir (58e).

Neymar a donné du crédit à ses détracteurs, qui lui reprocheront de ne pas avoir été là dans les moments cruciaux pour lesquels il a justement été acheté à prix d'or en 2017 (222 millions d'euros). Son dernier but en phase à élimination directe de C1 remonte au huitième de finale retour contre le Borussia Dortmund, en mars 2020, soit une série de sept apparitions consécutives sans marquer...

Icardi transparent

Il devait suppléer Kylian Mbappé à la pointe de l'attaque parisienne. Mais, comme Neymar, Mauro Icardi n'a montré que la facette la moins attrayante de son jeu. Comme le finisseur de très haut niveau n'a rien eu à se mettre sous la dent, son fantôme a pris le dessus. L'Argentin n'a tout simplement pas tiré la moindre fois mardi soir avant de sortir dans l'anonymat le plus total à la 63e minute.

Icardi n'a touché que 16 ballons au total, c'est au moins 10 de moins que n'importe quel autre joueur titulaire au coup d'envoi, gardiens compris. Aucun de ceux-là n'ont été touchés dans la surface adverse. Lourd sur ses appuis et peu lucide balle au pied, l'ancien avant-centre de l'Inter Milan n'a pas existé dans cette rencontre.

Di Maria perd le contrôle

Inspiré et quasiment insaisissable lors du match aller, Angel Di Maria a, lui aussi, été méconnaissable à l'Etihad Stadium. L'Argentin a probablement rendu l'une de ses plus mauvaises prestations lors d'un match décisif depuis son arrivée dans la capitale en août 2015. Ses jambes ont paru hésitantes et ses décisions n'ont jamais été les bonnes à chaque fois qu'il s'est approché de la surface adverse. "El Fideo", qui n'a réussi que deux de ses huit dribbles tentés et n'a pas cadré le moindre tir, a semblé sans repère, sans relais et sans solution – sans Mbappé, pour résumer ? – dans les trente derniers mètres. Et son manque de justesse a pénalisé son équipe.

Pour couronner le tout, Di Maria a conclu la rencontre par une expulsion à cause d'un mauvais geste sur Fernandinho (70e). Alors que Paris était déjà mené 2-0 et que les espoirs de qualification étaient infimes, son carton rouge a sonné le glas des Parisiens à 20 minutes du coup de sifflet final.

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