"C'est comme dire à une petite fille de partir sans son doudou" : Clarisse Agbégnénou se confie sur des JO de Tokyo sans fans ni proches

Covid oblige, les Jeux olympiques de Tokyo sont organisés sans public étranger. Une absence que regrette la judokate Clarisse Agbégnénou, qui n'entend pourtant pas se laisser abattre.

Article rédigé par
Stéphanie Mora - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Clarisse Agbégnénou, le 30 janvier 2020, à Paris. (FRANCK FIFE / AFP)

Championnat du monde 2019. Nous sommes au Japon déjà, mais dans une autre vie : dans une salle pleine, au bout d'un combat interminable, la judokate Clarisse Agbégnénou décroche son quatrième titre mondial devant la Japonaise Miko Tashiro. Ce jour là, les supporters et les proches ont joué un rôle déterminant, selon la championne française. "Quand j'étais dans le combat, à onze minutes avec la Japonaise, heureusement que j'entendais mes amis, ma famille crie", se souvient la judokate. Je me suis dit que je ne voulais pas lâcher, qu'il fallait que j'écoute ceux qui m'encourageais. Ça fait du bien !"

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Deux ans plus tard, Clarisse Agbégnénou retourne au Japon en quête du seul titre qui manque à son palmarès : l'or olympique, lors des Jeux olympiques de Tokyo 2021. Mais si dans 100 jours, la flamme olympique brillera sur Tokyo pour le début des Jeux, ces derniers ont été largement chamboulés par la pandémie de coronavirus Covid-19, organisés sous un protocole sanitaire strict et surtout sans public étranger. Les athlètes se préparent donc à disputer leur compétition sans leurs proches et sans supporters.

Clarisse Agbégnénou sait déjà que ce soutien pendant la compétition va lui manquer. "C'est comme si tu disais à une petite fille : tu pars sans ton doudou, sourit-elle. Quand j'étais au Japon en 2019, je suis allée marcher dans la baie avec mes parents : c'était un moment qu'on a partagé ensemble."

"Je ne les entendrai pas crier pour moi. On ne fait que cela, en ce moment, de s'appeler, mais parfois, c'est bien d'avoir une présence physique."

Clarisse Agbégnénou

à franceinfo

Mais pas question de s'apitoyer sur son sort. Ce n'est pas le genre de la maison tricolore du judo, comme le rappelle son directeur du haut niveau, Larbi Benboudaoud, chargé de préparer les athlètes pour ces Jeux olympiques inédits. "Quel que soit l'environnement qu'on aura là-bas, nous connaissons l’environnement pour faire de la performance, avance-t-il. On le connaît et on doit le gérer. Ces contraintes ne seront pas pour le judo français, ce sera pour le sport mondial et cela fait partie du jeu."

"Je pense que le champion, par définition, sait s'adapter. Et ce n'est pas forcément dans le confort qu'il réussit."

Larbi Benboudaoud

à franceinfo

D'ailleurs, depuis que les compétitions de judo ont repris en mode Covid-19, le silence qui règne auprès des tatamis n'a pas empêché Clarisse Agbégnénou d'emporter un cinquième titre de championne d'Europe cet automne et le Masters de Doha en début d'année.

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