Pourquoi le stade Vélodrome de Marseille ne sera probablement pas rebaptisé du nom de Bernard Tapie

Plusieurs voix s'étaient élevées pour rendre hommage à l'ancien propriétaire du club.

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Radio France
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L'hommage des supporters à Bernard Tapie, le 4 octobre 2021. (GUILLAUME HORCAJUELO / EPA)

Deux semaines après la mort de Bernard Tapie, un hommage sera de nouveau rendu au stade Vélodrome, ce dimanche soir 17 octobre, à l'occasion du match de Ligue 1 entre Marseille et Lorient. C'est la première rencontre à domicile pour l'OM depuis le décès de son ancien président, le 3 octobre dernier.

Depuis sa disparition, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer que l'on rebaptise le stade au nom de Bernard Tapie. Mais ce changement de nom paraît très compliqué, voire impossible à réaliser.

Le stade s'appelle "Orange-Vélodrome" depuis un contrat signé avec l'opérateur

Rebaptiser le stade Vélodrome en totalité ou en partie "Bernard Tapie" est un pas quasi infranchissable pour la ville de Marseille. Elle est propriétaire du stade mais n'est plus décisionnaire depuis que l'enceinte est gérée par le consortium Arema, depuis 2010. Ce consortium a signé en 2016 un contrat avec Orange, pour rebaptiser l'enceinte "Orange-Vélodrome".

"La mairie de Marseille ne peut pas dire 'demain matin, ça va s'appeler le Bernard Tapie Vélodrome'. On ne peut pas casser un contrat, on n'a pas ce pouvoir", explique Sébastien Jibrayel, adjoint aux sports de la ville de Marseille. 

"La mairie souhaite qu'il y ait un lieu Bernard-Tapie dans Marseille. On est en train de réfléchir."

Sébastien Jibrayel, adjoint aux sports

à franceinfo

"Bien entendu, ce sera en concertation avec la famille. Bernard Tapie a marqué notre ville de son passage, et la ville veut le lui rendre", ajoute l'adjoint.

Ce partenariat public-privé avec le consortium Arema, qui court jusqu'en 2045, garantit 12 millions de recettes annuelles à la ville de Marseille, dont une partie provient du "naming". Orange verse environ 2,5 millions d'euros par an pour avoir le droit d'accoler son nom au stade Vélodrome, et ce pour encore cinq ans.

"L'histoire du Vélodrome a complétement échappé aux Marseillais"

L'argent et le foot business apparaissent donc comme le principal frein, regrette Jean-Michel Verne, auteur de deux ouvrages sur l'OM, dont L'enquête sur un club qui rend fou (Solar, 2015). "C'est dommage que l'argent domine comme ça le football, qu'on soit tributaires de contrats. L'histoire du Vélodrome a complétement échappé aux Marseillais", déplore-t-il, pointant du doigt le partenariat public-privé.

"Le contribuable marseillais paie des fortunes pour le stade Vélodrome et en même temps il ne peut pas prendre de décisions sur le fait de renommer le stade."

Jean-Michel Verne, auteur

à franceinfo

Les supporters sont quant à eux sont divisés, reconnaît Franck, qui fait partie du club de la "Vieille Garde", dont les membres ont fondé le Commando Ultras 84, le premier groupe d'ultras de France. "Il y a des gens qui considèrent que l'on ne touche pas au Vélodrome, et d'autres qui se disent 'pourquoi pas plutôt le virage sud, d'où tout est parti, ou une tribune'," explique-t-il.

"Personnellement le stade, je n'aurais rien contre, mais il faudrait garder la dénomination Vélodrome. Une tribune, ce serait le minimum syndical", précise-t-il. Le virage sud est la seule tribune du stade qui ne porte pas de nom.

Marseille, son stade, Bernard Tapie... Reportage de Jean-Pierre Blimo
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