Ligue 1 : les polémiques autour de décisions litigieuses de la VAR se multiplient depuis le début de la saison

Face au PSG vendredi, les Angevins se sont estimés floués par l'arbitrage vidéo, qui a accordé un pénalty au club de la capitale sans revenir sur une faute préalable.

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France Télévisions
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Lors de la rencontre PSG-Angers, vendredi 15 octobre, Monsieur Dechepy a accordé un pénalty litigieux après l'intervention de la VAR. (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

Elle devait résoudre les injustices liées à des erreurs d'arbitrage, mais depuis le début de la saison, la VAR est au centre des débats. Vendredi 15 octobre, face au Paris Saint-Germain, les Angevins se sont indignés après décision litigieuse de l'arbitre, qui a pourtant revisionné les images d'un potentiel pénalty accordé au PSG, mais pas d'une éventuelle faute de Mauro Icardi quelques secondes plus tôt. Retour sur les décisions de l'arbitrage vidéo qui ont provoqué la polémique depuis le début du championnat.

À Lyon, le combat de Jean-Michel Aulas 

Contre le Paris Saint-Germain (défaite 2-1), le 19 septembre dernier, les Lyonnais menaient 1-0 jusqu’à la 66e minute et un pénalty égalisateur de Neymar. Un pénalty accordé quelques minutes plus tôt par l’arbitre de la rencontre, Clément Turpin, pour une faute de Malo Gusto sur le Brésilien. Mais avec un visionnage au ralenti, c’est plutôt Neymar qui semble commettre une faute en s’appuyant d’abord sur le jeune Lyonnais, qui est ensuite tombé et a entraîné son adversaire dans sa chute. "En temps réel le penalty ne parait pas injustifié, mais quand on regarde les images, Neymar prend appui sur le joueur et le fait tomber", estime Frédéric Arnault, ancien arbitre international. Ce soir-là, l’arbitre central ne semble avoir discuté que furtivement avec ses assistants vidéo et n’est pas allé revisionner les images au bord du terrain. 

Quelques jours plus tard, contre Lorient (1-1), le Rhodanien Emerson a été expulsé peu après le quart d’heure de jeu pour avoir accroché le pied d’Enzo Le Fée qui filait vers le but. Or, il n’était pas le dernier défenseur puisque Jason Denayer semblait en position de pouvoir intervenir. L’entraîneur des Gones, Peter Bosz, avait alors pesté contre l’arbitrage vidéo après la rencontre : "J’ai vu un carton rouge que je ne comprends pas. La VAR était là ?". Son président, Jean-Michel Aulas, s’est également exprimé dans L’Equipe le 27 septembre : "C'est un sujet qui nous pénalise très fortement, mais qui pénalise également tout le football français". 

Après le derby face à Saint-Etienne, où la VAR est intervenue en sa défaveur, sans créer de nouvelle polémique, le club lyonnais a réagi par un communiqué de presse : "Contre Lorient, l'OL ne put faire mieux que match nul en infériorité numérique, laissant filer deux précieux points. Et à Paris, peut-être que l'équipe aurait pu maintenir son avantage sans ce penalty trop généreusement accordé au PSG. Pourquoi certaines actions litigieuses n'ont-elles pas entraîné une intervention de la VAR ? Et pourquoi un tel manque d'homogénéité sur certaines phases de jeu, où différentes décisions sont appliquées pour des actions similaires ? Voilà des interrogations que l'assistance vidéo ne devrait pas susciter".

Angers heureux à Troyes mais malheureux à Paris 

Le 26 septembre, lors de la 8e journée de championnat, Angers a profité à plusieurs reprises de décisions de la VAR en sa faveur face à Troyes (1-1). À la 88e minute, l’arbitre central a refusé un but au Troyen Oualid El Hajjam, après avoir discuté avec ses assistants vidéo, car le gardien angevin, Paul Bernardoni, semblait avoir été gêné par Levi Lumeka, en position de hors-jeu passif. Sous la pression et les contestations des joueurs de l’ESTAC, Monsieur Leonard était retourné voir les images et avait confirmé sa décision après 6 minutes d’incertitude. Avant cela, la VAR lui avait signalé un penalty en faveur du SCO après une faute de Jimmy Giraudon sur Azzedine Ounahi. 

Face au Paris Saint-Germain en revanche, vendredi, les Angevins sont sortis frustrés de la rencontre, défaits 2-1, en ouverture de la 10e journée. À la 87e minute, les Parisiens ont pris l’avantage sur un pénalty litigieux transformé par Kylian Mbappé. Litigieux car la tête non-cadrée de Mauro Icardi a été involontairement déviée par le bras de Pierrick Capelle, mais surtout parce que l’Argentin a semblé commettre une faute en retenant Romain Thomas par le bras à l’entrée de la surface. 

L’arbitre central, Monsieur Dechepy, a revisionné les images de la main de Capelle, mais pas de la faute précédente, de quoi agacer Romain Thomas au micro de Prime Video : "La VAR ça commence à me fatiguer, on met des millions dans un truc, on ne sait même pas l’utiliser. Il y a faute au départ de l'action de Icardi. Il me tire sur le bras, je tombe, et après il joue de sa position pour le penalty". Son entraîneur, Gérald Baticle, a lui aussi réagi en conférence de presse : "Ce soir, il y a un grand sentiment d'injustice. De colère même. J'ai toujours dit que je ne pleurerai pas pour des décisions arbitrales, je n'en suis pas loin. C'est dur à encaisser".

Le Paris Saint-Germain souvent favorisé 

Face à Angers, les Parisiens avaient déjà réclamé un pénalty en première mi-temps pour une prétendue faute de Pierrick Capelle sur Mauro Icardi dans la surface. Un pénalty finalement pas accordé. Mais depuis le début de la saison, le PSG a tout de même profité de plusieurs décisions litigieuses de la VAR en sa faveur. En plus des pénalties face à Lyon et Angers, le club de la capitale a aussi bénéficié de la clémence de l’arbitrage vidéo face à Metz, où Hakimi semblait toucher le ballon de la main dans sa surface à la 58e minute, et contre Strasbourg, lors de la deuxième journée de championnat. Dès la 3e minute, Mauro Icardi avait inscrit un but de la tête, validé par la VAR, alors que sur les images, le buteur semblait hors-jeu. 

Cette décision arbitrale avait provoqué le courroux de Julien Stéphan, l’entraîneur strasbourgeois : "Une entame cauchemardesque ? C'est la décision de valider le premier but qui est cauchemardesque. Il y a hors-jeu, ça change beaucoup de choses dans le match. Trop de choses... C'est une décision trop hâtive. On a le temps. Il y a des moyens pour contrôler". 

Marseille et Clermont s’estiment aussi lésés

Le 15 août dernier, les supporters marseillais se sont insurgés sur les réseaux sociaux après un pénalty non-sifflé en faveur de l’OM face à Bordeaux (2-2). À la 17e minute de jeu, Konrad De La Fuente avait été déséquilibré par Mexer dans la surface girondine, sans que le Bordelais ne touche le ballon. Le pénalty semblait indiscutable, mais l’arbitre n’a pas été alerté par ses assistants vidéo. 

Lors de la 8e journée de Ligue 1, les Clermontois ont eux aussi réclamé un pénalty, au quart d’heure de jeu, face à l’AS Monaco (défaite 1-3), sans l’obtenir. Jason Berthomier semblait fauché par Djibril Sidibé dans la surface monégasque, mais l’oreillette de l’arbitre, Benoît Millot, ne fonctionnait pas correctement. "Cela doit être le Puy-de-Dôme qui brouille les ondes de la VAR parce que avec nous, cela  fonctionne rarement. J'entends parler Monsieur Aulas et compagnie mais nous, cela passe par pertes et profits. On devrait avoir 4 points de plus depuis le début de la saison", a réagi Pascal Gastien, l’entraîneur auvergnat, à l’issue de la rencontre.  



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