Ligue 1 : Pourquoi le recours à la VAR n’est-il pas systématique sur des penalties litigieux ?

Dimanche soir, le penalty accordé à Neymar face à l'Olympique lyonnais a fait polémique, d'autant que l'arbitre de la rencontre, Clément Turpin, n'a pas revisionné les images. 

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France Télévisions
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Clément Turpin a accordé un penalty litigieux au Paris Saint-Germain face à l'Olympique Lyonnais, dimanche 19 septembre. (FRANCK FIFE / AFP)

À la fin de la rencontre entre le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais (2-1) dimanche 19 septembre, le président de l’OL, Jean-Michel Aulas, s’est montré très remonté envers l’arbitrage : "Le penalty est une aberration. La VAR aurait du intervenir. La décision n'est pas normale". Le dirigeant lyonnais regrette le penalty litigieux accordé au PSG après une faute de Malo Gusto sur Neymar alors que c’est plutôt le Brésilien qui semblait fautif. L’arbitre de la rencontre, Clément Turpin, n’a pas consulté les ralentis et n'a discuté que très rapidement avec son assistant vidéo, Jérôme Brisard.  

Que s’est-il passé lors de la rencontre entre Paris et Lyon ?

À la 63e minute de jeu, Neymar élimine le Lyonnais Malo Gusto sur un dribble dans la surface de réparation, mais le Lyonnais tente de se relever pour défendre sur le Parisien. Le Brésilien l’en empêche en s’appuyant sur la nuque de son adversaire et en tirant brièvement son maillot. Malo Gusto tombe sur la pelouse et entraîne Neymar dans sa chute. Clément Turpin désigne alors le point de penalty. L’arbitre ne porte que très furtivement son doigt à l’oreillette, un geste qui signifie qu'il est en communication avec son assistant vidéo.

Pour quelles actions la VAR peut-elle intervenir ?

Sur son site officiel, la Ligue 1 explique que la VAR est "destinée à corriger uniquement les erreurs claires et évidentes ou les faits de jeu non détectés inclus dans le protocole", mais que l’arbitrage vidéo "n’a pas vocation à ré-arbitrer les matchs".

D’après les règles édictées par l’International Football Association Board, l’organisation qui règlemente le football, la VAR peut intervenir dans quatre cas : après un but marqué (validé ou non), sur une situation de penalty sifflé ou non, sur un carton rouge direct ou sur une erreur d’identité du joueur sanctionné. 

Quelle est la procédure d’utilisation de la VAR ? 

Dans le camion de la VAR, l’assistant vidéo visionne toutes les actions de jeu, sans communiquer avec l’arbitre central. Quand il contrôle l’une des quatre situations prévues par le protocole, il en avertit l’arbitre de la rencontre, qui met alors le doigt sur l’oreillette pour signifier aux joueurs et au public qu’un contrôle vidéo est en cours. À ce moment là, l’assistant vidéo effectue alors "une étude plus complète de la situation". 

En cas de simple hors-jeu, de franchissement de ligne par le ballon ou d’une situation de penalty litigieuse par rapport à l’endroit de la faute, l’assistant vidéo prend la décision lui-même et n’envoie pas les images à l’arbitre central. En revanche, les images peuvent être visionnées en bord de terrain par l’arbitre en cas de situation de penalty, de carton rouge direct ou d’incidents non perçus. 

Qu'en pensent d'anciens arbitres ? 

"J’ai le sentiment que Neymar fait la faute avant son adversaire. Il le déstabilise en lui mettant la main dans le cou", analyse Bruno Derrien, ancien arbitre international. Son homologue Frédéric Arnault est plus mesuré, mais le rejoint : "En temps réel le penalty ne parait pas injustifié, mais quand on regarde les images, Neymar prend appui sur le joueur et le fait tomber".

Bruno Derrien aimerait que les arbitres soient équipés de micros, comme au rugby: "De manière générale, on ne sait pas si tous les penalties sont vérifiés. Ce serait bien que la Direction Technique de l’Arbitrage communique là dessus. J’imagine qu’hier, il y a dû avoir une vérification par l’assistant vidéo, Monsieur Brisard, qui a validé la décision de l’arbitre. Ils ne sont pas sonorisés, donc on ne sait pas ce qu’il s’est dit. Équiper les arbitres de micros permettrait de mieux comprendre les décisions".  

Dimanche soir, l'arbitre et ses assistants ont pris très rapidement la décision de faire tirer le penalty : "Est-ce que Clément Turpin était tellement sûr de lui qu’il n’a pas voulu de contrôle vidéo ? C’est possible. Pour moi, le penalty est une situation de jeu tellement importante pour le résultat d’un match qu’il mériterait d’être contrôlé à chaque fois, c’est un moindre mal", estime Frédéric Arnault. 

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