Mort de Diego Maradona : quatre choses à savoir sur le match Argentine - Angleterre de 1986, qui a construit sa légende

Lors de ce quart de finale de la Coupe du monde au Mexique, l'Argentin a façonné sa légende en inscrivant un but de la main et, quelques minutes plus tard, l'un des plus beaux de l'histoire du football.

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Diego Maradona, lors de la rencontre entre l'Argentine et l'Angleterre, le 22 juin 1986 à Mexico. (STAFF / AFP)

Il était l’un des plus grands joueurs de l’histoire. Pour beaucoup, bien plus qu'un footballeur. Diego Armando Maradona est mort ce mercredi à l'âge de 60 ans. Trois jours de deuil national ont été décrétés par le gouvernement argentin pour rendre hommage à celui que l'on surnommait "El Pibe de Oro" ("le gamin en or"). L'idole du club argentin de Boca Juniors était connu pour ses excès, ses addictions, mais avant tout pour son talent de footballeur. Un ange, un démon, les deux à la fois, à l'image de ce qu'il a offert au monde, lors d'un match mythique en quarts de finale de la Coupe du monde 1986.

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Du génie argentin, il restera à jamais les images de ce 22 juin 1986 et la rencontre entre l'Angleterre et l'Argentine (2-1). Un match au cours duquel Diego Maradona a façonné sa légende en quatre minutes dans un Stade Azteca de Mexico transformé en théâtre offrant l'une des plus belles performances individuelles de l'histoire de ce sport. A 25 ans, Diego Maradona, capitaine de la sélection "albiceleste", était au sommet de son art. Voici les quatre choses qu'il faut savoir sur cette rencontre légendaire. 

L'Argentine en quarts de finale, une première depuis le sacre de 1978 

Après sa victoire 1-0 dans le derby sud-américain face à l'Uruguay en huitièmes de finale, les coéquipiers du buteur Pedro Pasculli accèdent aux quarts de finale. C'est une première depuis la victoire de l'Argentine lors de son Mondial en 1978, marqué par la dictature du général Videla. Lors de la précédente édition en 1982 en Espagne, ils n'ont pas franchi le premier tour. Avec une équipe sans grandes individualités, hormis son meneur de génie, l'Argentine se montre particulièrement motivée au Mexique. Devant elle, se dresse en quarts de finale l'Angleterre de Gary Lineker. L'attaquant anglais finira d'ailleurs meilleur buteur de la compétition avec six réalisations.

Un contexte géopolitique très tendu avec la guerre des Malouines

C'est la première fois depuis la fin de la guerre des Malouines, qui dura du 2 avril au 14 juin 1982, que les deux nations s'affrontent sur un terrain de football. Le conflit armé s'est soldé par une défaite de la dictature militaire argentine. Au total, le bilan est de 649 morts argentins et 255 militaires britanniques décédés. Beaucoup d'Argentins ont vécu cette défaite comme une humiliation. Le contexte est particulièrement tendu. "C’est une guerre", déclame le quotidien britannique The Sun, le jour du match. "La guerre des Malouines en contexte footballistique", titre le journal espagnol El País. "Pour nous, c’était LE match, comme une finale", déclara le défenseur sud-américain, Julio Olarticoechea.

La "main de Dieu"

L'arbitre de la rencontre, le Tunisien Ali Bennaceur est mal placé à la 51e minute de jeu. Il se situe plusieurs mètres derrière Diego Maradona, qui lui cache la vue du ballon. Lors d'une passe en retrait d'un défenseur anglais, il ne voit pas que le petit joueur – 1,65 m sous la toise  touche le ballon de la main gauche, alors qu'il fait mine de le reprendre de la tête. Les protestations anglaises ne changent rien à sa décision. Le but est validé. A la fin de la rencontre, Diego Maradona pose lui-même les mots qui resteront gravés dans l'histoire de ce match, en conférence de presse. Alors que toutes les caméras et les objectifs ont capturé l'instant où il touche le ballon de la main gauche, il explique, d'un ton légèrement narquois : "Un poco con la cabeza de Maradona y otro poco con la mano de Dios". Traduisez : "C'est un peu la tête de Maradona, un peu la main de Dieu".

Sur ce premier but, qui porte aujourd'hui son nom, "je pense que c’était une manière pour lui de nous faire ressentir l’injustice dont il estimait son pays victime", avançait Terry Butcher, le défenseur anglais, à propos de ce premier but. En 2015, lors du tournage d'une publicité en Tunisie, la star argentine offrait son maillot à l'arbitre de cette rencontre d'anthologie, Ali Bennaceur.

Le plus beau but du XXe siècle 

Quatre minutes après avoir triché, il montre son meilleur visage en inscrivant l'un des buts qui marquera l'histoire. Andrés Burgo, journaliste argentin qui a écrit l'ouvrage Le match du siècle à propos de cette rencontre, reprend sur Eurosport, le cheminement du deuxième but du numéro 10 argentin. Sa chevauchée se résume à cette série de chiffres éblouissants : 52 mètres, 44 pas, 10,6 secondes, 14,4 km/h, cinq adversaires éliminés, deux autres qui ne parviennent pas à l’atteindre. Le tout, pour une finition accompagnée par les hurlements des commentateurs argentins.

Interrogé par le magazine So Foot en 2007, le milieu de terrain Peter Reid, faisait part de la qualité physique de Diego Maradona, souvent comparé à un petit taureau. "Mais Dieu qu’il allait vite ! On ne parle pas assez des qualités physiques de Maradona. Ce démarrage, cette vitesse, cet équilibre, alors que le match est bien avancé, qu’il fait une chaleur à crever, c’est fou. Vous pouvez demander aux autres, je n’étais pas réputé pour être l’un des moins résistants. Mais là, je n’arrivais pas à suivre."

A la fin de la rencontre, la foule l'acclame. Le stade chante "Maradona! Maradona!", il répond "Argentina! Argentina!", rappelle Le Monde. Ce but sera considéré comme le plus beau du XXe siècle, par la FIFA en 2002.

Après la rencontre, "El Pibe de Oro" assure toujours le show : "C'est un beau but, mais ce n'est pas une merveille. Raquel Welch [L'actrice, icône du cinéma américain des années 60] est une merveille, mais pas un but." 

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