PSG-Dortmund : à Paris plus question de faire de la Ligue des champions une "obsession"

Depuis l'été, le club de la capitale met tout en œuvre pour marquer une rupture avec l'ère précédente et par ricochets, avec sa succession d'échecs européens depuis son passage sous pavillon qatarien en 2011.
Article rédigé par Andréa La Perna, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Luis Enrique et Ousmane Dembélé avec le PSG après la victoire contre Lens, le 26 août 2023, au Parc des Princes. (ALAIN JOCARD / AFP)

Un été aux airs de relooking extrême. Lassé de se décevoir lui-même, le Paris Saint-Germain a presque tout changé en l'espace de quelques mois. Pas question de faire dans la demi-mesure. Moins d'un an après son intronisation, Christophe Galtier a été démis de son poste d'entraîneur alors qu'il avait été identifié comme le visage "d'un nouveau projet". Un coach aux idées diamétralement opposées l'a remplacé. Avec Luis Enrique, douze recrues ont rejoint l'effectif parisien. Ousmane Dembélé, Randal Kolo Muani, Lucas Hernandez... Les têtes d'affiche du mercato sont françaises, comme Kylian Mbappé, dernière tête de l'hydre, après la fuite de Lionel Messi et le départ (forcé) de Neymar.

Ni patience, ni clémence, même pour un chouchou du Parc des Princes. Alors qu'il avait tout pour finir sa carrière à Paris, après y avoir déjà passé 11 saisons, Marco Verratti s'est également vu indiquer la porte de sortie. Autant de décisions fortes venues servir le même message : le PSG ne sera plus le même en 2023-2024. A la veille de la rentrée du club de la capitale en Ligue des champions, face au Borussia Dortmund, cette stratégie de rupture se faisait encore sentir, lundi, dans la communication.

"Le chemin est long"

Interrogé sur l'importance que représente la compétition aux yeux du club, Luis Enrique a marqué un virage en conférence de presse. D'après le technicien espagnol, en faire une obsession est contre-productif : "Quand un club ou quelqu’un est obsédé par quelque chose, ce n’est jamais bon signe. Il faut avoir des espoirs, de l’ambition, mais l’obsession ne marche jamais. Dans aucun domaine de la vie". Ces mots sonnent comme une évidence, mais ce discours n'avait pas encore été clairement entendu à Paris, un club qui "s'était donné cinq ans pour gagner la Ligue des champions" dans la foulée de son rachat par QSI en 2011.

Pas de friture sur les ondes. Le message a été reçu cinq sur cinq par le capitaine Marquinhos, répétant peu ou prou la même chose que son entraîneur : "Le club veut aller chercher tous les titres et la Ligue des Champions en fait partie, oui. Mais il n’y a pas qu’elle, ce n’est pas une obsession. Nous voulons arriver tout en haut mais le chemin est long". Après deux éliminations consécutives dès les huitièmes de finale, le PSG est retombé sur terre, au point que ses deux derniers carrés d'affilée (finale en 2020 et demi-finales en 2021) paraissent très lointains.

La chance pour le club de la capitale est que tout le monde s'accorde, joueurs et observateurs, sur l'importance du chemin à parcourir et sa primauté sur ces hauts objectifs jamais assouvis. Malgré la défaite à domicile contre Nice (2-3), vendredi, il n'y a pas cette ambiance pesante pourtant habituelle à l'approche de chaque soirée européenne. Il y a un an éclatait déjà la polémique des chars à voile, déclenchée par une sortie malheureuse de Christophe Galtier en conférence de presse. Cette fois, on retiendra l'optimisme de Luis Enrique.

"Je crois que l’attitude et le comportement de mes joueurs méritent un 10 sur 10", a appuyé l'Espagnol, se disant par ailleurs "extrêmement satisfait" du mercato estival, malgré la perte de Marco Verratti. Grâce à cette communication mesurée, à l'heure de disputer son premier match dans la poule la plus relevée de cette Ligue des champions, Paris prend ses précautions. La transformation vers le nouveau PSG est annoncée, mais reste encore la réalité du terrain pour la valider.

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