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Ligue des champions : après la défaite contre le Barça, 10 excuses de mauvaise foi pour les supporters du PSG

Le Paris Saint-Germain a été éliminé mardi le FC Barcelone en quart de finale retour. Défaits 3-1 au match aller, les Parisiens ont été sèchement battus 2-0 au Camp Nou.

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France Télévisions
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Le défenseur du PSG David Luiz après la défaite de son équipe face au FC Barcelone, le 15 avril 2015 au Parc des Princes (Paris). (KIERAN MCMANUS / BACKPAGE IMAGES LTD)

Selon un sondage Opinionway publié début avril, 60% des personnes qui s'intéressent au foot en France soutiennent le Paris Saint-Germain en Coupe d'Europe. Fatalement, vous allez en trouver quelques-unes pour crier au complot à la machine à café, mercredi 22 avril, après l'élimination du club de la capitale face au Barça, en quarts de finale de la Ligue des champions (3-1 à l'aller, 2-0 au retour). Heureusement, francetv info vous a concocté un petit guide pour leur clouer le bec (quand c'est justifié).

C'est la faute des blessures

Recevabilité : 3/10. Beaucoup de joueurs du PSG traînent des blessures récurrentes depuis le début de la saison : la cuisse de Thiago Silva, l'épaule de Sirigu, le talon d'Ibrahimovic... Le tout à cause d'une préparation physique trop légère ? Laurent Blanc s'est agacé de ces rumeurs, et a insisté sur le fait que ses joueurs avaient fait de gros efforts lors du stage de mi-saison, à Marrakech (Maroc). N'empêche : traîner autant de blessés alors que le pic de forme des joueurs doit arriver à ce moment précis de la saison, c'est curieux. Le médecin du club, Eric Rolland, a failli prendre la porte, croit savoir Le Parisien, mais le club l'a conservé, faute d'avoir trouvé un remplaçant.

Et puis l'excuse ne tient pas : avant le match face à Chelsea, le PSG était privé de Lucas, Marquinhos, Cabaye et Aurier, ce qui ne l'avait pas empêché de se qualifier. En octobre, juste avant la victoire face à... Barcelone, l'effectif du PSG était déjà décimé. 

C'est la faute du fair play-financier

Recevabilité : 7/10. Sanctionné par l'UEFA pour non-respect du fair-play financier, le club de la capitale n'a pu inscrire que 21 joueurs en Ligue des champions, quand ses rivaux ont pu en inscrire 25. Et si son effectif est riche en têtes de gondoles, il montre ses limites quantitativement, avec seulement 23 pros. Contre Barcelone, Laurent Blanc avait sur le banc trois joueurs qu'il ne pouvait raisonnablement pas faire entrer : Jean-Kevin Augustin (un bout de match en L1), Presnel Kimpembe (14 minutes parmi l'élite), et Jean-Christophe Bahebeck (trois titularisations en championnat cette saison). 

Cela dit, le PSG aurait pu décider de ne pas dépenser toute l'enveloppe autorisée par l'UEFA (60 millions d'euros) sur le seul David Luiz.

C'est la faute du tirage au sort

Recevabilité : 4,9/10. Certes, cette année, le PSG s'est coltiné le Barça en poules et Chelsea en 8es. Mais c'est oublier un peu vite que le PSG est tombé deux ans de suite dans le groupe le plus facile de la compétition, et qu'il a eu la chance d'hériter du Bayer Leverkusen ou de Valence en huitième de finale les années précédentes. La dernière fois que le PSG est tombé dans le groupe de la mort, c'était en Ligue des champions en 2004, avec Porto (futur vainqueur), Chelsea (futur demi-finaliste) et un CSKA Moscou (futur vainqueur de la coupe de l'UEFA). Et de toute façon, pour gagner la Ligue des champions, il faut au moins éliminer un gros. Le dernier vainqueur sur un malentendu (Porto, en 2004), avait quand même sorti Manchester United en huitièmes.

C'est la faute du public

Recevabilité : 6/10. La position des dirigeants parisiens sur le Parc des princes est schizophrénique. D'un côté, ils se félicitent d'avoir exclu du stade les éléments les plus contestataires, de l'autre ils déplorent que le Parc ne soit pas un chaudron intimidant pour l'adversaire. D'où la timide tentative de reprise en main avec le déploiement (raté) d'un tifo contre Chelsea en huitièmes de finale, et le recrutement de joueurs de tambours pour la réception de Barcelone en quarts. Il n'empêche : David Luiz a dû haranguer un public apathique à la demi-heure de jeu contre les Catalans. Le public du Parc, poli et bien élevé, a chanté "Merci Paris" après la débâcle. 

C'est la faute des arbitres

Recevabilité : 2/10. Le PSG a pris l'eau contre Barcelone sans Zlatan Ibrahimovic, expulsé face à Chelsea, et sans Marco Verratti, qui paye une accumulation de cartons jaunes. Signe d'un acharnement des arbitres sur les Parisiens ? Non : le PSG fait peu de fautes (il est 23e sur 32 au classement des mauvais élèves) et est l'équipe encore en lice qui a pris le moins de cartons.

C'est la faute de Nasser

Recevabilité : 7/10. Après la première défaite contre Barcelone, en décembre, le président du club avait glissé à Laurent Blanc : "J'espère que cette défaite sera la dernière". Le président du PSG, qui s'est fixé pour objectif de décrocher la Ligue des champions à brève échéance, a-t-il mis la barre trop haut ? "Il arrive à être assez clair assez vite quand quelque chose ne va pas", euphémise Jean-Claude Blanc, le directeur général du club, dans Challenges. Laurent Blanc en fera peut-être les frais, mardi 21 avril, au Camp Nou.

Mais mettre sur la table une petite fortune et rameuter des bons joueurs ne suffit pas pour gagner immédiatement la coupe aux grandes oreilles : Chelsea a mis douze ans entre l'arrivée de Roman Abramovitch au club et la victoire en C1, Manchester City et ses cheikhs émiratis attendent toujours. Record du genre : Silvio Berlusconi, qui n'a mis que trois ans à décrocher le titre suprême. Mais c'était en 1989. A l'époque, il était le seul à adopter cette stratégie.

C'est la faute des médias

Recevabilité : 1/10. Trop de pression sur le PSG ? Même si le club de la capitale truste 50% des unes de L'Equipe, la pression médiatique en France est sans commune mesure avec ce que subit le Barça en Espagne, par exemple. Il existe deux journaux qui se consacrent à 80% au club catalan (Mundo Deportivo et Sport), sans parler des journaux madrilènes pro-Real qui sortent les infos dérangeantes sur le club – la crise entre Lionel Messi et l'entraîneur Luis Enrique à l'automne –, explique Slate. On en est encore très loin en France.

C'est la faute du calendrier

Recevabilité : 2/10. Le PSG va disputer 8 matchs au mois d'avril, son record de la saison. "Ce calendrier est surchargé, s'est plaint Laurent Blanc. Il ne nous permet pas de récupérer." Certes, un rythme de deux matchs par semaine met les organismes à contribution, et oblige l'entraîneur à ne faire que de la récupération entre les rencontres. Mais ce serait oublier que l'adversaire en Ligue des champions, Barcelone, jouera le même nombre de matchs en avril. 

C'est la faute des autres équipes de Ligue 1

Recevabilité : 0/10. Les clubs français ont longtemps justifié leurs échecs en coupe d'Europe par la faiblesse de l'opposition domestique. D'un seul coup, contre un cador européen, le niveau s'élevait de deux crans. Le PSG ne peut pas utiliser cet argument, car il n'arrive pas à survoler le championnat, la faute à un nombre considérable de matchs nuls (11 sur 33 journées). 

Et si le championnat était si faible que ça, Paris serait à l'abri en championnat depuis longtemps, et pourrait se permettre des impasses. La Juventus a ainsi envoyé son équipe B à Parme (défaite 0-1), juste avant de recevoir Monaco en Ligue des champions.

C'est la faute de Jean-Michel Aulas

Recevabilité : 0/10. Dans le foot français, tout est toujours un peu de la faute de Jean-Michel Aulas, l'omniprésent président de l'Olympique Lyonnais, devenu star de Twitter. Pas cette fois : le président de l'OL a même eu des mots gentils pour les Parisiens, après leur qualification contre Chelsea. Avec le secret espoir que la fatigue accumulée en coupe d'Europe allait leur faire perdre des points en championnat, sans doute…

C'est la faute de francetv info

Recevabilité : 5/10. Vous aviez vraiment pris cet article au pied de la lettre ? 

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