Zidane quitte le Real Madrid : le bilan contrasté de son deuxième passage sur le banc

Un peu plus de deux ans après son retour, l'entraîneur français a décidé, jeudi, de quitter son poste au sein du club espagnol, un an avant la fin de son contrat.

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Zinedine Zidane, l'ex-entraîneur du Real Madrid, le 13 mars 2021. (GABRIEL BOUYS / AFP)

Cette fois-ci, c'est la bonne. Revenu en mars 2019, quelques mois seulement après un premier départ à l'été 2018, le Real Madrid a annoncé jeudi 27 mai que Zinédine Zidane quittait son poste d'entraîneur. Il se retire de la "Maison blanche" après un nouveau passage de plus de deux ans, étalé sur trois saisons, marqué par un titre de champion d'Espagne en 2020.

"Le défi est plus grand que lors de ma première nomination"

Quand le champion du monde 1998 reprend la tête du Real Madrid, le 11 mars 2019, ses joueurs sont enfoncés dans une crise profonde. Une semaine auparavant, les Madrilènes ont été piteusement éliminés par l'Ajax Amsterdam, en huitièmes de finale de la Ligue des champions, en concédant une défaite écrasante au retour, au stade Santiago Bernabeu (4-1).

"J'ai pris la décision de revenir car le président m'a appelé, et que je l'aime beaucoup. J'avais juste une envie profonde de revenir, même si le défi est plus grand encore que lors de ma première nomination", avait déclaré Zinédine Zidane lors de sa prise de fonction. Et pour cause, réitérer les trois victoires consécutives en Ligue des champions décrochées lors de son premier cycle (2016, 2017 et 2018) semble difficile voire impossible. Cristiano Ronaldo n'est d'ailleurs plus là après son départ à la Juventus à l'été 2018.

Le chantier est tout autre après les passages de Julen Lopetegui et Santiago Solari. Les Merengues pointent à la troisième place de la Liga, douze points derrière le rival barcelonais, quand ZZ débarque à onze journées du terme du championnat. La Liga est d'ailleurs la seule compétition qu'il reste à jouer pour le Real. Malgré trois victoires sur ses quatre premiers matchs, Zidane et son équipe craquent en perdant trois des quatre dernières journées et ne parviennent pas à faire mieux que la troisième place. Pis, avec 1,55 point par match, il est en dessous des standards de Santiago Solari (2,13 points/match) qu'il vient pourtant de remplacer.

Une reprise post-covid infernale

C'est surtout la saison suivante, avec une préparation et un recrutement qu'il peut maîtriser, que Zinédine Zidane pose sa patte sur le Real Madrid. Le début de championnat de la "Maison blanche" est bon avec une seule défaite à Majorque (1-0) sur les 24 premières journées. Avec deux défaites supplémentaires, le Real est 2e à deux points du Barça quand la saison de Liga s'interrompt brutalement après la 27e journée à cause du coronavirus.

Les Madrilènes vont redémarrer leur championnat mieux que personne au mois de juin. Ils enchaînent dix victoires de rang et un seul nul lors de la dernière journée alors que le titre est déjà acquis de haute volée. C'est le deuxième et dernier titre en Liga du technicien de 48 ans. Il atténuera un peu la déception de l'élimination en huitièmes de finale de la Ligue des champions par Manchester City (4-2 au cumulé).

Cette saison n'a pas été de tout repos pour Zidane. Le début de championnat est très compliqué avec déjà trois défaites en onze journées seulement. La Ligue des champions n'aide pas non plus puisque le Real tombe à deux reprises contre le Shakhtar Donetsk en poules (3-2, 2-0).

Sauvé par ses joueurs à plusieurs reprises

De nombreuses fois dans la saison, la tête du technicien tricolore semble ne plus tenir qu'à un fil. Mais son équipe montre à chaque fois un surplus de motivation, mue par l'envie collective de sauver l'homme providentiel des dix dernières années au Real. La victoire des coéquipiers de Karim Benzema contre l'Atlético de Madrid en décembre (2-0) intervient, par exemple, alors que les jours de Zidane semblent comptés.

Zinédine Zidane sur le banc du Real Madrid, contre Chelsea à Stamford Bridge, le 5 mai 2021. (GLYN KIRK / AFP)

Sauf que depuis ce sursaut, le Marseillais a redonné de l'allant à son effectif qui n'a perdu qu'une seule fois en championnat depuis la onzième journée, contre Levante (2-1), le 30 janvier 2021. Derrière une série de 17 rencontres sans défaite, le Real s'était remis en position de prendre le titre aux Colchoneros jusqu'à la dernière journée. Inimaginable quelques semaines plus tôt. C'est d'ailleurs symbolique des qualités madrilènes sous Zinédine Zidane, cette volonté de ne jamais rien lâcher en dépit des circonstances, comme l'absence prolongée en 2021 de l'inoxydable Sergio Ramos.

Direction Turin ?

L'absence de l'Espagnol a forcément pesé, même si d'autres ont tiré leur épingle du jeu pour le suppléer. Si les Merengues ont réussi à rejoindre le dernier carré en dominant l'Atalanta Bergame puis Liverpool, ils se sont fait cueillir par Chelsea. On touche peut-être le plus gros échec de Zidane cette saison tant il avait été dominé tactiquement sur cette double-confrontation par son homologue de Chelsea Thomas Tuchel (3-1 au cumulé).

Son avenir s'écrit pour l'instant en pointillé. Peut-il être le remplaçant idéal d'Andrea Pirlo dans son ancienne maison de la Juventus ? Ou alors un candidat crédible pour succéder à Didier Deschamps à la tête des Bleus ? Personne n'a la réponse. La seule vérité du moment, c'est que son aventure avec le Real Madrid se regardera désormais dans le rétroviseur.

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