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Jean-Louis Borloo, l'éternel sauveur de Valenciennes

L'ancien ministre centriste a repris la tête du club, dans la tourmente.

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France Télévisions
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Jean-Louis Borloo au stade Nungesser de Valenciennes (Nord) lors de la montée du VAFC en Ligue 1, le 5 mai 2006. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Le Valenciennes FC (VAFC) retrouve la Ligue 2... et son ancien président. Jean-Louis Borloo, qui a largement contribué au sauvetage du club de football, en a pris la tête jeudi 10 juillet, veille du jour où il a été réintégré en Ligue 2. L'homme politique avait dirigé les "VA", déjà dans la tourmente entre 1986 et 1991, et n'en est pas à son premier sauvetage. En trente ans, il s'est aussi implanté dans la région, "y a posé sa patte et placé ses hommes", relate La Voix du Nord, et en a fait son tremplin politique. Récit. 

Les années 1990 : la rencontre

En 1986, le VAFC est au bord du gouffre après quatre ans passés à se débattre avec des finances catastrophiques. Jean-Louis Borloo, 35 ans et alors avocat spécialisé dans le droit des entreprises en difficulté, classé par Forbes parmi les conseils les mieux payés au monde, répond à l’appel au secours lancé par Colette Gadeyne, administratrice judiciaire qui gère le club à la limite de la liquidation. 

"A l’époque, je travaillais sur le dossier Robine, une entreprise fabriquant des camions spécialisés sur le secteur. Elle m’a (...) demandé d’aller au tribunal de commerce avec eux, parce que moi, a-t-elle dit, 'les juges m’aimaient bien'", se souvient-il, interviewé par La Voix du Nord. Jean-Louis Borloo participe à un déjeuner qui le "bouleverse", particulièrement quand il entend cette phrase prononcée par l'un des gérants du club, au bord des larmes : "On a atteint les feux de la sidérurgie, maintenant, on éteint les projecteurs de Nungesser", le stade du club à l'époque.

Borloo se met à chercher des partenaires, paye les salaires avec ses fonds propres, refonde les statuts juridiques du club et fait appel à un ancien joueur du VA, Daniel Leclercq, pour entraîner l'équipe. En parallèle, il s'appuie sur sa popularité de Zorro du club pour se faire élire maire de Valenciennes avec 76% des voix. Jusqu'en 2014, il occupe successivement, voire cumule, la mairie (1989-2002), la présidence de la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, la députation et un poste de conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais. 

Les années 2000 : toujours dans les parages

En 1991, Jean-Louis Borloo laisse les rênes au chef d'entreprise Jean-Louis Deneuville et à des investisseurs, qui mettent 5 millions de francs sur la table : "Là, je pouvais partir serein. Avec 5 millions, je savais que la remontée en division 1 était au bout."

Mais le centriste n'est jamais loin. Dans un grand écart quasi schizophrénique, il défend Bernard Tapie, son client historique et patron de l'OM dans l'affaire qui oppose le club phocéen au VAFC en 1993, un scandale d'achat de joueurs résumé ici par Libération, ou détaillé par Dailynord.fr. Mais c'est encore Jean-Louis Borloo qui va relever le club. A l'issue du procès, les dirigeants marseillais sont condamnés pour avoir essayé de corrompre trois rouges et blancs, mais les Valenciennois trinquent aussi. Relégué deux fois, le club dépose le bilan en 1995. 

Jean-Louis Borloo donne le coup d'envoi du premier match joué dans le nouveau stade du Valenciennes FC, le stade du Hainaut, le 26 juillet 2011. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

"En 2000, nous étions en national, non, en CFA. J’étais en Tunisie, dans un boui-boui, et j’ai reçu un coup de fil de Bernard Moreau [l'un des entrepreneurs qui avait investi], j’étais au resto. Il m’a dit : 'Je n’en peux plus, il n’y a plus personne.' (…) Alors j’ai repris la présidence", raconte Jean-Louis Borloo à La Voix du Nord en 2013. Il confie ensuite le poste à l'un de ses proches, Francis Decourrière, eurodéputé de 1994 à 2004 et lui aussi membre de l'UDF puis de l'UDI.

C'est ce dernier qui inaugure en 2011 le nouveau stade du Hainaut, livré par la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole, dont Borloo est président de 2001 à 2008. Touché par la limite d'âge, Francis Decourrière laisse sa place à Jean-Raymond Legrand en 2010. Qui démissionne, quatre ans plus tard, en faveur de "la banane", comme l'ont surnommé un temps ses collègues du gouvernement.

2014 : le dernier recours 

Relégué sportivement de Ligue 1 en Ligue 2 en mai, le VAFC connaît une nouvelle descente aux enfers. Il est placé en redressement judiciaire le 25 juin et est rétrogradé administrativement en National le lendemain. C'est compter sans "JLB". 

Trois mois après sa mise en retrait de la vie politique et l'abandon de ses mandats à cause de ses ennuis de santé, Jean-Louis Borloo refuse de laisser tomber le Valenciennes FC. Selon La Voix du Nord, l'ancien député-maire met 500 000 euros de sa poche et tout son réseau pour arriver à impliquer quatre autres investisseurs dans un tour de table qui atteint 2,6 millions d'euros.

Vendredi 11 juillet, il est allé plaider lui-même la cause du club devant la Direction nationale de contrôle de gestion (DNCG) de la Ligue de football. Avant de minimiser son rôle à venir : "Je ne serai qu'une caution, en aucun cas je reprendrai une présidence opérationnelle. Je suis fatigué, je dois me ménager." Promettant de rester "pour être le garant de la bonne tenue des opérations", il affirme ne pas encore savoir "à quelle place".

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