Retard, défilé express sur les Champs-Elysées, vrai-faux passage à l'hôtel Crillon... Ces couacs qui ont (un peu) gâché le retour des Bleus

De nombreux supporters se sont plaints d'avoir attendu de longues heures pour acclamer les nouveaux champions du monde, qui n'ont finalement défilé que quelques minutes.

Des supporters des Bleus patientent sur la place de la Concorde en espérant apercevoir les joueurs à l\'hôtel du Crillon, lundi 16 juillet à Paris.
Des supporters des Bleus patientent sur la place de la Concorde en espérant apercevoir les joueurs à l'hôtel du Crillon, lundi 16 juillet à Paris. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

"On attend quatre heures, on stoppe tout ce que l'on est en train de faire pour venir communier avec les joueurs, et votre bus passe les champs en 4e...." Sur les réseaux sociaux, certains supporters des Bleus ont exprimé leur amertume après le défilé des nouveaux champions du monde, lundi 16 juillet sur les Champs-Elysées à Paris.

>> "La fête a été loupée" : la grosse déception d'une association de supporters après le passage éclair des Bleus sur les Champs-Elysées

Entre un retard conséquent avant leur arrivée sur "la plus belle avenue du monde", un passage devant la foule jugé trop rapide et un imbroglio autour d'un passage par la place de la Concorde, franceinfo revient sur les quelques couacs qui ont terni,  pour certains fans, le retour des héros.

Du retard pour les Bleus, et de l'attente pour les fans

Les hommes de Didier Deschamps ont pris du retard avant même de toucher le sol français. Alors que le décollage de leur avion était initialement prévu à 13 heures, Antoine Griezmann et les siens n'ont finalement quitté l'aéroport de Moscou-Cheremetievo qu'à 14h15. Ils sont arrivés à Paris Charles-de-Gaulle à 16h45, soit cinquante minutes plus tard qu'espéré.

Les joueurs de l\'équipe de France de football descendent de leur avion à l\'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, lundi 16 juillet 2018.
Les joueurs de l'équipe de France de football descendent de leur avion à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle, lundi 16 juillet 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les Champs-Elysées étaient alors noires de monde. Certains supporters ont commencé à se masser contre les barrières installées de part et d'autre de l'avenue avant 14 heures. Ils ont patienté dans une ambiance festive, mais dans une chaleur étouffante : sous un ciel dégagé, le mercure flirtait avec les 31 degrés à l'ombre. 

Du fait d'un trajet ralenti par les nombreux véhicules qui souhaitaient apercevoir le bus des joueurs, les Bleus n'ont finalement commencé leur défilé sur les Champs-Elysés qu'à 19h15, soit deux heures plus tard que l'horaire initialement prévu. Certains supporters ont donc patienté plus de cinq heures, parfois serrés comme des sardines, sous un soleil de plomb. Résultat : les forces de l'ordre ont dû prendre en charge 271 personnes qui avaient, pour la plupart, fait un malaise à cause de la chaleur, indique la préfecture de police citée par Europe 1.

Un défilé sur les Champs-Elysées jugé trop rapide par les supporters

Est-ce à cause du retard accumulé, de mesures de sécurité, des deux à la fois ? Toujours est-il qu'une fois arrivé sur les "Champs", le bus à impériale des Bleus n'a défilé qu'un peu plus de dix minutes devant les 300 000 personnes réunies pour l'événement avant de filer vers l'Elysée pour la réception organisée par Emmanuel Macron. 

Résultat : les supporters n'ont pu voir le bus passer devant eux que quelques secondes, comme le montrent ces images publiées sur Twitter par notre journaliste Clément Parrot.

Selon la préfecture, le véhicule qui transportait les champions du monde circulait dans son couloir protégé à 6,5 km/h. Si on y ajoute la présence de 2 000 membres des forces de l'ordre et de 400 personnels de secours, on est loin du joyeux bazar de 1998 qui avait contraint le chauffeur à écourter le périple après avoir parcouru 200 petits mètres en une heure.

De quoi provoquer une grosse déception, même chez les plus fervents soutiens des Bleus. Interrogé par franceinfo, le cofondateur du groupe de supporters Irrésistibles français, Fabien Bonnel, qui a filé à Paris après avoir assisté à la finale à Moscou, fustige une fête "loupée".

Je ne demandais pas que le bus soit bloqué, mais, de là à filer aussi vite pour faire la fête en comité restreint à l'Elysée... Ce n’est pas ça la fête populaire qu'on attendait.Fabien Bonnel, cofondateur des Irrésistibles Françaisà franceinfo

Un imbroglio autour de la présence des champions dans un grand hôtel

Cette journée de communion s'est terminée, pour certains, sur une fausse note. Après le défilé sur les Champs-Elysées, des milliers de supporters ont en effet attendu l'apparition des Bleus à l'hôtel du Crillon dans la soirée. Comme l'explique LibérationLe Parisien et TF1 ont laissé entendre que les champions du monde termineraient leur soirée dans ce palace situé place de la Concorde, comme cela avait été le cas en 1998. 

Des supporters des Bleus patientent sur la place de la Concorde en espérant apercevoir les joueurs à l\'hôtel du Crillon, lundi 16 juillet à Paris.
Des supporters des Bleus patientent sur la place de la Concorde en espérant apercevoir les joueurs à l'hôtel du Crillon, lundi 16 juillet à Paris. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Malgré l'annonce en début de soirée sur le compte Twitter officiel de l'équipe de France qu'aucun rendez-vous n'aurait lieu après la réception au palais de l'Elysée, de nombreux fans sont restés massés devant l'hôtel en espérant voir leurs idoles. Exaspérés par l'attente et déçus, certains ont laissé éclater leur colère. Des bouteilles ont été jetées sur les forces de l'ordre présentes, qui ont ensuite fait évacuer la place de la Concorde.

Interrogé mardi matin sur franceinfo au sujet de cet imbroglio, Philippe Tournon, chef du service de presse de l'équipe de France de football, a affirmé que le staff des Bleus n'avait "jamais" prévu de déplacement au Crillon. Des propos démentis par le palace, dont les équipes ont confirmé à franceinfo "avoir été appelées par les Bleus pour [mettre] à disposition notre salon historique pour recevoir l'équipe de France". Le service de presse du grand hôtel n'a toutefois pas précisé qui avait décommandé la fête, ni la raison.

On avait préparé une collation et un gâteau en ballons de football fait par nos pâtissiers, mais ils ne sont pas venus.Le service de presse du Crillonà franceinfo