Emeutes, impatience de la Fifa, colère du CIO... Les ennuis s'accumulent pour le Brésil

Le pays, qui doit organiser la Coupe du monde 2014 et les Jeux olympiques 2016, fait face à une fronde sociale et des retards dans la construction de ses équipements sportifs.

Trois voitures en feu dans les rues de Rio de Janeiro (Brésil), le 28 avril 2014.
Trois voitures en feu dans les rues de Rio de Janeiro (Brésil), le 28 avril 2014. (ALESSANDRO COSTA / AGENCIA O DIA/ESTADAO CONTEUDO / AFP)

"C'est la pire préparation que j'ai vue." Mardi 29 avril, le vice-président du Comité international olympique (CIO), John Coates, a fustigé l'organisation des jeux de Rio de Janeiro (Brésil), prévus pour 2016. Cette déclaration hostile vient s'ajouter à la liste des mauvaises nouvelles qui s'accumulent ces derniers jours au Brésil.

Francetv info revient sur ces événements qui montrent que le pays a peut-être eu tort de vouloir organiser la Coupe du monde 2014 et les Jeux olympiques 2016.

Les émeutes se poursuivent

Depuis le 22 avril et la mort d'un homme arrêté par la police, Rio de Janeiro s'embrase. Lundi 28 avril, cinq bus ont été incendiés dans une favela du nord de la ville, Joquei, après la mort d'un jeune, tué dans un échange de tirs entre forces de l'ordre et criminels. Le matin même, trois voitures ont été brûlées dans une autre favela, Alemao, après la mort dans des circonstances indéterminées d'une femme de 72 ans.

Ces violences s'inscrivent dans un contexte social plus que tendu. En juin 2013, de violentes manifestations avaient perturbé la Coupe des confédérations, considérée comme une répétition générale avant le Mondial. Et depuis, les groupes de citoyens et les partis politiques restent mobilisés pour demander des investissements dans les services publics plutôt que dans l'organisation des deux événements sportifs. Ils dénoncent également la corruption et la hausse des prix.

 La Fifa perd patience

Ils devaient être livrés fin décembre. Mais quatre stades de la Coupe du monde (à Sao Paulo, Curitiba, Cuiaba et Porto Alegre) sont toujours inachevés, à un peu plus d'un mois du Mondial. "Il y a des retards, oui, inattendus, qui rendent la dernière ligne droite plus tendue, plus difficile", a euphémisé le 25 avril le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke.

Un autre responsable du football mondial a pris moins de gants. Dans une déclaration polémique, le président de l'UEFA, Michel Platini, a demandé aux Brésiliens d'arrêter de manifester. "Faites un effort pendant un mois, calmez-vous !", a-t-il lancé.

Le Comité international olympique s'inquiète

Alors que le pays se concentre sur la Coupe du monde, le CIO est venu rappeler cette semaine qu'il ne fallait pas oublier de préparer les JO 2016. "Je pense que la situation est pire qu'à Athènes", a expliqué John Coates, après six voyages à Rio de Janeiro. La préparation des JO 2004 dans la capitale grecque avait accumulé les retards dans les constructions des sites olympiques et des infrastructures publiques.

"A Athènes, nous avions pour interlocuteur un gouvernement et quelques responsables municipaux. Ici, il y en a trois", a-t-il expliqué, citant "peu de coordination entre l'Etat fédéral, le gouvernement de l'Etat [de Rio] et la ville", ainsi que "des problèmes sociaux" et "un pays qui a aussi à gérer la Coupe du monde de football qui arrive".  Le Mondial se tiendra du 12 juin au 13 juillet 2014.