Manchester City-PSG : de nouveaux riches au sacre européen, un si long chemin de croix

Depuis leur rachat par des fonds souverains, le PSG et Manchester City n'ont toujours pas remporté la Ligue des champions. Signe que le statut de nouveau riche n’octroie pas une réussite sportive immédiate.

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France Télévisions
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Neymar et le PSG ont perdu leur première finale de C1 le 23 août dernier, face au Bayern Munich (0-1) (DAVID RAMOS / POOL/AFP)

Janvier 2013. L'audacieux Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain depuis un an et demi, s'adresse au Parisien pour afficher les ambitions du club de la capitale en Ligue des champions : "En arrivant à Paris en juin 2011, nous nous sommes donné cinq ans pour faire partie du top niveau européen et pour gagner la C1. Il nous reste donc trois ans pour y parvenir".

Huit ans plus tard, le compte n'y est toujours pas pour le PSG. Après une première finale de C1 perdue en août dernier face au Bayern Munich (0-1), les Parisiens doivent renverser la tendance face à Manchester City à l'occasion de la demi-finale retour, mardi 4 mai, à l'Etihad Stadium, après la défaite lors du match aller (1-2). Au-delà d'un duel sur fond de rivalités géopolitiques, cette confrontation offrira une nouvelle opportunité à un "nouveau riche" du football mondial de remporter sa première "coupes aux grandes oreilles".

Des milliards d'euros d'investissement

Car le PSG et Manchester City disposent depuis plus de dix ans de moyens considérables, ceux de deux Etats rentiers, le Qatar et les Emirats arabes unis, sans parvenir à remporter la plus grande des compétitions européennes. En 2008, le cheikh Mansoor Bin Zayed Al-Nahyan, membre de la famille régnante d'Abu Dhabi, rachète Manchester City. Trois ans plus tard, Qatar Investment Authority, le fonds d'investissement souverain du Qatar, acquiert le PSG.

Depuis, ces deux "nouveaux riches" ont investi des sommes folles sur le marché des transferts. Les dirigeants des Citizens ont dépensé plus de deux milliards d'euros pour acquérir des nouveaux joueurs et viser la C1 depuis 2008, contre 1,3 milliard pour le PSG depuis 2011. Insuffisant cependant pour bousculer le gotha européen et lui chiper le trophée si convoité.

S'armer de patience

En Ligue des champions plus qu'ailleurs, tout vient à point à qui sait attendre. Nasser Al-Khelaïfi, l'impatient et impétueux président du PSG, l'a appris à ses dépens au fil des échecs du PSG en C1. En juin 2016, après la défaite du club en quarts de finale face à Manchester City, le Qatari semblait touché, comme il l'expliquait au Parisien : "Cette élimination est le pire moment depuis que je suis à Paris. (…) Je réfléchis et de gros changements pourraient arriver."

À l'époque, les Citizens n'en avaient pas profité et avaient chuté en demi-finale. La meilleure performance du club depuis l'arrivée des investisseurs émiratis à Manchester. Pour remédier à ces difficultés, les dirigeants de City ont mis le paquet en 2016 en recrutant le meilleur entraîneur au monde, Pep Guardiola, déjà vainqueur deux fois de la C1 avec Barcelone (2009, 2011).

Des échecs successifs

Un choix qui n'a, jusqu'ici, pas porté ses fruits. Manchester City a subi d'importantes désillusions ces dernières saisons contre Monaco (2017), Tottenham (2019) et Lyon (2020). Le PSG a également son lot d'échecs cruels, contre le FC Barcelone (2017) et Manchester United (2018) notamment. A tel point que Guardiola, plus jeune vainqueur de l'histoire de la C1 à 38 ans en 2009, a également dû se résoudre à se montrer patient.

John Stones et Gabriel Jesus déçus après la défaite contre Lyon en quart de finale de la Ligue des champions, le 15 août 2020 (FRANCK FIFE / AFP)

"Oui, bien sûr, gagner la Ligue des champions est la prochaine étape pour Manchester City, mais parfois cela ne peut pas être possible", déclarait-il en septembre 2019. "Parfois, vous prenez quelques années, parfois vous prenez plus de temps. Le FC Barcelone est mon club de cœur et a remporté son premier titre en C1 en 1992", rappelait-il également. Preuve que les nouveaux riches ont du mal à s'imposer sur la scène européenne ?

L'exemple Chelsea

Le sacre de Chelsea en 2012, neuf ans après le rachat du club par le milliardaire russe Roman Abramovich, en dit long. Les Blues, qui doivent disputer leur demi-finale retour mercredi 5 mai face au Real Madrid, avaient remporté la C1 après avoir dépensé plus de deux milliards d'euros : 1,2 milliard en salaire de joueurs, plus de 620 millions en transferts et 250 millions en salaire d'entraîneurs. Le club de Londres semblait sur une phase descendante après une progression constante au milieu des années 2000 et une première finale en 2008 perdue face à Manchester United.

Après s'être incliné contre le Bayern en août dernier, Al-Khelaïfi s'était montré optimiste sur la suite pour le club de la capitale : "Personne ne pensait qu'on irait en finale, on était proches de gagner. On va travailler pour gagner la Ligue des champions, c'est notre objectif. Il manque peut-être quelques détails. C'était notre première finale. On est très proches. On va y arriver, on va la gagner." Pour cela, Paris, troisième club français à participer à deux demi-finales consécutives de C1 après Saint-Étienne et Marseille, n'a d'autre chemin que l'exploit, afin de devenir le deuxième "nouveau riche", après Chelsea, à remporter une Ligue des champions.

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