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Giro 2022 : un Tour d'Italie taillé pour Romain Bardet ?

Auteur d'un bon début de saison, le coureur français prend le départ, vendredi, de son second Tour d'Italie avec un statut d'outsider aux dents longues.

Article rédigé par Vincent Daheron, franceinfo: sport
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Romain Bardet sur le Tour des Alpes, le 21 mars 2022. (PIERRE TEYSSOT / MAXPPP)

On l'a quitté sous le choc après la violente chute sur Liège-Bastogne-Liège, lorsqu'il s'est désintéressé de la course pour porter secours à Julian Alaphilippe, gravement blessé. Moins de deux semaines plus tard, vendredi 6 mai, on retrouve Romain Bardet, à Budapest, pour le départ de la 105e édition du Tour d'Italie, dont il devrait être l'une des têtes d'affiche. Le Français de la DSM a des raisons d'espérer faire mieux que sa septième place l'an dernier pour sa première participation.

"Depuis cet hiver, on a en tête d'aller sur le Giro pour faire un bon classement général", expliquait l'Auvergnat en avril sur EurosportAprès une première saison de transition réussie (deux victoires d'étapes sur le Tour de Burgos et la Vuelta), le natif de Brioude (Haute-Loire) semble avoir pris la mesure des méthodes de sa nouvelle équipe. Au sortir de neuf années chez AG2R La Mondiale (désormais AG2R Citroën) où il était comme chez lui, Romain Bardet a su digérer une approche différente.

Une belle victoire sur le Tour des Alpes

Cette année, il a très peu couru (seulement vingt jours de course) mais il a tout de même remporté le Tour des Alpes, sa première victoire au général d'une course à étapes... depuis 2013 (le Tour de l'Ain). "C'est très bon pour la confiance. C'était une course difficile et idéale pour tester les jambes pour le Giro", a-t-il détaillé, mercredi, en conférence de presse.

 Romain Bardet avec le trophée du vainqueur du Tour des Alpes, le 22 avril 2022, à Lienz (Autriche). (PIERRE TEYSSOT / MAXPPP)

Romain Bardet se classe clairement parmi les outsiders d’un Tour d’Italie au plateau modeste, démuni des monstres du peloton, tournés vers le Tour de France. Confronté à Richard Carapaz (vainqueur en 2019), Miguel Angel Lopez (3e en 2018), Mikel Landa (3e en 2015), Simon Yates (3e l’année dernière), Tom Dumoulin (vainqueur en 2017) ou Joao Almeida (4e en 2020), le Français peut espérer s’immiscer sur le podium, ce qu'il n'a plus fait sur un grand tour depuis 2017.

De fait, il arrive au départ de Hongrie avec des ambitions et le sentiment que les étoiles s'alignent à nouveau. Le Giro "est un grand tour qui, si je le prépare spécifiquement, me convient très bien. (...) Je pense que je l'aborde avec de très bonnes dispositions, de la fraîcheur, j'ai pu m'entraîner comme je voulais", a-t-il souligné sur Eurosport.

Un parcours taillé pour ses qualités

La saison dernière, pour sa première participation au Giro, il figurait encore dans le top 5 avant le contre-la-montre final. Cet exercice, son principal point faible, l’avait fait reculer en septième position. Le parcours 2022 se terminera encore une fois par un chrono, mais son tracé global sera plus accueillant pour le Français. Seulement 26 kilomètres de contre-la-montre sont au programme, ce qui n'avait plus été vu sur un Giro depuis près de soixante ans.

Il reste cependant une dernière interrogation, et elle concerne la capacité de ses équipiers à l’accompagner le plus loin possible en montagne. Pour cela, Romain Bardet pourra surtout compter sur le jeune Thymen Arensman (22 ans). Sixième de Tirreno-Adriatico puis surtout troisième du Tour des Alpes, le Néerlandais a été d’une grande aide pour mener son leader à la victoire finale en Autriche.

Le coureur né à Deil découvrira pour sa part le Tour d’Italie. "Je suis là pour aider Romain afin qu'il puisse atteindre le meilleur résultat possible au classement", a-t-il affirmé en conférence de presse. Romain Bardet tentera, lui, de devenir le premier Français sur le podium du Giro depuis… John Gadret en 2011 (à la suite du déclassement d’Alberto Contador).

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