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Mondiaux de cyclisme : "Que j'aie le maillot arc en ciel une troisième fois ou pas, je serai heureux", affirme Julian Alaphilippe, marqué par toutes ses chutes

Gêné par des blessures tout au long de la saison, le Français ne sait pas s'il sera en mesure de réaliser la passe de trois, dimanche à Wollongong, après ses deux titres mondiaux acquis en 2020 et 2021.

Article rédigé par franceinfo: sport avec AFP
France Télévisions - Rédaction Sport
Publié
Temps de lecture : 3 min
Le Français Julian Alaphilippe après l'arrivée de la 5e étape de Tirreno Adriatico, le 11 mars 2022. (LUCA BETTINI / AFP)

"Pas à 100%" mais "pas pourri non plus". Voilà comment se présente Julian Alaphilippe au moment de défendre son maillot arc-en-ciel de champion du monde sur route, lors de la course en ligne, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 septembre. Le Français s'avance avec un sentiment ambigu : d'une part la volonté de "donner le max" pour garder son titre, de l'autre la perspective d'un soulagement que représenterait la perte de sa tunique, et du poids qui l'accompagne.

Le coureur sera moins favori que d'habitude après une saison noire, marquée par sa spectaculaire chute sur Liège-Bastogne-Liège et une autre au Tour d'Espagne qu'il a quitté le 31 août avec une luxation de l'épaule droite. En conférence de presse, mercredi 21 septembre à Wollongong, le double champion du monde en titre s'est exprimé sur ses ambitions, son état d'esprit.

Comment allez-vous après votre chute en Espagne ?

Julian Alaphilippe : Ça va. J'arrive avec beaucoup de motivation, plutôt relax. Je ne suis pas dans les meilleures conditions, ça c'est sûr. La dernière fois que j'étais sur une course, je me suis blessé. Une fois de plus, presque une fois de trop. Je ne suis certainement pas à 100%. Je ne vais pas être pourri non plus, mais je ne vais pas arriver avec les mêmes garanties que les années précédentes.

Aurez-vous encore un rôle de leader comme ces dernières années ?

Je suis un des leaders mais je ne suis pas leader unique et ça me va très bien. Tout le monde connaît mon état de forme. Il y a des coureurs de l'équipe de France qui ont plus performé que moi ces dernières semaines, et à qui la course correspond très bien aussi. Je serai très heureux de donner le max pour eux. C'est en jouant sur le collectif qu'on ira loin.

Avec toutes ces chutes, ressentez-vous de l'appréhension sur un vélo désormais ?

Je ne cache pas qu'à certains moments, quand ça roule vite, quand on n'est pas loin de la chute, j'ai peut-être un peu plus peur qu'avant. Car je n'ai pas envie de m'en reprendre une, comme j'en ai trop pris cette année. Je suis toujours un peu marqué par Liège bien sûr.

Cette chute à Liège-Bastogne-Liège vous a fait relativiser davantage les choses ?

Oui. C'est surtout ma petite famille et mon petit garçon qui m'ont fait beaucoup de bien dans ces moments très durs.

Ça a été une année compliquée. Plusieurs fois j'ai eu envie de poser le vélo dans le garage et d'être déjà en 2023.

Julian Alaphilippe

en conférence de presse

Mais c'était aussi un peu l'année de la résilience. Je suis revenu à chaque fois, malgré les contre-temps. Et voilà, je suis là, avec les copains et je profite de chaque seconde, de chaque kilomètre.

Ressentez-vous moins de pression que les années précédentes ?

La pression, je ne la ressens pas du tout. Là où j'ai eu un peu de pression c'était à Imola, aux Mondiaux 2020. L'année dernière, j'étais motivé et j'ai couru pour gagner mais j'étais prêt à perdre aussi. J'avais zéro pression et j'en ai encore moins ici au vue de mes dernières semaines.

Mais la victoire reste l'objectif ?

Bien sûr on vient pour un résultat et ce sera la cerise sur le gâteau si on garde le maillot. Je serais vraiment content de revivre ce qu'on a vécu ces deux dernières années. Et je crois que je serais encore plus content si c'est un des mes collègues qui gagne.

Parce que ce serait aussi un soulagement de lâcher le maillot arc-en-ciel ?

Je suis un peu partagé entre deux sentiments ces derniers temps. D'un côté je me dis: vivement l'année prochaine pour que je n'ai plus à porter le maillot et que je puisse, entre guillemets, redevenir un coureur normal, moins connu, moins sollicité, plus tranquille. Mais d'un autre côte, ce maillot est tellement un rêve, quelque chose de tellement énorme, que je ne peux pas le laisser comme ça. Mais il demande beaucoup, peut-être aussi parce que je prends les choses à coeur et que je donne beaucoup aussi. Quoiqu'il arrive, que j'aie le maillot pour une troisième fois ou que je ne l'aie plus, la semaine prochaine je serai très heureux.

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