Cyclisme : le Français Julian Alaphilippe signe un exploit monumental en conservant son titre de champion du monde sur route

Le Français Julian Alaphilippe a remporté un deuxième maillot de champion du monde, dimanche à Louvain, et réalise un exploit historique pour le cyclisme tricolore.

Article rédigé par
Hugo Lauzy - franceinfo: sport
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
La joie de Julian Alaphilippe à l'arrivée des Mondiaux à Louvain, le 26 septembre.  (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Une véritable course en forme de classique flandrienne est venue couronner le Tricolore Julian Alaphilippe dans les rues de Louvain, dimanche 26 septembre. Sur un parcours propice aux relances et aux attaques à foison, cette 88e édition des championnats du monde n'a jamais connu de temps mort. Sous l'impulsion des Belges, qui jouaient à domicile, et de Julian Alaphilippe en personne, le scénario s'est accéléré dans les 60 derniers kilomètres. Un premier tour de force avant un emballage final durant lequel tous les favoris au maillot arc-en-ciel se sont regroupés.

Dans une ambiance incandescente, un groupe de 16 coureurs s'est alors détaché pour se disputer la victoire finale sur le circuit urbain de Louvain. Après de multiples tentatives, le Bourbonnais, champion du monde en titre, en a remis une couche dans la côte de Saint-Antoine, à 17 kilomètres de l'arrivée. Une estocade fatale et définitive aux ambitions des autres poursuivants, dont le grand favori belge Wout Van Aert, en conservant un capital de 32 secondes d'avance devant le Néerlandais Dylan van Baarle et le Danois Michael Valgren. 

Du feu dans les jambes

Sa rage sur la ligne d'arrivée n'avait d'égal que son esprit ultra-offensif en ce jour si spécial pour Julian Alaphilippe. Parti avec une cible dans le dos, celle de champion du monde en titre, le Bourbonnais ne s'est pas désuni pour réussir à être patient et résister à une pression majuscule sur ses épaules. Celle de l'armada belge qui, avec Wout Van Aert ou encore Remco Evenepoel, était prête à tout pour faire sombrer l'ensemble de l'équipe de France dans l'enfer des Flandres. Mais encore une fois, le coureur de 29 ans n'a pas flanché en partant de loin pour mater toute la concurrence en terrain miné.

Les grandes manœuvres ont pourtant commencé très tôt dans la journée. Placés dans une échappée de quinze coureurs, les deux Français Benoît Cosnefroy et Arnaud Démare ont tout d'abord joué un rôle d'équipiers à la perfection avant qu'un regroupement général ne s'effectue à 130 kilomètres de l'arrivée. La Belgique en a alors profité pour reprendre les choses en main et verrouiller le peloton pour Wout Van Aert sous un rythme infernal et faire exploser la concurrence version puzzle.

Entrée dans la légende

Bien confiné jusque-là dans la masse, le Tricolore Julian Alaphilippe s'est testé une première fois en accélérant sur plusieurs centaines de mètres à 58 kilomètres de l'arrivée avec Wout Van Aert. Avant de lancer une deuxième pique moins de six kilomètres plus tard, alors que la pente commençait à s'élever.

Un coup d'épée dans l'eau, mais surtout le signe d'une forme étincelante. Une manière aussi de prendre le dessus mentalement sur ses adversaires en tentant une troisième fois, avec Valentin Madouas à 21 km de l'arrivée, puis une quatrième pour se faire définitivement la malle en solitaire.

17 kilomètres de souffrance et de tension absolues qui ont placé Julian Alaphilippe sur orbite en résistant aux contre-attaques adverses. Sonné, le Flandrien Van Aert a même été éjecté du Top 10 sur la ligne. Signe que le Français a fait déjouer un par un ses concurrents au maillot arc-en-ciel, dans un emballage final comparable à celui d'Imola l'an dernier.

À 29 ans, Julian Alaphilippe entre donc un peu plus dans la cour des grands, en écrivant tout seul son nom comme double champion du monde français. Le septième seulement à l'international à le réaliser d'une année sur l'autre.

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