JO Paris 2024 : le secteur de l'hôtellerie-restauration met en garde les "petits malins qui veulent faire des bénéfices sur le dos de touristes"

Face à l'envolée des prix sur les sites de réservation en ligne, David Zénouda conseille aux visiteurs d’attendre l’ouverture complète des réservations pour voir les prix se réguler.
Article rédigé par France Info - avec France Bleu Paris
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David Zénouda, président de l'Umih nuit Paris, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie et référent JO, sur France Bleu Paris le 28 novembre 2023. (FRANCE BLEU PARIS / RADIO FRANCE)

"On a une concurrence féroce et on n’est pas certains de pouvoir remplir" les hôtels, prévient David Zénouda, président de l'Umih nuit Paris, l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie et référent JO, sur France Bleu Paris mardi  28 novembre. Il met en garde les "petits malins" qui veulent "faire des bénéfices sur le dos de touristes".

Pour l'UMIH, ces Jeux olympiques et paralympiques à Paris ne seront pas forcément un moment historique pour l'hôtellerie. "Ce n’est pas encore le jackpot pour nous, parce que les JO n’ont pas commencé, on fera le bilan à la fin des JO. Tous les acteurs économiques espèrent la réussite de ces JO et surtout les retombées économiques a posteriori de ces JO car on sait bien qu’il y a des retombées relativement importantes à la suite des Jeux olympiques et paralympiques".

Près de 700 euros la nuitée en moyenne

France Bleu Paris a recensé les tarifs des nuitées dans la capitale l'été prochain : 699 euros en moyenne pour une nuitée pour des hôtels à Paris, soit plus 300% dans certains hôtels. Il y a même des abus encore plus importants. Exemple : une chambre à 90 euros aujourd’hui est proposée actuellement à 1 393 euros la nuit pour l’été prochain. "Évidemment que c’est abusé, déplore David Zénouda. Mais on parle d’exemples de nuitées de petits malins de l’hôtellerie qui imaginent, comme certains malins de plateformes, qu’ils vont pouvoir se faire des bénéfices sur le dos de touristes qui ne regardent pas les prix. Mais 70% des réservations ne sont pas encore en ligne. Donc quelques personnes profitent de la situation, quelques mois avant l’ouverture des JO".

"Si on accepte de payer ce prix-là pour un hôtel d'une ou deux étoiles, il faut être sacrément stupide."

David Zénouda, président de l'Umih nuit Paris

à France Bleu Paris

"C’est dangereux pour notre profession d’afficher ce tarif-là, c’est dangereux pour le consommateur, et ce n’est pas terrible en termes d’image pour l’hôtel qui décide d’appliquer ce genre de tarifs", dénonce David Zénouda. Le représentant de l'UMIH tempère : "Si elles sont toujours sur les sites, c’est que ces nuitées n’ont pas encore été vendues, je ne suis pas sûr qu’ils trouvent preneurs".

Londres n'a pas été "une réussite" en termes de remplissage

Les spectateurs des épreuves des JO seront pour "la grande majorité des touristes Français ou Franciliens, rappelle David Zénouda. 80% des billets vendus [pour assister aux épreuves] ne seront pas [pour] des touristes étrangers mais des Français ou des Franciliens qui ne viendront pour la moitié d’entre eux qu’une journée et feront des allers-retours, donc pas forcément des nuitées d’hôtel". À l'exemple des JO de Londres, "ça n’a pas été une réussite en termes de taux de remplissage (-12%). Ce n’était pas l’aubaine qu’attendaient les Londoniens et à l’époque, en 2012, Airbnb n’existait pas, donc on a une concurrence féroce et on n’est pas certains de pouvoir remplir".

Il préconise donc auprès de la profession hôtelière d'avoir "une communication sur une politique tarifaire raisonnable. On n’a pas le pouvoir de réguler. C’est le principe-même de la libre concurrence. On fonctionne sur un système d’offre et de demande, les tarifs sont adaptés en fonction de la demande dès l’ouverture des réservations". Et David Zénouda conseille donc aux visiteurs d’attendre l’ouverture complète des réservations pour voir les prix se réguler.

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